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Victoire socialiste
Un syndicaliste, président du Brésil

Carte: Jeremy Blampain
Luiz Inacio da Silva, dit Lula, a été élu
président du Brésil dimanche 27 octobre dernier. Le
leader du Parti des travailleurs (PT) a récolté 61,3%
des voix et a largement battu son adversaire du PSDB,
José Serra. Pour la première fois depuis près
de 30 ans, le Brésil penche vers la gauche
Ces élections brésiliennes sont historiques. Le Parti
des travailleurs (PT) est le plus grand parti progressiste dAmérique
Latine. Il a triomphé dans la plus grande démocratie
du Cône
Sud qui compte 175 millions dhabitants. Pour la première
fois depuis le retour de la démocratie en 1985, un homme
issu du peuple accède aux plus hautes fonctions. Lula est
un ancien ouvrier tourneur de la région pauvre du Nordeste.
Devenu syndicaliste, il a été lun des principaux
opposants à la dictature militaire qui a dominé le
pays de 1964 à 1985. Avant les élections du mois doctobre,
il sétait déjà présenté
deux fois à la présidence de son pays. En 1994 et
1998, il avait été battu par Fernando Henrique Cardoso,
le président sortant issu du PSDB.
Améliorer la situation des plus pauvres
La victoire de Lula et du PT sexplique bien sûr par
la volonté des Brésiliens de diminuer les inégalités
sociales. Au Brésil, 10% de la population seulement possède
la moitié des richesses. Certains secteurs dactivité
sont florissants
et nont rien à envier aux pays occidentaux. Mais à
côté de cela, des millions denfants vivent dans
des bidonvilles. Lula porte les espoirs des moins riches. Le leader
du PT sest notamment engagé à doubler le salaire
minimum. A lheure actuelle, celui-ci tourne autour de 55 euros
par mois. Il veut aussi distribuer des coupons alimentaires aux
indigents
et réduire le chômage de moitié (8% à
lheure actuelle).
Un programme ambitieux
Mais pour gagner les élections, Luiz Inacio da Silva devait
aussi convaincre les classes moyennes et rassurer les milieux financiers.
Pendant sa campagne, Lula a envoyé un signal positif au FMI.
En effet, il a promis de respecter la politique budgétaire
imposée par linstitution financière internationale.
Résultat: le budget de lÉtat devra dégager
un excédent correspondant à 3,75% du PIB
brésilien. Cet excédent devra servir à rembourser
la dette publique brésilienne. Ces contraintes vont réduire
la marge de manuvre de Lula qui entrera en fonction le 1er
janvier prochain. Pour tenir ses promesses, le nouveau président
parie sur un retour de la croissance économique. Il pense
que léconomie brésilienne peut enregistrer un
taux de croissance de 5% par an. Il veut aussi réduire les
taux
dintérêt (21% actuellement) pour assurer
la relance et freiner les importations. Côté emploi,
Lula projette de créer des primes à la première
embauche et à la formation. Son gouvernement stimulera également
les secteurs gros consommateurs de main-duvre et favorisera
le micro-crédit.
Il sagit dun pari ambitieux dans un contexte économique
général fragile.
Enfin sur le plan international, le nouveau président peut
sattendre à certaines réticences des Etats-Unis.
Lula est plus proche de Fidel Castro que de Bush. Son opposition
au projet de libre marché des Amériques, cher aux
Etats-Unis, ne lui vaudra pas que des amis à Washington
Olivier Brouet
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