EDITION DE DECEMBRE 2002/L'actualité

BELGIQUE

Asile
La solidarité face à l'enfermement


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Actuellement, une petite trentaine de mineurs d’âge immigrés sont détenus dans les centres fermés en Belgique. Parmi eux, 12 mineurs qui ne sont pas accompagnés d’adultes. Est-ce leur place?

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Dossier ABX
SNCB: le plus dur est à venir

Emploi
Aider les chômeurs des grandes villes

La poste
Prior or not Prior?


Brèves nationales

 

ETRANGER

Catastrophe écologique
Victimes et bourreaux


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Encore une fois, un pétrolier a coulé en déversant des tonnes de fuel dans la mer. Cette fois, c'était à 300 kms des côtes espagnoles de la Galice en déversant son dangereux chargement. Encore une fois, a question du transport en mer de matières dangereuses se pose… Cette fois, on va trouver une solution pour de bon? Rien n'est moins sûr!

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Une inévitable guerre !

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C'est du chinois…

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Elections législatives
La Turquie à l'heure de l'islamisme modéré
Le 3 novembre dernier, l’AKP de Recep Tayyip Erdogan a gagné les élections législatives en Turquie.

Eurobrèves

Elections législatives
La Turquie à l’heure de l’islamisme modéré


Le 3 novembre, le parti islamiste a gagné les élections législatives en Turquie (Photo: Belga)

Le 3 novembre dernier, l’AKP de Recep Tayyip Erdogan a gagné les élections législatives en Turquie. Ce parti a obtenu la majorité absolue au parlement. Il a balayé tous les anciens partis au pouvoir. Cependant, les résultats obtenus par ce parti islamiste "modéré" inquiète la société turque et le reste de l’Europe.

C’est un véritable raz-de-marée. L’AKP a convaincu 34,2% des électeurs et conquis 363 des 550 sièges du parlement. Au sein de ce parlement, le CHP sera désormais le seul parti d’opposition, avec 178 sièges. Les neuf derniers sièges reviennent à des candidats indépendants. Le paysage politique turc est bouleversé. Les partis de la précédente coalition ne seront plus représentés au parlement. Les électeurs n’ont pas voté pour eux. Ils ont choisi un gouvernement fort alors que le pays traverse une grave crise économique. En effet, le PIB est en recul et le chômage augmente.

L’importance de l’armée

Suite à ces élections, l’AKP a un important soutien populaire mais il ne sera pas seul maître du jeu. Il devra, avant tout, tenir compte de l’armée. Parce qu’en Turquie, l’armée a un pouvoir considérable. Elle est le véritable gardien du régime turc. Ce régime est fondé sur le kémalisme. Cette idéologie défend notamment le principe d’un État laïc où la religion et le pouvoir politique doivent être clairement séparés. Lorsque ce principe est menacé, l’armée n’hésite pas à intervenir pour imposer sa loi. Elle l’a fait tout au long de l’histoire récente de la Turquie. En 1997, par exemple, elle avait forcé le gouvernement d’Erbakan à démissionner parce son parti était islamiste. Or, c’est aussi le cas de l’AKP. Et l’armée est d’autant plus puissante que la Turquie est un élément important de l’OTAN.

Cette crainte de l’armée vis-à-vis des islamistes a déjà eu une conséquence directe sur la mise en place du nouveau pouvoir. En effet, Erdogan, qui est le chef de l’AKP et le grand vainqueur des élections, n’est pas devenu premier ministre. Il ne peut pas non plus devenir député. Il a été déclaré inéligible parce qu’il avait prononcé un poème religieux lors d’une manifestation politique. C’est donc le numéro deux de l’AKP, Abdullah Gül, qui occupe le poste de premier ministre.

Une entrée dans l’Union?

Pour l’instant, l’AKP adopte une attitude de compromis. Le discours se veut rassurant. Premier geste: le gouvernement reprend des personnalités non liées directement à l’AKP. Sur le plan économique, l’AKP a annoncé qu’il ne remettrait pas en cause les directives du FMI qui a prêté 31 milliards de dollars à la Turquie pour l’aider à sortir de la crise. Des mesures seront aussi prises pour limiter les dépenses de l’État.

Mais la priorité des priorités pour la Turquie, c’est l’entrée dans l’Union européenne. Tout comme douze autres pays, la Turquie a été reconnue officiellement candidate à l’adhésion. Cependant, aucune date n’a encore été fixée pour débuter les négociations. Pour les Turcs, l’Europe ne doit pas manquer ce rendez-vous. Si elle refuse d’ouvrir les négociations, cela créerait une grande déception. Cela limiterait aussi les chances de coexistence entre démocratie et islamisme. Pour les Quinze, la Turquie doit d’abord respecter les règles européennes en matière de droits de l’homme et de liberté d’expression, notamment. Entre-temps, l’ancien président français Valery Giscard d’Estaing a déclaré que l’adhésion de la Turquie à l’Union serait une erreur. Pour lui, ce pays ne fait pas partie de l’Europe, ni culturellement, ni géographiquement. Les gouvernements européens, eux, laissent venir sans prendre de décision… pour le moment.

Olivier Brouet

 

 

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