| Championnat du
monde de cyclo-cross
Les cyclos belges au-dessus du lot
En terminant aux cinq premières places du
dernier Championnat du monde de cyclo-cross à Monopoli, les
Belges ont réussi une performance exceptionnelle. Mais cette
domination écrasante n'est pas nécessairement une
bonne chose pour l'avenir de la discipline...
Au premier coup d'oeil, le cyclo-cross a tout d'une discipline
d'un autre âge. Pendant une heure, des cyclistes, souvent
crottés de la tête aux pieds, s'affrontent sur un circuit
qui traverse bois et prairies. Afin de corser
le tout, des obstacles et de fortes pentes sont dispersés
sur le parcours. Pour les franchir, les cyclo-crossmen mettent alors
pied à terre et portent leur bécane sur leur épaule.
Une domination belge
Cette discipline exigeante est actuellement dominée de la
tête et des pédales par les coureurs belges ou plutôt
flamands. Sans grande surprise, c'est l'un d'eux qui s'est imposé
lors du dernier Championnat du Monde disputé le 2 février
à Monopoli en Italie. Bart Wellens a devancé Mario
De Clercq et Erwin Vervecken. Derrière eux, Ben Berden et
Sven Nijs finissent quatrième et cinquième. Tandis
que le dernier Belge, Tom Vannoppen, termine huitième. Un
exploit! Que ce soit lors des Championnats du monde ou des autres
épreuves durant la saison, les Français, les Italiens,
les Hollandais, les Suisses ou Tchèques connaissent la chanson:
en principe, ils partent d'office perdants face aux Belges. Mais
il n'en a pas toujours été ainsi...
Une discipline qui évolue
A ses débuts, dans la première moitié du 20ème
siècle, le cyclo-cross était avant tout l'affaire
des cyclistes français. Cette discipline était alors
surtout pratiquée par les routiers
qui s'en servaient pour conserver une bonne condition physique durant
l'hiver. En 1950, le premier champion du monde de l'histoire du
cyclo-cross fut d'ailleurs le Français Jean Robic qui avait
remporté le Tour de France trois ans plus tôt. Progressivement,
le cyclo-cross attira des champions venus d'autres nations comme
la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse ou l'Italie. Notre pays a déjà
connu son heure de gloire puisque entre 1966 et 1973, Eric De Vlaeminck
est devenu sept fois Champion du monde.
Depuis les années 1980, le cyclo-cross a connu des nombreuses
évolutions. Il est devenu un sport à part entière,
avant tout pratiqué par des spécialistes et non plus
par des routiers. Le matériel et la technique ont également
beaucoup évolué. Résultat: les passages où
les cyclo-crossmen mettent pied à terre sont plus rares et
plus courts que par le passé. Certains spécialistes
arrivent même à franchir les planches de bois disposées
sur le parcours sans descendre de leur bécane.
Une domination qui pose problème
Malgré tout, ce sport spectaculaire et exigeant est actuellement
en perte de vitesse. Il souffre notamment de la concurrence du VTT.
Cette discipline très à la mode est plus attrayante,
pour les sponsors, les (télé)spectateurs et les sportifs
eux-mêmes. Beaucoup de coureurs préfèrent donc
se tourner vers le VTT que vers le cyclo-cross. Sauf en Flandre
où le cyclo-cross est extrêmement populaire. D'ailleurs,
des centaines de supporters s'étaient déplacés
en Italie pour encourager leurs coureurs lors du Championnat du
Monde de Monopoli.
La domination actuelle des "irrésistibles Flamands" ne devrait
pas rendre service au cyclo-cross non plus. En effet, le fait que
les courses soient courues d'avance n'arrange personne: ni les spectateurs,
ni les sponsors, ni les autres participants. D'ailleurs, avant le
départ des Championnats du monde, certains dirigeants de
lUCI
n'espéraient qu'une chose: qu'un cyclo-crossman sans
passeport belge monte sur la plus haute marche du podium...
Anouck Thibaut
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