| Congo
Un
rapport politiquement correct
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Photo: Belga
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Pendant plusieurs mois, des inspecteurs belges
ont enquêté en
République Démocratique du Congo. Ils étaient
chargés de trouver des preuves concernant limplication
dentreprises belges dans le pillage des ressources naturelles
du pays. Les conclusions quils ont remis le 20 février
semblent "frileuses".
En octobre dernier, un rapport de lONU sur la même
question était beaucoup plus sévère que les
inspecteurs belges. La République Démocratique du
Congo possède énormément de ressources naturelles
comme le diamant, le cobalt, le coltan
Le rapport
accusait une vingtaine de sociétés belges d'avoir
exploité illégalement les richesses de ce pays. Les
accusations de lONU sont claires: contrebande, blanchiment
dargent, contrefaçon et liens avec le terrorisme au
Moyen-Orient. LONU a toutefois été critiquée
pour la façon dont elle a mené son enquête:
elle naurait pas pris la peine dentendre tous les acteurs
impliqués dans ce commerce.
Dautre part, le rapport de lONU proposait de sanctionner les
entreprises qui nauraient pas respecté les règles
de commerce éthique de lOCDE et qui
auraient donc exploité ces ressources illégalement.
Ces sanctions ont pourtant été annulées, apparemment
sous la pression de certains Etats qui craignaient dêtre
pénalisés. Le rapport belge semble, quant à lui,
pose également une série de problèmes. En
effet, reconnaître publiquement la culpabilité de
certaines entreprises et hommes politiques dans ce pillage nest
pas chose facile.

Le rapport de l'ONU est plus sévère
que celui des belges
(Photo: Belga)
Un rapport qui gêne
Une des accusations faite par lONU et qui a aussi été étudiée
par la commission belge concerne George Forrest. Cet homme daffaire
gère des mines dans la province du Katanga, au sud du pays.
Une première version du rapport de lONU rapportait
lexistence de contrats douteux entre George Forrest et la
Gécamines. Cette entreprise dextraction de minerais
appartient à lEtat congolais. Lorsquune des
mines de Forrest a été vendue, 20 millions de dollars
auraient dû revenir à la Gécamines. Mais largent
aurait servi à dautres choses, notamment à la
construction dune résidence présidentielle
ainsi quà la rénovation et la construction
de routes et de marchés. Et ces travaux devaient être
réalisés par lentreprise de George Forrest.
Par ailleurs, lONU dénonce dautres contrats
passés qui auraient lésé la Gécamines.
Le rapport belge, lui, a conclu que George Forrest navait
pas agi de manière illégale. Pourtant, en Belgique,
des membres des partis de lopposition ont réclamé la
démission de Pierre Chevalier. Cet homme est président
de la Commission des Affaires Etrangères de la Chambre mais
il est aussi un des représentants de la société Forrest.
Un rapport décevant
Dautres sociétés belges ont aussi été montrées
du doigt, sans toutefois être accusées dillégalité par
le rapport de la Commission denquête. En effet, certaines
entreprises auraient fait du commerce avec des Rwandais occupant
le pays. Ils auraient donc en quelque sorte contribué à la
guerre. Le rapport a en tout cas gêné bon nombre de
personnes. Ainsi, le Ministre des Affaires Etrangères Louis
Michel craignait que ces conclusions ne viennent compliquer ses
démarches diplomatiques pour la paix dans la région.
Dautres part, la preuve d'une implication belge dans ce pillage
ne serait pas la bienvenue à lapproche des élections
législatives. Le président de la Commission denquête
lui-même parle de "conclusions intermédiaires". Bref,
ce qui devait être une révélation suite au
rapport des Nations Unies, nest en fait quun récit
assez sage et plutôt décevant.
Colette Fort
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