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8 mars
Ni putes ni soumises !
Les jeunes filles et les jeunes femmes des banlieues françaises
en ont marre dêtre considérées comme
des salopes ou des vierges fidèles. Elles profitent de
la journée internationale des femmes du 8 mars pour le
faire savoir. Après un appel " ni putes ni soumises !" en
2002, elles marchent en 2003 pour défendre leurs droits
de femmes dans les cités.
Depuis février, quelques centaines de femmes marchent contre
les ghettos et pour lEgalité. Les ghettos, ce sont,
pour ces jeunes femmes, les quartiers difficiles des banlieues
françaises. Le mot " difficile " cache
des lieux dexclusion, de violence, dhumiliation, denfermement
pour les filles. Alors, elles traversent la France pour parler, écouter, sensibiliser sur
la condition des femmes des cités. Elles marchent pour défendre
leurs droits, pour lEgalité. Leur marche se termine à Paris,
le 8 mars, journée internationale de la femme. Les premières
marraines de cette marche sont 2 jeunes femmes : Samira Bellil
et la sur de Sohane. Ces noms ne nous disent rien. Ce ne
sont pas de grandes intellectuelles qui parlent dans les media.
Ce sont des femmes des cités. Ces grands quartiers dhabitations
sociales sont nombreux autour des grandes villes françaises.
Insoumises
Samira Bellil a aujourdhui 29 ans. Jeune fille, elle a été la
victime de "tournantes". Les "tournantes",
cest lhorrible nom, donné par les jeunes, aux
viols collectifs dans les caves, parkings ou garages des cités.
Samira Bellil a dailleurs écrit un livre témoignage.
Sohane, elle, était une jeune femme que lon a retrouvée
brûlée vive dans un dépôt de poubelles
de Vitry-sur-Seine. Les media ont été très
discrets sur ce "fait divers". Un jeune homme avait un
différend avec le frère de Sohane. Il a préféré sen
prendre à la sur, lasperger dessence et
y mettre le feu. Comme si Sohane était un objet, un déchet.
Ce que ces jeunes femmes dénoncent, cest la violence
sociale et les difficultés économiques à vivre
dans leurs quartiers. Mais cest surtout une violence dont
on parle moins : celles des hommes du quartier, jeunes ou
vieux. Elles nont souvent pas la liberté de vivre
leur vie, de défendre leurs droits. Ou bien, pour les jeunes
femmes issues de limmigration, elles sont soumises à la
tradition religieuse. Elles sont destinées alors à nêtre
que des femmes au foyer. Ou bien, elles veulent vivre comme des
jeunes femmes modernes. Elles shabillent en minijupes ou
simplement à la mode. Elles sont alors considérées
comme des filles " faciles ", comme des " putes ".
Elles risquent alors la violence verbale: linsulte. Elles
risquent aussi la violence physique, coups ou viol.
Lutte
En 2002 déjà, elles lançent un appel, " ni
putes ni soumises ! ", qui a reçu 15 000
signatures. Elles dénoncent leurs conditions de vie dans
les cités et réclament le droit de vivre librement
leur vie des femmes. Elles commencent à se faire entendre.
Des représentantes de ces femmes ont été associées à lObservatoire
sur la parité. LObservatoire sur la parité est
un organisme officiel français. Il est chargé dinformer
sur la situation des femmes en France et propose des actions pour
améliorer leurs conditions de vie. Comme tous les pays de
lUnion européenne, la France a une politique pour
légalité des chances hommes-femmes : développer
les droits des femmes, favoriser la participation politique des
femmes, etc. Reste à prendre en compte toutes les inégalités,
même les plus dérangeantes pour la société.
Thierry Verhoeven
" Dans lEnfer des tournantes ",
par Samira Bellil aux Editions Denoël, 2002
Informations sur la marche et sur lappel " ni
putes, ni soumises " sur le site http://www.macite.net/home/
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