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Côte dIvoire
Un processus de paix qui piétine
Depuis le coup détat manqué du 19 septembre
2002, la tension na cessé de monter en Côte
dIvoire. Des accords de paix ont été signés
fin janvier dernier. Mais les différents groupes rebelle
continuent à faire parler deux.
"Je mengage à respecter lesprit de Marcoussis.
Cest une base de travail". Cest ainsi que sest
exprimé le président de la Côte dIvoire
Laurent Gbagbo, après les accords de paix qui se sont décidés
dans la ville de française de Marcoussis. Ces accords ont
ensuite été entérinés lors du
sommet des chefs dEtat africains de Paris. Ils ont été signés sous
légide de la France entre les principaux partis
politiques ivoiriens, les trois mouvements rebelles et le président
lui-même.
Des ministères pour les rebelles
Le texte prévoit de donner le contrôle de plusieurs
ministères aux différents groupes rebelles qui, en
septembre dernier, ont contesté le pouvoir du président.
Celui-ci avait été élu dans des circonstances
contestables. Deux ministères très importants sont
promis aux rebelles: celui de la Défense et celui de lIntérieur.
Cependant, les rebelles reprochent au président Gbabgo,
qui a pourtant signé les accords, de se
rétracter en
refusant de leur accorder ces ministères. Ils font pression
sur lui en menaçant de prendre la ville dAbidjan,
la capitale économique. Les rebelles avaient déjà fixé un ultimatum pour
le 16 février, mais ils ont encore attendu avant de lancer
de nouvelles attaques.
Le principal groupe rebelle est le MPCI. Pour pousser Laurent
Gbagbo a respecter les accords, il sappuie sur le Comité International
de suivi de Marcoussis qui est dirigé par lONU. Des
délégations du MPCI et des deux autres mouvements
rebelles (le Mpigo et le MJP) sont allées
dans les pays voisins pour recueillir leur soutien.
Une mission épineuse
Par ailleurs, les accords de Marcoussis ont désigné Seydou
Diarra comme nouveau Premier Ministre. Il a la lourde tâche
de composer le nouveau gouvernement ivoirien, en y intégrant
les groupes rebelles. Depuis quil a été chargé de
cette mission, plusieurs problèmes sont survenus. Dune
part, le président Gbagbo veut garder le choix final de
ses ministres. Dautre part, ses partisans ne veulent
pas de rebelles dans le nouveau gouvernement. Ils pensent que le
conflit ivoirien doit être réglé entre Ivoiriens
et donc que les rebelles nont pas leur mot à dire.
A plusieurs reprises, ils ont manifesté violemment en critiquant
la présence des Français quils accusent de néo-colonialisme.
Les partisans des rebelles ont, eux aussi, manifesté leur
mécontentement en demandant à la France soit respecter
le contenu des accords, soit de quitter le territoire.
Le 21 février, sest déroulé le 22ème sommet
France-Afrique. A cette occasion, le président français
Jacques Chirac a relancé un appel à la paix en Côte
dIvoire qui est une ancienne colonie française. La
date de ce sommet représentait un nouvel ultimatum lancé par
les rebelles. Malgré ce nouveau délai passé,
les rebelles ont encore attendu avant dattaquer. Sans donner
de date, ils ont cependant averti quils étaient prêts à reprendre
les armes sils nobtenaient pas les deux Ministères
promis. Actuellement, des troupes françaises et de la CEDEAO maintiennent
le couvre-feu. Mais une issue positive à ce conflit qui
a déjà fait des centaines de morts et un million
de civils déplacés reste est encore difficile à concrétiser
Colette Fort
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