Guerre
L'Irak
joue contre la montre
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Le président George W. Bush veut convaincre
du bien fondé d'une guerre en Irak.
(Photo: Belga)
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A lheure où nous mettons sous presse, les inspecteurs
de lONU auront rendu leur verdict. Sils estiment
que lIrak na pas suffisamment coopéré dans
le domaine du désarmement, il y a beaucoup de chances
quil ny ait plus dautre issue que la guerre.
Plus de dix millions de personnes manifestaient contre la guerre
le samedi 15 février 2003 partout dans le monde. Cette date
restera comme celle de la plus grande manifestation pacifiste de
lhistoire. Des manifestations ont été organisées
dans plus de 600 villes. Rome, Londres et Madrid ont connu le plus
de manifestants. Ironie: lItalie, le Royaume-Uni et lEspagne
sont les trois grands pays européens dont le gouvernement
est le plus favorable à une guerre en Irak. Ce mouvement
de foule a dailleurs fait un peu reculer certains hommes
politiques comme Silvio Berlusconi, chef du gouvernement italien.
Des missiles interdits
Par contre, ces manifestations nont pas fait changer davis
les dirigeants américains. "Tout est maintenant prêt
pour lintervention", ont affirmé les responsables
du Secrétariat dÉtat à la défense.
Un seul ordre du président George Bush et lintervention
américaine commencera. Il faut dire que la découverte
de missiles Al-Samoud 2 en Irak par les inspecteurs de lONU
a apporté de leau au moulin des Etats-Unis.
Un de ces missiles a été testé. Il a été envoyé à 183
kilomètres. Or au lendemain de la Guerre du Golfe en 1991,
la résolution 687 du Conseil de Sécurité de
lONU avait interdit à lIrak de détenir
des missiles dune portée supérieure à 150
kilomètres. Laffaire est dautant plus délicate
que daprès les inspecteurs, les Al-Samoud 2 peuvent
porter des charges nucléaires, chimiques ou bactériologiques.
LONU attendait une coopération totale du régime
de Saddam Hussein. Celui-ci a accepté de détruire
les missiles découverts. Il a affirmé quil
nen détenait pas dautres. Est-ce que ces gestes
seront suffisants ? Si pas, ce sera la guerre.

A la recherche dune légitimité
En Europe, trois pays ont pris la tête de lopposition à la
guerre: la France, lAllemagne et la Belgique. Cette attitude
a dailleurs provoqué des tensions au sein de lOTAN
dont ces trois pays sont membres (voir encadré). Sur le
plan militaire, les Etats-Unis ont négocié avec la
Turquie qui est aussi membre de lOTAN et qui a une frontière
commune avec lIrak. Les Américains veulent pouvoir
utiliser son territoire comme base dattaque contre lIrak.
On sait aujourdhui que le Parlement turc a dit non.
Une nouvelle résolution de l'ONU
Sur le plan diplomatique, enfin, les discussions continuent aussi.
Les dirigeants américains sont décidés à partir
en guerre. Mais ils cherchent à donner une légitimité à leur
intervention. Pour cela, ils veulent une nouvelle résolution
du Conseil de sécurité de lONU qui autorisera
une intervention militaire. Le Conseil de Sécurité compte
quinze membres. Neuf voix sont nécessaires pour arracher
une résolution. Les Etats-Unis peuvent compter sur lappui
du Royaume-Uni, de lEspagne et de la Bulgarie. LAllemagne,
la France, la Chine et la Russie voteront contre. Reste six autres
pays dont la position nest pas prise: lAngola, la Guinée,
le Cameroun, le Mexique, le Chili, la Syrie et le Pakistan. Ces
pays feront pencher la balance dun côté ou de
lautre. Sauf si lun des trois membres permanents du
Conseil de sécurité opposés à la guerre
(France, Chine et Russie) fait valoir son droit de veto.
Cela ferait capoter la résolution. Quoi quil en soit,
les Etats-Unis ont annoncé quils attaqueraient lIrak
avec ou sans le soutien de lONU
LOTAN déchirée
La crise irakienne a créé des
tensions très importantes entre les membres de lOrganisation
du Traité de lAtlantique Nord (OTAN). Cette organisation
existe depuis 1949. Au départ, il sagissait dune
alliance défensive contre lUnion soviétique
et les pays communistes. Elle prévoit notamment lassistance
mutuelle en cas de menace sur lun des pays membres. Depuis
la chute du mur de Berlin en 1989, la situation internationale
a changé. Trois anciens pays communistes ont rejoint lOTAN
récemment: la Pologne, la Hongrie et la République
tchèque. Ces pays sont venus rejoindre les 16 autres membres
qui sont lAllemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark,
lEspagne, les Etats-Unis, la France, la Grèce, lIslande,
lItalie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas,
le Portugal, le Royaume-Uni, la Turquie. Depuis 1999, lOTAN
a adopté une vision plus offensive. Pour elle, la défense
passe désormais par des interventions préventives
contre des menaces dans le monde entier. Linterprétation
de ce nouveau rôle de lOTAN est une des causes qui
a opposé récemment lAllemagne, la Belgique
et la France aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.
Olivier Brouet
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