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Accord général sur le commerce
des services
Et
pourquoi pas la privatisation de lair?
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(Photo: Belga)
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LAccord général sur le commerce des services
sera négocié prochainement au sein de lOMC.
Lenjeu est léventuelle privatisation de
certains services publics comme lenseignement, la santé,
les transports, lénergie
Le 9 février dernier, une dizaine de milliers de manifestants
ont défilé dans les rues de Bruxelles pour dire non à la "marchandisation".
Dans la foule, on pouvait lire ces slogans: "Nous préférons la
vieille Europe à la nouvelle Amérique où les
soins de santé sont réservés aux nantis", "Les
droits de lhomme ne peuvent être subordonnés à lintérêt
des actionnaires" et "Pourquoi pas la privatisation de lair?"
Par cette manifestation, les syndicats et des ONG comme Oxfam,
Attac, 11.11.11 ont voulu attirer lattention des citoyens
sur des accords qui passent souvent inaperçus mais dont
dépendent leur quotidien. Des exemples? Les horaires des
magasins, la programmation du nombre de lits d'hôpitaux et
d'équipements d'analyse médicale ou encore le nombre
de taxis autorisés dans les villes.
Non à la privatisation des services publics
Les manifestants du 9 février, mais aussi certains syndicalistes
et des membres dONG refusent que les services publics
qui font la particularité des pays européens soient
soumis aux règles du commerce. Ils craignent également
que les futures négociations sur le commerce ne se fassent
dans le plus grand secret au détriment
de la population.
Des opposants aux accords de lOMC attirent aussi lattention
sur le fait que certains services sont déjà privatisés.
Cest, par exemple, le cas de certaines prestations des
pompiers et des policiers ou de laccès aux soins de
santé.
Lavis dun commissaire européen
Par contre, pour Pascal Lamy, commissaire européen au Commerce,
ces craintes ne sont pas justifiées: "Il ny aucun
risque que lUnion européenne prenne des engagements
qui remettent en cause le fait que léducation est
un service public dans certains pays membres." Pascal Lamy a par
ailleurs exigé des gouvernements la confidentialité sur
les listes de services qui devraient souvrir à la
concurrence et à la privatisation. Rappelons que les étudiants
de lUniversité Catholique de Louvain se sont opposés,
sans résultat, à la nomination de Pascal Lamy au
titre de docteur honoris causa. Ils considèrent que la politique
européenne est en opposition avec les valeurs de luniversité.
Un autre monde
Il semble évident que les pays ne peuvent plus se passer
dun Accord général sur le commerce. Lidée
dun commerce aussi libre et aussi équitable que possible
est plaisante. Mais les enjeux économiques sont devenus
tellement importants que certaines entreprises nhésitent
pas à pousser leurs propres intérêts dans le
cadre de lOMC. Et des secteurs tels que la santé,
lenseignement ou les transports tentent les chercheurs dor
des temps modernes.
Les opposants à lAccord général sur
le commerce veulent surtout une autre mondialisation, plus équitable.
LUnion européenne peut y jouer un rôle en calmant
les ardeurs des négociateurs américains. Le philosophe
Philippe Van Pariijs déclarait dans les colonnes du journal
Le Soir: "On doit lever les ambiguïtés entre services
privés et publics. On ne peut pas laisser linterprétation à lOMC.
On doit faire sauter la clause dirréversabilité des
privatisations. Et obtenir un contrôle démocratique."
Vincent Thomasson |