EDITION DE JUIN 2003/ Agenda et Culture

Expo
"La cartographie, un voyage immobile"

Jusqu'au mois d'août, le Centre de culture scientifique de l'ULB à Charleroi accueille l'exposition "La cartographie, un voyage immobile". Cette expo réalisée par l'IGN nous fait voyager dans l'histoire de la cartographie en Belgique.

Lire une carte. Pour certains, cette action est un plaisir facile tandis que pour d'autres, elle devient vite un véritable calvaire. L'exposition "La cartographie, un voyage immobile", nous plonge dans cet univers complexe et fascinant qui retrace sur papier, les moindres détails de nos villes, nos régions, nos pays.


(photos : Belga)

Des cartes, pour quoi faire?

L'expo débute par un bond dans l'histoire. Quelques mois après l'indépendance de la Belgique, le Dépôt de la guerre qui est l’ancêtre de l'IGN réalise ses premières cartes. Il s'agit de mettre sur papier les limites du nouvel Etat, mais aussi de dessiner des "cartes d'étapes" destinées aux troupes. Ces premiers travaux nous rappellent que durant longtemps, la cartographie a entretenu un lien très étroit avec le domaine militaire. Au fil du temps, cette activité a évolué et s'est diversifiée. Avec l'apparition des cartes des villes et des régions, son rôle devient plus pratique et utile à tous. Plus récemment, avec l'arrivée des cartes thématiques indiquant des randonnées à pied ou en vélo ou des circuits touristiques, la cartographie devient plus ludique.

Rendre "explicite l’implicite"

Tout comme son usage a évolué, les techniques de la cartographie se sont aussi perfectionnées. Ainsi, dans la seconde moitié du 19ème siècle, il avait fallu 12 ans pour réaliser 427 "planchettes minute" qui représentaient, chacune, une portion de notre territoire. Ces cartes à l’échelle 1/20 000 avaient été réalisées sur base des plans cadastraux et complétées grâce au travail d'observateurs sur le terrain.

Depuis une cinquantaine d'années, les cartes sont réalisées à partir de photos aériennes. Une partie de l'exposition nous apprend comment ces clichés deviennent finalement des dessins. D'une manière savante, on pourrait dire que la cartographie rend "explicite l'implicite". Autrement dit, qu'elle donne une image claire (la carte) de quelque chose qui ne l'est pas nécessairement (une ville ou une forêt vue de haut). Pour cela, il faut utiliser différents symboles et même, ne pas hésiter à interpréter la réalité.

Une carte de 16 mètres de long

En plus de son côté technique et historique, l'exposition propose quelques curiosités qui valent le détour. Ainsi, une carte au 1/10 000 longue de 16 mètres nous fait voyager à travers la Wallonie, de Mons à Huy! Chacun peut s'amuser à repérer des lieux et des chemins familiers. De la même manière, certaines de ces fameuses "planchettes minute" du 19ème siècle représentant des quartiers de Charleroi ou de Bruxelles permettent de se rendre compte à quoi ressemblait nos villes il y a 150 ans. Autres attractions: les cartes de l'Antarctique réalisées par la Belgique entre 1957 et 1967 ou celles du Congo.

Une expo interactive

Inutile de le nier: même pour ceux pour qui lire une carte est un plaisir, l'exposition présentée à Charleroi peut, par moment, s'avérer fastidieuse. Simplement parce que rendre attrayante une matière comme la cartographie est loin d'être facile. Pour cela, les organisateurs ont prévu, à l'usage des plus jeunes, des modules interactifs pour apprendre à s'orienter et découvrir les bases de la cartographie. Des ateliers pédagogiques sur l'orientation, l'échelle, le magnétisme terrestre, la vision en 3D... sont aussi proposés aux écoles. Tout cela, pour que la cartographie devienne un jeu d'enfants...

Anouck Thibaut

 

Info:

"La cartographie, un voyage immobile"
Centre de culture scientifique de l'ULB
rue de Châtelet, 442 à 6 010 Charleroi
Ouvert du lundi au vendredi jusqu'au 31 août

071/60 03 00 ou www.ulb.ac.be/ccs

 

 

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