Expo
"La cartographie, un
voyage immobile"
Jusqu'au mois d'août, le Centre de culture scientifique
de l'ULB à Charleroi accueille l'exposition "La cartographie,
un voyage immobile". Cette expo réalisée par l'IGN nous
fait voyager dans l'histoire de la cartographie en Belgique.
Lire une carte. Pour certains, cette action est un plaisir facile
tandis que pour d'autres, elle devient vite un véritable
calvaire. L'exposition "La cartographie, un voyage immobile", nous
plonge dans cet univers complexe et fascinant qui retrace sur papier,
les moindres détails de nos villes, nos régions,
nos pays.
(photos : Belga)
Des cartes, pour quoi faire?
L'expo débute par un bond dans l'histoire. Quelques mois
après l'indépendance de la Belgique, le Dépôt
de la guerre qui est lancêtre de l'IGN réalise
ses premières cartes. Il s'agit de mettre sur papier les
limites du nouvel Etat, mais aussi de dessiner des "cartes d'étapes" destinées
aux troupes. Ces premiers travaux nous rappellent que durant longtemps,
la cartographie a entretenu un lien très étroit avec
le domaine militaire. Au fil du temps, cette activité a évolué et
s'est diversifiée. Avec l'apparition des cartes des villes
et des régions, son rôle devient plus pratique et
utile à tous. Plus récemment, avec l'arrivée
des cartes thématiques indiquant des randonnées à pied
ou en vélo ou des circuits touristiques, la cartographie
devient plus ludique.
Rendre "explicite limplicite"
Tout comme son usage a évolué, les techniques de
la cartographie se sont aussi perfectionnées. Ainsi, dans
la seconde moitié du 19ème siècle, il avait
fallu 12 ans pour réaliser 427 "planchettes minute" qui
représentaient, chacune, une portion de notre territoire.
Ces cartes à léchelle 1/20 000 avaient été réalisées
sur base des plans cadastraux et complétées grâce
au travail d'observateurs sur le terrain.
Depuis une cinquantaine d'années, les cartes sont réalisées à partir
de photos aériennes. Une partie de l'exposition nous apprend
comment ces clichés deviennent finalement des dessins.
D'une manière savante, on pourrait dire que la cartographie
rend "explicite l'implicite". Autrement dit, qu'elle donne une
image claire (la carte) de quelque chose qui ne l'est pas nécessairement
(une ville ou une forêt vue de haut). Pour cela, il faut
utiliser différents symboles et même, ne pas hésiter à interpréter la
réalité.
Une carte de 16 mètres de long
En plus de son côté technique et historique, l'exposition
propose quelques curiosités qui valent le détour.
Ainsi, une carte au 1/10 000 longue de 16 mètres nous fait
voyager à travers la Wallonie, de Mons à Huy! Chacun
peut s'amuser à repérer des lieux et des chemins
familiers. De la même manière, certaines de ces fameuses "planchettes
minute" du 19ème siècle représentant des quartiers
de Charleroi ou de Bruxelles permettent de se rendre compte à quoi
ressemblait nos villes il y a 150 ans. Autres attractions: les
cartes de l'Antarctique réalisées par la Belgique
entre 1957 et 1967 ou celles du Congo.
Une expo interactive
Inutile de le nier: même pour ceux pour qui lire une carte
est un plaisir, l'exposition présentée à Charleroi
peut, par moment, s'avérer fastidieuse. Simplement
parce que rendre attrayante une matière comme la cartographie
est loin d'être facile. Pour cela, les organisateurs ont
prévu, à l'usage des plus jeunes, des modules interactifs
pour apprendre à s'orienter et découvrir les bases de
la cartographie. Des ateliers pédagogiques sur l'orientation,
l'échelle, le magnétisme terrestre, la vision en
3D... sont aussi proposés aux écoles. Tout cela,
pour que la cartographie devienne un jeu d'enfants...
Anouck Thibaut
Info:
"La cartographie, un voyage immobile"
Centre de culture scientifique de l'ULB
rue de Châtelet,
442 à 6 010 Charleroi
Ouvert du lundi au vendredi jusqu'au
31 août
071/60 03 00 ou www.ulb.ac.be/ccs
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