| Guerre en Irak
Un
petit pays audacieux
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Guy Verhofstadt et Louis Michel ont tenté
d'éviter la guerre (Photo:Belga)
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Ces dernières semaines, la Belgique a été un
des rares pays occidentaux à avoir montré son désaccord
avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne à propos de
la guerre en Irak. Une position plutôt courageuse pour
un petit Etat comme le nôtre.
LHistoire retiendra quen 2003, la France, lAllemagne
et la Belgique auront essayé dempêcher la guerre
en Irak. On peut sétonner que notre pays fasse partie
de ces trois mousquetaires. A priori, la France et lAllemagne
avaient plus dintérêts à sopposer à la
guerre que la Belgique. En effet, la France a une dimension politique
internationale. Elle a aussi lhabitude de prendre position
par rapport à de telles situations. LAllemagne, elle,
est traumatisée par la Seconde guerre mondiale. Ce
pays est donc un fervent pacifiste.
Et la Belgique? Comme un seul homme, le gouvernement belge a décidé,
en accord avec la France et lAllemagne de sopposer à la
guerre en Irak. Il voulait quune action contre Saddam Hussein
se fasse avec laccord du Conseil de sécurité des
Nations-Unies. Quelques heures après le début des
opérations en Irak, le Premier Ministre Guy Verhofstadt
déclarait: "Nous entendons poursuivre dans cette voie.
Ensemble, nous n'avons pas pu empêcher la guerre.
Ensemble, nous continuerons néanmoins à uvrer à la
restauration de la paix le plus rapidement possible. Dans l'intérêt
du peuple irakien, dans l'intérêt de l'ordre juridique
international et dans l'intérêt de nous tous".
Avant de poursuivre: "À l'instar du chef
des inspecteurs en désarmement Hans Blix, le Gouvernement
demeure convaincu de l'existence d'une alternative à la
guerre."
La question du transit par la Belgique
Tout au long de la crise diplomatique, le gouvernement arc-en-ciel a
rappelé son opposition au régime de Saddam Hussein.
Il a aussi rappelé que la Belgique considère encore
et toujours les Etats-Unis comme un allié. Cette position
a tout de même posé quelques problèmes au gouvernement.
Dans un premier temps, Louis Michel, ministre des Affaires étrangères,
et André Flahaut, ministre de la Défense, sétaient
opposés publiquement au passage des troupes américaines
en Belgique. Pour eux, il nétait pas question que
des soldats ou du matériel passe par le territoire belge,
par route ou dans les airs. Mais ils ont changé davis.
Guy Verhofstadt a en effet rappelé quune convention
internationale de 1971 lie la Belgique aux alliés américains.
Ce texte autorise le transit des Américains par notre pays.
Les socialistes et les écologistes ont directement demandé que
cette convention soit modifiée. Cependant, toujours selon
le texte, il faut respecter un délai de six mois avant de
le faire.
Un risque économique
Avant le début de la guerre, la Belgique avait également
posé un autre geste fort. Avec la France et lAllemagne,
elle avait refusé les demandes américaines de donner
un soutien militaire préventif à la Turquie.
En sopposant à la guerre en Irak, la Belgique comme
ses deux voisins ont pris un risque économique. Les Etats-Unis
pourraient en effet avoir de moins bonnes relations commerciales
avec les pays qui se sont opposés à eux. De plus,
la Belgique risque aussi de ne pas pouvoir profiter des retombées économiques
de la reconstruction de lIrak. Par contre, dès le
début du conflit, les responsables politiques belges se
sont engagés à apporter une aide humanitaire au peuple
irakien
Vincent Thomasson |