| Irak
Entre
deux discours
La Mésopotamie, entre deux fleuves, le Tigre et lEuphrate.
Cétait lIrak avant Saddam Hussein et W. Bush.
Cette guerre en Irak divise le monde, lEurope. Elle provoque
des querelles entre alliés. Les médias saffolent
devant cette nouvelle réalité. Le conditionnel est
roi.
Depuis quelques semaines, le monde est divisé en deux camps,
une minorité de pays est pour lintervention américaine
sans laval de lONU. Une majorité est contre
cette intervention unilatérale. Et les quelques indécis
ont sans doute de bonnes raisons de lêtre.
Les Américains
ont décidé de modifier la carte du monde avec ou
sans alliés. Ils sont sûrs de leur puissance, ladministration
Bush le déclare ouvertement, et cest lévidence,
la victoire ne peut leur échapper. Mais la puissance américaine
veut aussi se situer dans laprès-guerre dont on parle
déjà depuis plusieurs jours. Il sagirait, selon
Condoleezza Rice, présidente du Conseil de sécurité national
de la Maison-Blanche, de mettre en place en Irak, libéré de
Saddam, une administration liée au Pentagone avec laide
des institutions multilatérales et des organisations non
gouvernementales. Néanmoins, les choses sont moins simples
y compris à Washington. Tony Blair prône une reconstruction
de lIrak avec lONU, ce dont on ne veut pas dans ladministration
Bush dune manière générale.
Seule la
voix de Colin Powell penche pour un partage des responsabilités
avec lONU. Le Sénat américain soppose à une
gestion de laprès-guerre par le seul Pentagone, il
veut pouvoir contrôler le budget de deux milliards et demi
de dollars qui est dores et déjà consacré à la
reconstruction de lIrak.
Un avenir incertain
On ne peut présager aujourdhui du temps quil
faudra pour abattre le régime de Saddam. Lavance des
troupes vers ou dans Bagdad- nest pas vraiment claire.
Répétons-le, la puissance Anglo-américaine
nest pas en doute, mais ils pourraient tomber dans un piège
dans le centre de la capitale irakienne. Jamais dans leur histoire,
les Américains nont tenté de prendre une ville
aussi importante (5 millions dhabitants). Ils ont un souci
de première importance vis-à-vis de lopinion,
faire le moins possible de victimes civiles. Cest donc en
marchant sur des ufs quils ont pénétrés
dans la capitale.
Le Président Hussein se fait rare. Aucune information à son
sujet, à part une vague rumeur de blessures lors dun
bombardement, voire de son décès. Il est apparu sur
les écrans de télévision lors dune conférence
avec ses généraux, mais il nest pas possible
de dire quand ont été filmées ces images.
Il peut sagir dimages darchives.
Information-intoxcication
À lire, à écouter, à regarder, les
mots et les images ne manquent pas dun côté comme
de lautre. Les pour et les contre se bousculent pour balancer
linfo (comme on dit dans le jargon). On se souvient des dérapages
de Timisoara en Roumanie, des informations faussées par
les Américains lors de la première guerre du Golfe
contre lIrak, cette fois, cela semble aller bien au-delà !
La plupart, pour ne pas toutes, les informations concernant la
guerre sont reprises au conditionnel. Très peu de journalistes
osent se lancer dans une description précise du théâtre
de guerre, et encore moins davancer des chiffres sur les
pertes dun côté comme de lautre. Il faut
y ajouter le contrôle quasi permanent dont ces journalistes
font lobjet. La télévision montre des images
en " live ", le direct, ou soi-disant tel.
Cest- à- dire limmédiateté, qui
saoule les gens par des images et un langage qui provoque la confusion
dans les esprits. Après linformation, il faudra lhistoire !
Nicolas Simon |