| Conseil
européen
Un
printemps bien morose
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L'Europe s'est divisé sur la question de
la guerre en Irak (Photo:
Belga)
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Le 20 et 21 mars dernier, les chefs dEtat et de gouvernement
des Etats membres de lUnion européenne se sont réunis à Bruxelles.
Les ministres des affaires étrangères étaient également
présents. Cette réunion était principalement
consacrée aux thèmes définis par la "stratégie
de Lisbonne". Mais la tête des responsables européens était
ailleurs
Au début du sommet, les 15 membres de lUnion européenne
ont publié un communiqué sur lIrak. Dans ce
texte, on ne trouve pas un mot sur les divergences de points
de vue des pays européens sur la guerre en Irak. Les 15
se sont principalement concentrés sur laide humanitaire.
Ce qui a fait dire à Louis Michel, ministre belge des Affaires étrangères,
que lUnion européenne risquait de passer pour une
gentille uvre de bienfaisance. LUnion européenne
a également lancé un avertissement à la Turquie
en appelant tous les pays voisins de lIrak à éviter
des actions qui pourraient entraîner plus dinstabilité dans
la région. LUE a également clairement dit quelle
voulait que ce soient les Nations Unies qui gèrent laprès-guerre.
Deux camps européens
Au sein de lEurope, depuis le début de la crise irakienne,
deux camps ont adopté des politiques opposées. Dun
côté, le camp conduit par le Britannique Tony Blair
et lEspagnol José Maria Aznar. Tous deux veulent renverser
le régime irakien par tous les moyens, même en se
passant de laccord du Conseil de sécurité de
lONU. Ces deux gouvernements soutiennent pleinement les Etats-Unis.
Ils ont été rejoints par lItalie, le Portugal,
le Danemark ainsi que par de nombreux pays de lancienne Europe
de lEst.
De lautre côté, les Français, les Allemands
et les Belges sont partisans du désarmement pacifique
de lIrak. Ils veulent aussi que les décisions du Conseil
de sécurité de lONU soient respectées.
Avant le début de la guerre, les deux camps ont dépensé beaucoup
dénergie à essayer de se convaincre les uns
les autres. Pour les Etats-Unis, ces discussions sont une bataille
entre "la vieille Europe " et l"Europe
moderne", menée par le Royaume-Uni.
Lallié le plus fiable
Pourquoi le Premier ministre britannique Tony Blair soutient-il
si ardemment le président Bush? Les raisons sont nombreuses.
La colonisation des Amériques par les
sujets de sa gracieuse majesté a laissé de profondes traces et établi
des relations passionnées entre les deux pays. Sans remonter
jusquà cette époque, Jonathan Chaintrier estime
que lorigine des liens très étroits entre Anglais
et Américains remonte au 11 mars 1941. Ce jour-là,
les Etats-Unis votent une loi qui donne à leur président
la possibilité daider matériellement les nations
qui sont en guerre contre lAllemagne. Cest le début
dune longue amitié entre les deux pays. Il faut dire
quà cette époque, lAnglais Winston Churchill
et lAméricain Franklin Roosevelt sentendent
très bien.
Renforcée par crises
Certes, cette relation a connu des hauts et des bas. Elle est
parfois renforcée par quelques grandes crises militaires
et politiques et souvent par des intérêts économiques.
Lamitié entre les chefs dEtat des deux pays
anglophones joue également beaucoup. Par exemple, Reagan
et Thatcher sentendaient à merveille. En 1990, George
Bush et Margaret Thatcher ont dailleurs prôné une
intervention massive à lencontre de lIrak, qui
venait denvahir le Koweït. Et Jonathan Chaintrier rajoute: "Dick
Cheney, ancien ministre de la défense américaine,
a un jour déclaré quil était plus facile
pour les Américains de collaborer avec les Anglais quavec
nimporte quel autre pays. Cela, à cause de lhistoire,
de la langue et des doctrines militaires que les deux pays ont
en commun."
Afin déviter une nouvelle crise européenne à propos
du soutien à apporter aux Etats-Unis, la France, lAllemagne
et la Belgique ont décidé de se réunir au
mois davril pour renforcer la puissance dune " armée
européenne ".
Vincent Thomasson |