EDITION DE JUIN 2003/ Agenda et Culture

Brel
C’était au temps au Bruxelles bruxellait…

En 2003, c’est le 25e anniversaire de la mort de Jacques Brel. De spectacles en expositions, en balades musicales ou dans les quartiers de Bruxelles et de concerts en projections souvenirs, la Belgique fait le tour de Brel…

©J. P. Leloir

 

En cette année commémorative, les organisateurs ont choisi de présenter des événements très divers. Mais un des temps forts quasi incontournables du programme "Brel 2003" est sans hésiter l’exposition "Brel, le temps de rêver". Il s’agit de l’exposition la plus importante qui ait jamais été consacrée au chanteur. Sur plusieurs centaines de mètres carrés, le visiteur entre dans l’univers du chanteur. Il apprend à connaître l’homme qui se cache derrière ces refrains que nous connaissons tous et qui nous ont émus, fait frissonner ou fait sourire. Après une première rencontre avec Brel via une interview où l’artiste dévoile ses impressions sur les Hommes, la bêtise, la tendresse…, le visiteur pénètre ensuite dans l’intimité de l’artiste.

L’univers intime de Brel

Les endroits où Jacques Brel a vécu ont ainsi été reconstitués par des décorateurs amoureux du détail. Une pipe, des figurines d’Indiens ou encore un magazine donnent vie au salon familial bourgeois des années 1940, à la chambre d’enfant de Brel ou à son appartement parisien. Le tout est accompagné de sons, de chansons et de paroles du chanteur. En effet, chaque salle ainsi reconstituée s’ouvre sur une projection: Brel en spectacle, Brel chez lui, Brel se racontant lui-même. Grâce aux décors et aux archives vidéo, le visiteur découvre un personnage nuancé, avec une philosophie de la vie basée sur les rêves, leurs réalisations, la tendresse des hommes.

 

Bruxelles, Paris, Moscou…

Cette exposition est aussi une promenade à travers des lieux qui nous plonge dans l’Histoire. Le fait que ces endroits sont les endroits de prédilection de l’artiste, nous fait revivre des petits moments du quotidien: le tram 33, les frites de chez Eugène, du temps où Jacques Brel était "bruxellois". L’artiste clamait alors qu’il trouvait "l’accent bruxellois charmant" et chantait en 1948, que des "Allemands bien disciplinés ont écrasé ma belgitude". Un passage à Montmartre à Paris nous montre l’ambiance des cabarets parisiens. On revit l’ascension de Brel, pour arriver à une série impressionnante de tours de chant. Là, le chanteur devenu célèbre nous parle de ses bons souvenirs de Géorgie, de Moscou…

Les visiteurs qui s’attendent à revoir Brel chanter resteront cependant sur leur faim. La musique est présente, mais on regrette un peu le manque de projections du chanteur sur scène. La maîtresse de Brel, Madly, brille aussi par son absence. Par pudeur ou parce que l’exposition est le fruit d’une idée de la fille du chanteur, France…

Des lieux hantés par Brel

Même si l’exposition est un passage quasi obligé, " L’année Brel " ne se résume pas à celle-ci. Pour un euro, tous les bureaux de tourisme de la capitale peuvent vous procurer un guide qui vous mènera dans les lieux qu’a "hanté" Jacques Brel. Ces lieux sont revisités par des artistes contemporains ou réinvesti de photos, de souvenirs. Ainsi, l’Institut Saint Louis nous dévoile ses carnets scolaires. Rue de la Madeleine, Vadim Piankov nous interprète Brel en russe. Une quantité impressionnante d’établissements et de commerces ressortent leurs trésors pour nous faire découvrir Brel dans ses moindres recoins.

Le dernier Olympia

A Bruxelles encore, la "Fondation Jacques Brel" présente le dernier spectacle de Brel à l’Olympia. Le Centre belge de la BD fait un lien original entre la Belgique de Brel et la bande dessinée, autre fleuron de notre patrimoine. A Spa, les Francofolies auront également le chanteur pour "invité spécial". Les manifestations sont -et seront- multiples tout au long de l’année. Comme le chantait Jacques Brel avec son cynisme habituel : "je veux qu’on rie, je veux qu’on danse, quand c’est qu’on mettra dans le trou…". Vingt-cinq ans après, c’est chose faite…

Colette Fort


Exposition " Brel, le droit de rêver "

Ouvert tous les jours (sauf jours fériés), de 9h30 à 20h30
Réservation obligatoire
Rue de l’Ecuyer, 50, à 1000, Bruxelles


Avec Brel, un dernier soir à l’Olympia

Tous les jours sauf lundi et jours fériés, de 10h à 17h
Fondation Jacques Brel
11, place de la Vieille Halle aux Blés, 1000 Bruxelles


Exposition " Le plat pays qui est le sien "

Tous les jours sauf le lundi, de 10h à 18h.
Centre Belge de la Bande Dessinée
Rue des Sables, 20 à 1000 Bruxelles
Infos générales: 02/511 10 20 ou www.brel-2003.be

 

 

 

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