Expo
"Le beau corps de la mémoire"
" Le beau corps de la mémoire " est
le titre de la seconde exposition présentée au
Macs (Musée des Arts Contemporains), sur le site
du Grand Hornu. Cette expo est une réflexion sur la transmission
de la mémoire, vue par quinze artistes daujourdhui.
Petite visite guidée

Deux cires de José Maria Sicilia
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On dit souvent que la mémoire et le souvenir sont les seuls
moyens de vivre éternellement. Ils permettent de transmettre à ceux
qui nous suivront sur cette terre, les connaissances que nous avons
acquises durant notre existence. Pourtant, la mémoire peut,
elle aussi, se perdre ou saltérer avec les
effets du temps. La nature se sert donc de certains de ses éléments
pour conserver cette mémoire. Ainsi les glaces des régions
polaires racontent lhistoire climatique de la Terre. Les
arbres portent les traces des siècles qui les ont vus grandir.
Et les pierres emprisonnent les silhouettes fossilisées
danimaux anciens. Les hommes ont, eux aussi, imaginé les reliques et
les archives qui symbolisent cette mémoire quils veulent
transmettre à leurs descendants.
Arbres, reliques et archives
Les arbres, les reliques et les archives, voilà précisément
les trois thèmes de lexposition présentée
actuellement au Macs. Ils sont évoqués par
une quinzaine dartistes. Par exemple, les photographies de
Joachim Koestler montrent des forêts primitives où lhomme
semble navoir jamais été présent. Elles
racontent les premiers âges de lhumanité. Patrick
Corillon, lui, a conçu une forêt imaginaire. Il sagit
darbres à échelles dont les barreaux forment
la trame dhistoires humaines vécues à des âges
différents de la vie.
Plus loin, le visiteur sarrête devant une énorme
pièce de verre, qui représente un ongle de verre
sur un lit de laurier. Longle est une partie du corps, qui
avec les cheveux, pousse encore après notre mort. En réalisant
cette uvre, Giuseppe Penone a donc voulu montrer une relique.
Lartiste a rendu cet objet sacré. Il a même
voulu lui donner une dimension mythique car cest peut-être
longle quun géant aurait perdu au cours dune
fantastique bataille
Des uvres qui intriguent
Plus loin encore, les douze cires de José maria Sicilia
parlent delles mêmes. De cette cire qui protège
des attaques du temps émergent des fragments dun
texte ancien, des insectes pétrifiés ou encore des
traces de feuilles fossilisées. Le tout est superbe et intrigue
le visiteur qui tente déchiffrer les mots emprisonnés
qui semblent vouloir séchapper de leur cercueil de
cire. Cest à la fois simple et complexe, beau et troublant.
Tout comme luvre de Marie-José Burki. Avec une
caméra qui tourne 300 images à la seconde, cette
artiste a filmé des scènes de la vie quotidienne
dans les rues de New York. Projeté à 24 images à la
seconde, le film semble ralenti à lextrême.
Il montre des images inattendues que lon ne percevrait pas
en vitesse normale. Cela donne une étrange poésie à ces
scènes plutôt banales. Cette autre façon de
voir et denregistrer le monde est aussi de la mémoire.
Ces quelques exemples démontrent que tout ce qui est à voir
dans cette exposition intrigue, émeut et parfois dérange. " Le
beau corps de la mémoire " ne laisse donc pas
le visiteur indifférent. En espérant quelle
restera dans leur mémoire
Thierry Vangulick
Le beau corps de la mémoire
Jusquau 29 juin 2003
Ouvert tous les jours
sauf le lundi, de 10 à 18 heures
Site du Grand Hornu, près
de Saint Ghislain.
Info: 065/65 21 21
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