| Elections
La
moitié du ciel politique… belge
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Joëlle Milquet, une des femmes les plus
en vue de la politique belge (Photo: Belga)
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Le 18 mai, les Belges âgés de 18 ans et plus iront
voter. Voter pour les députés et les sénateurs
du pays. Donc aussi voter pour des députéES et
des sénaTRICES. Et même plus quavant. Les
femmes représentent la moitié de la population.
Pour la première fois, les partis politiques sont obligés
de présenter un même nombre de femmes et dhommes
sur leur liste électorale.
"La loi sera lhommage du pays à toutes les femmes
belges qui, au cours des deux dernières guerres, ont donné lexemple
admirable du courage, de la fierté et du renoncement." Cest
ainsi quon parlait, au Sénat, de la loi sur le "suffrage
universel" en 1948. "Universel" voulait dire que
les femmes belges allaient pouvoir voter aux élections législatives.
Enfin! A cette époque, la Belgique était lun
des derniers pays démocratiques dEurope à ne
pas encore avoir accordé ce droit à ses citoyennes.
Malgré le droit de vote accordé aux femmes, les hommes
ont continué à occuper presque toutes les places
sur les listes électorales et donc aussi, tous les postes
délus.
Femmes potiches
En 2003, les femmes ont évidemment toujours le droit de
voter. En plus, elles ont droit à la moitié des places
sur les listes des partis politiques. En effet, selon la loi belge,
les listes doivent désormais être paritaires.
En 1994, la Belgique sengageait à améliorer
la représentation des femmes en politique. Une loi a fixé des quota avant
darriver à une réelle parité. Cette
loi vaut pour toutes les élections: communales, régionales
Cette
loi est une sorte de révolution pour les partis politiques.
Mais ils ont eu presque dix ans pour sy adapter.
Les partis devaient dabord trouver des femmes. Et puis surtout,
il fallait du temps pour changer les mentalités. Dans lhistoire,
le monde politique était dabord un monde dhommes.
Le Belge moyen discutait politique au comptoir du bistrot. Et dans
larrière-salle, les militants refaisaient le monde
et les listes électorales. Les femmes? Le plus souvent,
elles restaient à la maison pour soccuper de la cuisine
et des enfants. Pour certains, imposer des quotas ou la parité,
cétait se servir des femmes comme " potiches ".
Cétait juste pour décorer le paysage électoral.
Comme si certains hommes politiques nétaient pas des "cruches".
Parité
On y est donc allé par étapes. Dabord, un
quart de femmes était obligatoire sur les listes, puis un
tiers. Enfin, cette année, la moitié des candidats à la
Chambre et au Sénat sont des femmes. La moitié ou
presque
Car les listes sont parfois impaires. Impossible
de couper en deux un siège ou un candidat. Au Sénat,
par exemple, les partis présentent sept femmes sur quinze élus(es)
possibles.
Femmes en ordre utile
Mais il ne suffit pas que des femmes soient présentes sur
des listes. Il faut aussi quelles occupent à une place
où elles ont une chance de devenir députée
ou sénatrice. Des " petits malins " de
la politique pourraient placer les candidates en queue de liste.
Dans ce cas, elles ne seraient, sauf miracle, jamais élues.
La loi empêche cette manuvre. Les trois premiers candidats
ne peuvent pas être du même sexe. Cest pourquoi,
toujours sur les listes pour le Sénat de 2003, on trouve:
une femme en 3ème position chez les socialistes
et les libéraux, une femme tête de liste au CDH et
chez Ecolo. Une moitié de femmes candidates ne veut évidemment
pas dire une moitié de femmes élues. En 1999, il
fallait au moins un tiers de femmes sur les listes. Le résultat
des votes était: 20 sénatrices pour 51 sénateurs
et 35 députées pour 115 députés. Peu à peu
lidée de la parité fait son chemin
Thierry Verhoeven |