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Plannings
Histoire dun combat
Récemment, les centres de planning familial ont lancé une
vaste campagne dinformation concernant la pilule contraceptive,
la pilule du lendemain et la pilule abortive. Cest loccasion
de retracer lhistorique des plannings familiaux et de lIVG.
Dans les années 1950, en Belgique, les femmes navaient
pas de moyen contraceptif efficace. Elles navaient pas non
plus le droit davorter. En cas de grossesse non désirée,
elles avaient parfois recours aux " faiseuses danges ".
Cest dans ces années-là que des médecins
et des infirmières, révoltés par létat
de santé de femmes qui se présentaient à la
garde des cliniques après des avortements clandestins, ont
créé les premiers centres de planning familial. Lidée
de ces premiers plannings était de mettre la contraception à portée
de tous. A lépoque, en effet, on ne parlait pas encore
davortement en toute sécurité.
En 1968, les femmes qui désiraient avorter navaient
que deux solutions: se rendre en Grande-Bretagne ou dans certains
cantons suisses. Cétait loin et terriblement coûteux:
environ 20 000 francs de lépoque.
Dans les années 1970, les femmes pouvaient aussi se rendre
en Pologne où lavortement était légal.
Puis, elles ont mis le cap sur les Pays-Bas, où le gouvernement
avait légalisé lavortement. Là-bas,
les femmes avaient le droit davorter selon la méthode
Karman, dite daspiration. Cette technique a bouleversé toute
la problématique: lIVG durait désormais
un quart dheure et devenait ambulatoire.
Une pratique longtemps interdite
Pendant ce temps, en Belgique, les responsables de plannings vont
peu à peu contourner la loi qui interdisait toujours lavortement.
Dès les années 1970, des patientes sont envoyées
dans certaines cliniques du pays auprès de médecins
qui pratiquaient des IVG clandestines. En 1973, le médecin
Willy Peers qui sest battu pour que lavortement soit
autorisé est emprisonné. Cet événement
durcit encore le combat de ceux qui veulent dépénaliser lavortement.
En 1975, lassociation "Aimer à lULB" lance
un pavé dans la mare en "risquant" la première
IVG ailleurs quà lhôpital. A lépoque,
la législation en vigueur est toujours celle de 1867. Lavortement
est donc encore totalement interdit. La première proposition
de loi qui vise à dépénaliser davortement,
elle, date de 1971. Le texte prévoyait dautoriser
lavortement pour des raisons médicales, sociales ou
morales. Selon les cas, deux ou trois médecins devaient
donner leur accord. Mais pendant encore près de vingt ans,
des médecins seront poursuivis et condamnés pour
avoir pratiqué lavortement. Finalement, en avril 1990,
cette pratique a été partiellement dépénalisée
par la loi Lallemand-Michielsens. En effet, la situation ne pouvait
plus durer: ou bien la loi devait être appliquée,
ou bien il fallait la modifier.
Des infos accessibles à tous
Pendant longtemps lactivité des centres de planning
familial a, elle aussi, longtemps été limitée
par la législation. Ainsi, jusquen 1973, toute publicité pour
des moyens de contraception était interdite. Aujourdhui,
la diffusion de linformation sur les méthodes contraceptives
se fait dans de meilleures conditions dans la centaine de centres
de planning familial du pays. Néanmoins, tout le monde ne
profite pas encore pleinement de cette information.
Cest pour cette raison que les centres de planning ont récemment
lancé une campagne dinformation sur les trois pilules:
la pilule contraceptive, la pilule du lendemain et la pilule abortive.
Il est en effet important de continuer à lutter pour linformation
et pour la garantie des droits acquis. Dans ce domaine, en effet
les moralistes de tous bords auraient vite fait de détruire
le fruit dun si long combat
Joëlle Van Gasse |