| Irak
Début
d'une guerre annoncée

Photo: Belga
Comme annoncé, les États-Unis et le Royaume-Uni
ont lancé une offensive sur lIrak. Les deux premières
semaines du conflit ont été marquées par
le bombardement des plus grandes villes du pays et la progression
de la coalition anglo-américaine vers Bagdad. Lassaut
de la capitale irakienne a commencé au début de
la troisième semaine.
Dans la nuit du 19 au 20 mars, la deuxième Guerre du Golfe
a commencé après un dernier ultimatum lancé par
le président américain George Bush et ses alliés,
le Premier ministre britannique Tony Blair, et le président
du gouvernement espagnol José-María Aznar. La première
puissance mondiale et ses deux alliés avaient affirmé que
leur patience était à bout et quil nétait
plus question daccorder un nouveau délai de plusieurs
semaines pour que Saddam Hussein désarme lIrak et
en fasse la preuve. Laviation américaine a donc entamé ses
bombardements sur les principales villes dIrak, dont, bien
sûr, la capitale Bagdad.
Progression rapide
Depuis le début de la guerre, la domination aérienne
de la coalition anglo-américaine est totale. Il ne sest
pas passé un seul jour sans que des bombes de tout type
tombent sur les villes irakiennes. Tout cela sans aucune opposition
irakienne, mis à part des tirs de DCA inefficaces.
Au sol, durant les premiers jours on pouvait croire que cette guerre
allait être une promenade pour les soldats américains
et anglais. Les troupes stationnées au Koweit sont rapidement
entrées par le sud de lIrak. Le port dOum Kasr
est aussi facilement tombé aux mains de la coalition. Cette
conquête donnait aux Anglo-Américains une tête
de pont pour acheminer des troupes, du matériel et du
ravitaillement. Dans le même temps, des blindés partis
du Koweit voisin remontaient à vive allure vers Bagdad.
Une pause inattendue
Très rapidement, lélan de la coalition anglo-américaine
a été coupé. Leurs troupes sont arrivées à une
centaine de kilomètres de Bagdad. Elles se sont également
postées aux abords des grandes villes du sud comme Bassora,
Nassriya ou Karbala. Dans ces villes, les combats entre les troupes
anglo-américaines et irakiennes se sont progressivement
intensifiés. Les bombardements, aussi, se sont renforcés.
Ils visent, notamment, les infrastructures de télécommunication.
Le but est de briser la chaîne de commandement irakienne.
Autrement dit, faire en sorte que les commandants de chaque ville
soient coupés de létat-major de Bagdad.
Pendant ce temps, loffensive a aussi été lancée
sur le nord du pays. Là le scénario est différent.
La Turquie a refusé que les Etats-Unis attaquent lIrak
depuis leur territoire. La coalition anglo-américaine na
donc quun petit contingent dans le nord. Ce sont les indépendantises
kurdes qui assurent lavancée. Ils sont appuyés
par les bombardement américains. Ils avancent vers la région
de Kirkouk et Mossoul qui est riche en pétrole.
Le conflit saccélère
La troisième semaine du conflit a vu une nouvelle accélération
des hostilités. Les combats sont devenus beaucoup plus durs
et les affrontements entre les troupes irakiennes et anglo-américaines
sont directs. Des blindés britanniques seraient arrivés
dans le centre de Bassora, la deuxième ville du pays et
Karbala serait sur le point de tomber aux mains des anglo-américains.
Lattaque de Bagdad par les blindés et linfanterie
a également commencé. Les Américains ont pris
le contrôle de laéroport international. Lassaut
a été donné à plusieurs palais présidentiels.
Le couvre-feu a été décrété.
Pourtant, larmée américaine affirme que la
bataille de Bagdad na pas encore réellement débuté.
Les incursions américaines seraient des signaux envoyés
au régime de Saddam Hussein mais aussi à la population.
Il sagit de montrer la supériorité militaire
américaine. Il faut dire que les Anglo-Américains
craignent de perdre beaucoup dhommes dans la prise de contrôle
de Bagdad. Les Irakiens ont effet annoncé des actions de
guerrilla urbaine et aussi des commandos suicides.
Un soulèvement?
Et puis, la coalition na pas encore renoncé à lespoir
dun soulèvement de la population ou dun coup
dÉtat contre Saddam Hussein. Cest un de ses
objectifs depuis le début. Il est difficile de dire ce que
la population va faire. La propagande médiatique brouille
les pistes. Plusieurs arguments jouent en défaveur dun
soulèvement. Pour certains, ce sera la peur de se soulever
contre Saddam et dêtre ensuite réprimés
si la coalition ne parvient pas à la renverser (comme ça
sétait passé lors de la première guerre
du Golfe en 1991). Pour dautres, les Américains sont
des envahisseurs qui ont tué et blessé des centaines
de civils et causé énormément de dégâts
quel que soit le discours libérateur quils mettent
en avant... mais il est clair quau fur et à mesure
de lavancée américaine, la position de Saddam
Hussein sera de plus en plus mauvaise.
Olivier Brouet
Le 7avril 2003
|