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Prisons
La peau de banane de la campagne
©Quentin
Van Diesel
Certains s’attendaient à une
campagne électorale
calme. Mais en se mettant en grève, les gardiens de
prison en ont décidé autrement. Ils ont jeté une
peau de banane sous les pieds du gouvernement, notamment
du ministre de la Justice, Marc Verwilghen.

Photo: Belga |
Les grèves de gardiens de
prison ont pris le ministre de la Justice par surprise. Celui-ci
a même accusé certains
de vouloir saboter sa campagne électorale. Mais l’argument
de Marc Verwilghen ne tient pas. En effet, les gardiens des prisons
bruxelloises de Saint-Gilles et de Forest se sont mis en grève
pour protester contre un problème grave et bien connu depuis
longtemps. Ils ont d’ailleurs été soutenus
par les autres gardiens du pays. Ce problème est la surpopulation
carcérale. En d’autres mots, en Belgique, il y a trop
de prisonniers par rapport au nombre de places disponibles dans
les prisons. Par exemple, à Forest, il y a 700 détenus,
pour 400 places. Et la situation est pareille dans de nombreuses
prisons et s’aggrave même sans cesse. La faute ne repose
pas seulement sur le gouvernement actuel. En effet, par le passé,
les responsables du pays n’ont jamais vraiment essayé de
trouver une solution durable pour résoudre ce problème.
En faisant grève, les gardiens de prisons ne demandent pas
d’augmentation de salaire. Ils veulent simplement qu’on
comprenne enfin la gravité du problème et ils exigent
aussi d’être plus nombreux.
Des
conséquences graves

Photo: Belga |
La surpopulation dans les prisons
ne fait pas que rendre très
compliqué le travail des gardiens. Elle a d’autres
conséquences très graves, notamment en ce qui concerne
la sécurité et les conditions de vie des prisonniers.
En effet, les détenus sont entassés dans des cellules
qui ne sont pas prévues pour accueillir autant de personnes.
Les conditions d’hygiène sont souvent très
mauvaises et humiliantes. A cause de cette surpopulation, les prisonniers
ne peuvent pas non plus toujours avoir les activités prévues
ou recevoir toutes les visites de leur famille. Cette promiscuité provoque
aussi des règlements de compte entre détenus. Sans
parler des trafics de drogue que les gardiens n’arrivent
plus à contrôler.
Par ailleurs, la surpopulation empêche aussi le travail social
qui devrait se faire pour les détenus. Il s’agit de
l’aide psychologique, mais surtout de celle des assistants
sociaux qui essaient de préparer les détenus pour
leur sortie de prison, à la fin de leur peine. Beaucoup
de soins médicaux sont également devenus impossibles.
Parce qu’en plus d’avoir trop de prisonniers, il y
a aussi trop peu de médecins, de personnel infirmier et
de matériel.
S’attaquer au problème, d’urgence
A la fin du
mois d’avril, la grève continuait. Simplement
parce que le ministre n’avait pas proposé de solutions
qui puissent répondre aux demandes des gardiens. Marc Verwilghen
a fait libérer des détenus qui arrivaient en fin
de peine. Il a aussi souhaité que la Justice mette moins
de prévenus en détention préventive. Et il
a indiqué que davantage de prisonniers seraient mis sous
surveillance électronique. Ce système permet à la
personne condamnée de rester en liberté. Cependant,
elle doit porter une sorte de bracelet impossible à enlever
qui envoie, en permanence, un signal électronique. Ce signal
permet de vérifier que la personne reste bien dans une zone
géographique limitée dont elle ne peut pas sortir.
De cette manière, il est toujours possible de savoir où sont
ces personnes. Mais, pour pouvoir augmenter le nombre de prisonniers
qui bénéficient de ce système, il faut plus
d’hommes pour s’occuper des contrôles. Or, il
n’y en a déjà pas assez…
Il faut donc
d’urgence se pencher sur l’avenir des
prisons et du système pénal. Cela devrait d’ailleurs être
une des priorités du prochain gouvernement qui sera formé suite
aux élections du 18 mai. Mais il faut parler au conditionnel.
Parce que cette réforme coûtera très cher… et
ne rapporte pas de voix aux élections. Alors, certains seront
sans doute tentés d’étouffer le problème
ou de ne faire que des propositions à court terme. Pourtant,
dans les prisons, la colère peut exploser à tout
moment… Marc Vandermeir
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