|
La Belgique aux urnes
Elections: mode d'emploi
Photo:
Flémal
Les élections du 18 mai prochain
se rapprochent à grands
pas. Voici un petit mode d'emploi pour mieux comprendre le fonctionnement,
les règles et les enjeux de ce scrutin.
Pourquoi irons-nous voter?
Les élections du 18
mai sont des élections législatives
fédérales. Elles ont normalement lieu tous les quatre
ans. Les deux votes que l’électeur devra effectuer
permettront de désigner les parlementaires qui vont siéger à la
Chambre et au Sénat de la Belgique.
Une des tâches
des représentants que nous allons élire
est de faire et de voter les lois. Les membres de la Chambre exercent
aussi un contrôle sur le gouvernement. Ils votent les impôts
et le budget de l'Etat.
Les futurs élus s'occuperont de
matières qui sont communes à l'ensemble
du pays comme l'armée, la justice, la monnaie, les impôts,
la santé... Les autres matières, elles, font partie
des compétences des responsables des trois Communautés
(française, flamande et germanophone) et des trois Régions
(wallonne, flamande et de Bruxelles-Capitale).
Les représentants
qui siègeront à ces niveaux
seront désignés le 13 juin 2004.
Le gouvernement fédéral
qui succèdera à celui
de Guy Verhofstadt sera lui, formé dès qu'un accord
aura été trouvé entre les partis qui auront
obtenu de bons résultats aux élections du 18 mai.
Qui a le droit de voter?
Tous les Belges âgés d'au moins
18 ans le jour des élections
ont le droit de voter. La loi précise aussi que l'électeur
doit jouir de ses droits civils et politiques. Cela signifie qu'il
ne peut pas avoir été lourdement condamné et
qu'il doit être en possession de toutes ses capacités
mentales. Contrairement à ce qui se passe lors des élections
communales, les étrangers membres d'un pays de l'Union européenne
et qui vivent chez nous, ne peuvent pas se rendre aux urnes. Rappelons
aussi que la Belgique est un des rares pays à rendre le vote
obligatoire. En Europe, seule la Grèce et le Luxembourg appliquent
aussi cette règle. Cela signifie qu'un électeur qui
ne va pas voter sans raisons valables (maladie, vacances...) peut être
condamné à devoir payer une amende. Les personnes qui
ne pourraient pas se rendre aux urnes peuvent voter par procuration.
Autrement dit, elles peuvent demander à un autre électeur
de voter pour eux. Cette démarche doit être faite auprès
de la maison communale deux semaines avant la date du scrutin.
A quoi ressemblent les listes électorales?
Les citoyens qui
se sont portés candidats pour ces élections
sont regroupés par parti politique.
Pour l’élection des futurs membres de la Chambre,
les listes électorales ne seront pas identiques partout
dans le pays. La zone géographique utilisée pour
organiser les élections est ce que l'on appelle une circonscription électorale.
Une circonscription électorale correspond maintenant à celui
des provinces (sauf pour Bruxelles). Ce n'était pas le cas
dans le passé.
Chaque province a ses propres candidats. Et
le nombre des députés élus à la
Chambre dépend aussi du nombre d'habitants de la province.
Par conséquent, un électeur qui vit dans le Hainaut, à Charleroi,
Tournai ou Mons a le choix entre les mêmes hommes et femmes.
Mais ces candidats seront différents de ceux de Bruxelles,
Namur ou Liège.
Une particularité pour ce nouveau système de circonscriptions électorales:
Bruxelles (qui n'appartient à aucune province) forme une
circonscription avec Hal et Vilvorde qui font partie de la province
du Brabant flamand.
Cette province possède d'ailleurs une autre circonscription,
celle de Louvain.
Les choses sont plus simples pour l'élection
des futurs membres du Sénat. En effet, les listes seront
les mêmes pour
tous les francophones, d'une part et pour tous les néerlandophones,
de l'autre. Enfin, petite (ou grande nouveauté) pour ces élections:
chaque liste doit désormais être composée de
manière paritaire. Autrement dit, elle doit se composer
du même nombre de candidats masculins et de candidats féminins.
En plus, les deux sexes doivent être présents aux
trois premières places de chaque liste. Cette nouvelle réglementation
a pour but d'augmenter le nombre de femmes élues à la
Chambre et au Sénat.
Comment effectuer un vote valable ?
Chaque liste est composée
de deux sortes de candidats: les effectifs et les suppléants.
S'ils sont élus, les candidats effectifs feront partie de
la Chambre ou du Sénat. Par contre, les candidats suppléants
qui seront élus formeront une "réserve".
D'ici les prochaines élections, ils pourront éventuellement
remplacer les élus qui ne pourraient plus siéger au
Parlement. La grande règle à respecter le 18 mai, comme
pour toutes les élections, est de ne voter que pour une seule
liste. Cette liste peut, bien sûr, être différente
lors du vote pour la Chambre et de celui pour le Sénat.
Une
fois la liste choisie, il existe plusieurs possibilités
de voter valablement. L'électeur peut cocher la case
qui se trouve en tête
d'une liste. Cela signifie qu'il vote pour l'ensemble de la
liste et donc qu'il est d'accord avec l'ordre dans lequel les
candidats
ont été placés. Ce genre de voix va donc
d'abord servir aux personnes placées en haut des listes.
L'électeur peut aussi voter pour un ou plusieurs candidats,
qu'ils soient effectifs ou suppléants. De cette manière,
l’électeur peut donner sa voix à des hommes
ou des femmes qui n'ont pas été placés
dans le haut de la liste par le parti.
Un vote qui n'aura pas été effectué correctement
est un vote nul. Avec le vote électronique, il n'est
plus possible de voter nul. Les votes nuls ne sont pas pris
en compte
lors du dépouillement.
Par contre, il est toujours possible de voter blanc. Un vote
blanc consiste, une fois dans l'isoloir, à ne cocher aucune case
parce que l'on n'est d'accord avec aucune liste. Ces votes sont comptabilisés.
Mais contrairement à ce que l’on pense souvent, ils
ne sont pas ajoutés à ceux du parti qui a obtenu
le plus de voix.
Qu'est-ce que le vote électronique?
Comme lors des précédentes élections,
certains bureaux de vote seront équipés d'ordinateurs.
Dans ces lieux, les listes imprimées sur du papier ainsi que
le bon vieux crayon rouge ont donc disparu. Ils sont remplacés
par un écran et un crayon optique relié à l'ordinateur.
L'électeur reçoit une carte magnétique qu'il
doit introduire dans la machine et sur laquelle son vote sera enregistré.
L'ordinateur lui indique alors la marche à suivre pour effectuer
son vote. Lorsque son choix est fait, l'électeur dépose
sa carte dans une urne électronique. Le 18 mai prochain, la
moitié des électeurs voteront de cette manière.
Ce système permet de gagner du temps lors du dépouillement
des résultats, mais aussi d'économiser une importante
quantité de papier. Mais il pose aussi des questions. Ainsi,
certains craignent notamment que les ordinateurs puissent être
truqués et donc que les résultats des élections
soient faussés. |