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Guerre du Golfe
L’Irak a plié en trois semaines

Après la guerre, il reste à reconstruire un pays dévasté (photo:
Belga) |
Trois semaines après
le début des combats, la deuxième
guerre du Golfe s’est terminée. Le 9 avril, les
Américains
ont pris possession de la capitale Bagdad. Alors que l’ancien
dictateur Saddam Hussein reste introuvable, la reconstruction
a commencé.
Après quelques jours de combats dans la
périphérie,
les troupes américaines sont entrées dans Bagdad
sans rencontrer de véritable opposition. Le monde entier
a vu les images des soldats américains recouvrant la tête
d’une statue de Saddam Hussein de la bannière étoilée,
puis d’un drapeau irakien, avant de la faire tomber. Tout
un symbole pour signifier la chute du régime du dictateur
irakien. Il a cependant fallu attendre le 14 avril pour qu’on
parle de la fin de la guerre. Ce jour-là, la ville de Tikrit,
qui est aussi le fief de Saddam Hussein, est tombée aux
mains de la coalition.
Chasse aux anciens dirigeants
Saddam Hussein avait pourtant prédit
le pire à George
Bush et Tony Blair: une guérilla féroce, des attentats
suicides, un déluge de feu. Rien de tout cela n’est
arrivé. Les envahisseurs-libérateurs (selon le camp
dans lequel on se place) n’ont fait qu’une bouchée
de leur ennemi. Cependant la facilité de la victoire militaire
ne doit pas faire oublier la difficulté de la reconstruction.
La
première mission des Américains est maintenant
de remettre de l’ordre dans le pays. En effet, la fin du
régime de Saddam Hussein a laissé un vide. Le jour
même de la chute de Bagdad, les pillages ont commencé.
Même les hôpitaux, déjà mal en point,
ou le Musée Archéologique National ont été touchés.
Dans les grandes villes, des bandes de truands ont profité du
désordre pour se servir dans l’arsenal de l’armée
irakienne.
Restaurer l’ordre, c’était aussi mettre
la main au plus vite sur Saddam Hussein et ses proches collaborateurs.
Une énorme chasse à l’homme a été lancée.
La tête de l’ancien dictateur a été mise à prix
et l’armée américaine a fait circuler un jeu
de cartes avec les photos des principaux dignitaires du régime.
A ce jour, seize d’entre eux sont considérés
comme “hors d’état de nuire”. Autrement
dit, ils sont morts durant les bombardements, ont été arrêtés
ou se sont rendus. Parmi ceux-ci, Tarek Aziz, le ministre des Affaires
Etrangères qui était aussi un des plus proches conseillers
de Saddam Hussein.
Reconstruire le pays et contrôler le pétrole
La restauration
de l’ordre n’est qu’un premier
pas vers la reconstruction de l’Irak. En effet, la guerre
a détruit de nombreuses infrastructures. L’approvisionnement
en eau, en nourriture ou en électricité a dû être
remise sur pied. Sur le plan économique, les installations
pétrolières ont été assez rapidement
remises en marche. Les Etats-Unis ont aussi demandé à l’ONU
qu’elle supprime le plan “pétrole contre nourriture”,
instauré en 1996. Ce plan permettait à l’Irak
d’exporter du pétrole à condition que les bénéfices
de ce commerce servent à payer la nourriture nécessaire à la
population. Les Américains disent que ce plan n’a
plus de sens parce que les sanctions contre l’Irak doivent être
levées.
Cette demande américaine n’est pas
innocente. Elle part d’une volonté d’éliminer
le maximum de contraintes à l’exploitation du pétrole
afin de permettre aux compagnies pétrolières de tirer
le plus de profit possible. Le partage du pétrole n’est
d’ailleurs pas le seul enjeu économique de la reconstruction.
Les grandes entreprises de construction du monde entier se battent
désormais pour obtenir de juteux contrats. Parmi eux, des
sociétés de pays qui étaient opposés à l’intervention
anglo-américaine.
Revendications des Chiites
Reste aussi à installer la démocratie.
Pour cela, les Etats-Unis ont envoyé un ancien combattant
de la première
guerre du Golfe, le général à la retraite
Jay Garner. Les opposants à l’ancienne dictature de
Saddam Hussein ont tenu plusieurs réunions. L’idée
d’un modèle fédéral où chaque
groupe ethnique et religieux aurait son mot à dire fait
son chemin. Mais ce chemin sera parsemé d’embûches
et de tensions. Par exemple, les musulmans chiites qui ne pouvaient
pas s'exprimer sous Saddam Hussein revendiquent la plus grosse
part du gâteau. Ils savent que 65% de la population irakienne
est chiite. Ils sont opposés à la présence
américaine en Irak et l’ont déjà fait
savoir lors du pèlerinage de Karbala, fin avril. A cette
occasion, près d’un million de chiites se sont réunis
et ont réclamé le départ des Américains.
Ce premier avertissement a été suivi par d’autres
manifestations, de plus en plus violentes, et auxquelles les Américains
ont répondu par des tirs. En Irak, la “paix” ne
fait que commencer…
Olivier Brouet
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