EDITION DE JUIN 2003/ Agenda et Culture

Péji
Entre absurde et fantaisie!

“La goutte d’esprit qui ne fera jamais déborder le vase de la médiocrité”, telle pourrait être la définition de cet homme. L’homme, c’est Jean Peetermans. Sa signature: Péji.

Péji puise ses idées dans la vie quotidienne, dans les affres et les plaisirs de l’Homme dans toute sa splendeur et... ses décadences. Son seul plaisir pourrait être de vous faire sourire ou même rire. Mais l’artiste ne s’arrête pas en si bon chemin... Il aime poser le trait sur la réflexion.

Un genre particulier

Après avoir touché un peu à la peinture et à la bande dessinée, Péji s’est lancé dans la caricature. Lors de son service militaire (en 1964-65), ce pacifique commence à traduire la situation grotesque dans laquelle il se trouve. Dans son bataillon d’infanterie, à Arlon, sa seule arme véritable est le crayon. Au sortir de la garnison, ses dessins sont publiés dans les quotidiens comme Le Soir, Le Pourquoi Pas? ou La Libre Belgique. D’autres périodiques, en Europe, en Asie ou aux Etats-Unis les publient aussi.
Le dessin journalistique ne laisse pas la place à la répétition! Il faut coller à l’actualité, travailler rapidement, mettre l’accent là où il faut. Il n’y a ni légende, ni commentaire et rarement une bulle avec du texte. Le dessin doit donc parler tout seul. C'est un genre difficile dans lequel peu de dessinateurs osent s’aventurer.

Cocasse, cruel et absurde

A la fois éducateur à Charleroi et dessinateur, Péji mènera ces deux activités en parallèle pendant des années. Aujourd’hui encore, chaque matin, il s’installe à sa table et dessine pendant deux heures. Après le dîner, il dessine encore. Un virus? Une bonne habitude? Une hygiène de vie? L’homme a besoin de mettre sur le papier ce qu’il ressent, ce qu’il a vu et emmagasiné. Chez lui, il y a un seul trait, fin, précis, continu. Il va du noir et blanc aux couleurs qui éclatent, en passant par la douceur des pastels. En une seule planche, toutes les émotions sont ramassées, synthétisées, dans leur vérité nue. C’est à la fois cocasse, cruel et absurde. Péji est gourmand, comme tout passionné, il n’a jamais goûté à assez de choses.
Il explique: “J’aime la campagne et sa tranquillité. Mais je suis un citadin de naissance et de temps en temps, je manque de bruit, de foule, de frénésie, d’animation, d’embouteillage,... Je prends alors ma voiture et je vais me baigner de ville! ”
Retraité depuis peu, Péji a d’abord cru se trouver devant un grand vide. Mais il s’est bien vite rendu compte que la gourmandise est un si vilain défaut qu’il lui faudra encore bien des années pour se guérir. Pour autant qu’il en ait un jour envie…

Catherine Tellier


Vous pourrez retrouver les œuvres de Peji à l’ULB (Bruxelles) en septembre prochain ou encore en compagnie de Serdu à Châtelet, au cours du premier trimestre 2004.

 

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