Péji
Entre absurde et fantaisie!
“La goutte d’esprit qui ne fera jamais déborder
le vase de la médiocrité”, telle pourrait être
la définition
de cet homme. L’homme, c’est Jean Peetermans. Sa signature: Péji.
Péji puise ses idées dans la vie quotidienne, dans
les affres et
les plaisirs de l’Homme dans toute sa splendeur
et... ses décadences.
Son seul plaisir pourrait être de vous faire sourire ou même
rire. Mais l’artiste ne s’arrête pas en si bon chemin...
Il aime poser le trait sur la réflexion.
Un genre particulier Après avoir touché un peu à la
peinture et à la bande
dessinée, Péji s’est lancé dans la caricature.
Lors de son service militaire (en 1964-65), ce pacifique commence à traduire
la situation grotesque dans laquelle il se trouve. Dans son bataillon
d’infanterie, à Arlon,
sa seule arme véritable est le crayon. Au sortir de la garnison,
ses dessins sont publiés dans les quotidiens comme Le Soir, Le Pourquoi
Pas? ou La Libre Belgique. D’autres périodiques, en Europe,
en Asie ou aux Etats-Unis les publient aussi.
Le dessin journalistique ne laisse pas la place à la répétition!
Il faut coller à l’actualité, travailler rapidement,
mettre l’accent là où il faut. Il n’y a ni légende,
ni commentaire et rarement une bulle avec du texte. Le dessin doit donc
parler tout seul. C'est un genre difficile dans lequel peu de dessinateurs
osent s’aventurer.
Cocasse, cruel et absurde A la fois éducateur à Charleroi
et dessinateur, Péji mènera
ces deux activités en parallèle pendant des années.
Aujourd’hui
encore, chaque matin, il s’installe à sa table et dessine
pendant deux heures. Après le dîner, il dessine encore. Un
virus? Une bonne habitude? Une hygiène de vie? L’homme a besoin
de mettre sur le papier ce qu’il ressent, ce qu’il a vu et
emmagasiné. Chez
lui, il y a un seul trait, fin, précis, continu. Il va du noir et
blanc aux couleurs qui éclatent, en passant par la douceur des pastels.
En une seule planche, toutes les émotions sont ramassées,
synthétisées,
dans leur vérité nue. C’est à la fois cocasse,
cruel et absurde. Péji est gourmand, comme tout passionné,
il n’a
jamais goûté à assez de choses.
Il explique: “J’aime la campagne et sa tranquillité. Mais
je suis un citadin de naissance et de temps en temps, je manque de bruit, de
foule, de frénésie, d’animation, d’embouteillage,...
Je prends alors ma voiture et je vais me baigner de ville! ”
Retraité depuis peu, Péji a d’abord cru se trouver
devant un grand vide. Mais il s’est bien vite rendu compte que la
gourmandise est un si vilain défaut qu’il lui faudra encore
bien des années
pour se guérir. Pour autant qu’il en ait un jour envie…
Catherine
Tellier
Vous pourrez retrouver les œuvres de Peji à l’ULB (Bruxelles)
en septembre prochain ou encore en compagnie de Serdu à Châtelet,
au cours du premier trimestre 2004.
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