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Mutilations sexuelles
Le complot du silence
On estime qu’aujourd’hui, plus
de 130 millions de fillettes et de femmes dans le monde ont subi
des mutilations sexuelles.
La plupart d’entre elles vivent en Afrique, mais aussi en
Asie et au Moyen-Orient. Ce problème existe également
en Europe, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis, parmi les
populations immigrées.
Les mutilations sexuelles ou excision
consistent à enlever
partiellement ou totalement des organes génitaux externes
de la femme. Ces interventions ne sont pas pratiquées dans
un but thérapeutique. Elles le sont pour des raisons culturelles
ou religieuses. Dans les cultures où ces mutilations sexuelles
féminines sont considérées comme "normales",
elles sont généralement pratiquées par des
praticiens traditionnels au moyen d’instruments grossiers.
Dans les couches plus aisées de la société,
elles sont parfois pratiquées dans un établissement
de santé par un personnel de santé compétent.
Une
tradition ancrée dans les mœurs.
Dans ces cultures,
les femmes non excisées sont considérées
comme impures et incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles.
Certaines ethnies pensent que le clitoris peut empoisonner l’homme
ou l’enfant à la naissance. D’autres croient
qu’il s’agit d’un organe masculin qu’il
faut couper afin que la fillette devienne une femme à part
entière. Les hommes refusent d’épouser des
femmes non excisées. Beaucoup d’entre eux croient
que les femmes non excisées sont toujours adultères.
Ou encore que le clitoris retient le pénis lors d’un
rapport sexuel et que la pénétration est impossible.
L’âge auquel sont pratiquées les mutilations
sexuelles féminines varie d’une région à l’autre.
Mais en général, la plupart des filles mutilées
le sont entre 4 et 12 ans.
Lutter contre ces pratiques
Ces mutilations sexuelles ont de graves
conséquences sur
la santé des femmes. Ces conséquences varient selon
le type d’acte pratiqué, l’habileté du
praticien, la propreté des instruments et le milieu dans
lequel est effectuée l’opération...
Mais même réalisées dans des conditions d'hygiène
correcte, ces pratiques entraînent chez les femmes des angoisses
ou des dépressions profondes.
Dans tous les pays, les législations
se renforcent contre l’excision. Beaucoup d'organismes et
d'associations tentent de faire changer, par l’éducation
les mentalités
de ces pays. On tente de faire prendre conscience des conséquences
des mutilations sexuelles féminines. Les campagnes de lutte
s’adressent à tous. On veut toucher le grand public,
le corps médical, les responsables politiques, religieux
et de village, mais aussi les accoucheuses et les guérisseurs
traditionnels.
Aujourd’hui, la plupart des pays africains,
arabes et asiatiques marqués par ces traditions de mutilations
ont signé des
conventions internationales qui condamnent ces pratiques. Il s’agit
notamment de la Convention sur l’élimination de toutes
les formes de discrimination à l’égard des
femmes et de la Convention internationale des droits de l’enfant.
Tous ces efforts n’ont pourtant pas encore réussi à empêcher
le phénomène.
Une action globale
C'est que la tradition ne se combat que par
la créativité.
Une action valable doit aller plus loin que des solutions "immédiates".
Comme par exemple, celle d'offrir aux vieilles femmes exciseuses
un autre emploi.
La solution à ce problème doit s’intégrer
dans un effort plus général. Il s'agit de faire sortir
les femmes de leur impuissance politique et de leur accorder leurs
droits civiques. Il n’y aura jamais aucune liberté pour
les femmes africaines, arabes ou asiatiques sans l’arrivée
de cette démocratie politique. Seulement alors, les femmes
auront le droit de parler, de rompre cette loi du silence…
Joëlle
Vangasse
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