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Elections
Les couleurs du gouvernement

Photo: Jean-Luc Flémal |
D'habitude, au lendemain d'une élection,
chaque formation politique affirme qu'elle a gagné. Soit
elle a progressé en
nombre de députés ou de sénateurs. Soit elle
a gagné des voix dans certaines parties du pays. Soit encore
elle a freiné son recul par rapport à une élection
précédente. Exception importante pour cette élection;
la lourde défaite d'Ecolo qui connaît un recul sans
précédent.
Mais en dehors des Verts, tout le monde
dit avoir gagné.
Et c'est vrai que les familles libérales et socialistes,
Francophones et Néerlandophones réunis ont enregistré des
résultats qui font d'elles, des partenaires incontournables pour former un gouvernement. D'autant plus qu'elles ont déjà gouverné ensemble
dans le gouvernement sortant.
Des négociations délicates
Mais cela ne veut pas
dire pour autant que les négociations
seront faciles. Au cours de la législature qui s'achève,
plusieurs gros dossiers ont divisé les socialistes et les
libéraux et les Flamands et les Francophones.
Exemple: la
régionalisation de la sécurité sociale
et en particulier des soins de santé. Jusqu'ici la Santé est
gérée de la même manière au nord et
au sud du pays. Aujourd'hui, la plupart des partis flamands demandent
que chaque région puisse gérer ce domaine avec ses
propres règles.
Autre exemple: la SNCB qui a toujours été gérée
par l'Etat. Certains hommes politiques flamands réclament
le droit de gérer la société des chemins de
fer et d'y faire des investissements indépendamment des
besoins de la Wallonie.
Bref autant de sujets qui fâchent
et qui doivent faire l'objet d'un minimum d'accord pour former
un gouvernement qui tiendra jusqu'au
bout des quatre ans de législature.
Imposer ses vues et ses
candidats
Et ce ne sont là que deux exemples. Les négociations
seront acharnées sur de nombreux dossiers. Chaque famille
politique veut à tout prix imposer ses vues sur ce gouvernement.
Les socialistes par exemple ont dit plusieurs fois (par la voix
d'Elio Di Rupo qui a été informateur) que le futur
gouvernement devait donner la priorité à la création
d'emploi et au redressement économique tout en préservant
l'accès aux soins de santé pour le plus grand nombre.
Les Libéraux eux aussi veulent créer des emplois
nouveaux mais en poursuivant la politique de diminution des impôts
pour les entreprises qui de cette manière seront davantage
encouragée s à embaucher du personnel. Bref, il faut
parvenir à un savant dosage entre les désirs de chacun
et les possibilités financières réelles de
l'Etat belge.
Chaque parti veut aussi obtenir des postes-clés
dans le futur gouvernement. Le ministre des Finances a plus de
poids que
celui de la Fonction publique par exemple. La Justice, la Santé ou
le ministère de l'Intérieur valent plus cher que
d'autres. Et il faut encore compter avec les ambitions personnelles
de certains hommes politiques. Certains ont récolté de
nombreuses voix de préférence le 18 mai et ils peuvent
légitimement réclamer un ministère important.
C'est l'exercice délicat auquel le formateur Guy Verhofstad
se livre depuis le 3 juin. Il s'est donné jusqu'au 21 juillet,
fête nationale, pour y parvenir. Certains disent que c'est
un délai très long mais il lui faudra beaucoup de
diplomatie pour trouver la couleur qui réunira le mieux,
le rouge des socialistes et le bleu des libéraux. Une couleur
peut-être encore à inventer.
Thierry Vangulick
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