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Attentats
Le Maroc meurtri
Le 16 mai restera une date gravée dans la
mémoire
des Marocains. Ce jour-là, 41 personnes ont été tuées
lors de cinq attentats. Les kamikazes ont principalement visé des
cibles juives et des lieux touristiques.
Le Cercle israélite,
la Maison d’Espagne, l’Hôtel
Farah, le restaurant El Positano qui est proche du consulat de
Belgique. Tous ces lieux ont été visés par
les terroristes le 16 mai dernier. Le bilan est très lourd:
41 morts et 100 blessés. La majorité des victimes
sont marocaines. Les autres sont espagnoles, françaises
ou italiennes. Mohammed VI, le roi du Maroc, s’est directement
rendu sur les lieux des attentats afin de réconforter la
population. Ce souverain est considéré comme un arbitre
par la population. Il est en quelque sorte le garant de la sécurité des
Marocains, qu’ils soient juifs ou musulmans.
Un pays sûr
Au Maroc, la plupart des journaux soulignent
que la population a été très choquée
par ces attentats parce qu’elle pensait vivre dans un pays
sûr. De plus,
la tragédie est survenue deux jours après l’Aïd
al Mawlid, la fête de la naissance du prophète. Les
Marocains ont aussi l’impression que les terroristes ont
voulu frapper l’Etat marocain, un pays musulman modéré qui
entretient des bonnes relations avec l’Europe et les Etats-Unis.
Le lendemain du drame, de nombreux Marocains sont d’ailleurs
allés manifester devant le parlement en criant: “ Non
au terrorisme, oui à la démocratie. ”
Un commando
de jeunes Marocains
Dans un premier temps, l’enquête
s’est dirigée
vers des Marocains récemment revenus de l’étranger
et liés à un groupe islamique interdit baptisé “Le
droit chemin”. Sur les treize kamikazes morts dans les attentats,
six ont pu être identifiés. Un kamikaze, blessé,
a également été arrêté. Il a
fourni une série d’informations sur ses complices.
Par ailleurs, trente suspects ont été emprisonnés.
Finalement, les autorités marocaines estiment que les terroristes
responsables des attentats pourraient être liés à un
réseau international. Serait-ce Al-Quaeda? Il est encore
trop tôt pour désigner cette organisation terroriste.
Et ce même si en février, Oussama Ben Laden avait
traité le Maroc de pays “déserteur” en
raison de ses relations avec les Etats-Unis. Quelques jours avant
les attentats de Casablanca, c’est la ville de Riyad, en
Arabie Saoudite, qui avait été frappée. Là-bas,
34 innocents sont décédés. En s’attaquant
aux résidents et aux intérêts étrangers
dans des pays comme le Maroc ou l’Arabie Saoudite, les terroristes
ont un objectif bien particulier. Ils tentent de briser les liens
qui lient les pays occidentaux et les pays musulmans qui essayent
de coller au modèle occidental, notamment au niveau de la
démocratie, de l’égalité de sexe, de
la tolérance…
Isoler les Etats démocratiques
Au Maroc, cette tolérance
se marque notamment par le fait que depuis des siècles,
la population berbère vit
en harmonie avec une petite communauté de quelques milliers
de Juifs. Mais la situation n’est pas totalement rose pour
autant. Du coup, le mouvement islamiste parvient à recruter
des militants prêts à soutenir les Palestiniens ou à se
mobiliser contre la guerre en Irak.
Ce qui n’arrange rien
non plus, c’est que les réformes
démocratiques de Mohammed VI ne sont pas appréciées
par tous les Marocains. Certains vont même jusqu’à se
demander si le régime monarchique est capable de gouverner.
Ce changement d’état d’esprit peut parfaitement
se résumer par cette formule fort à la mode au Maroc: “Avant
on avait peur du roi, aujourd’hui on a peur pour le roi.” Le
pouvoir, lui, compte bien se défendre. Les récents
attentats vont accélérer l’application d’une
nouvelle loi anti-terroriste. Cette loi va renforcer le pouvoir
de l’autorité en place. Mais elle est peu appréciée
par les associations qui défendent les Droits de l’homme.
Cela signifie qu’elle pourrait mener à certains abus…
Vincent
Thomasson
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