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Union européenne
Vers une convention conventionnelle?
Tout le monde est d’accord
sur ce point: l’Union européenne
doit fonctionner autrement. Mais quand un projet est sur la table,
beaucoup d’Etats membres de l’Union ne veulent pas
abandonner leurs avantages. Même si ce projet vient d’une
assemblée voulue par les Etats membres eux-mêmes.

Le président de la Convention est Valéry Giscard d'Estaing
(à droite), ancien président de la République française (Photo:
Belga) |
L’idée
d’Union européenne est née
quand 6 pays ont décidé de créer un marché commun.
50 ans plus tard, le marché est toujours là avec
des règles de plus en plus compliquées. Il y a en
plus des traités signés par les Etats, des lois décidées
par la Commission européenne. Il y a des députés
européens élus par la population européenne
des pays membres. Ils sont élus, mais n’ont pas le
pouvoir d’un vrai parlement. Il y a des rencontres entre
ministres européens où le citoyen ne sait plus qui
est qui et qui propose quoi. En plus, de 6 pays, on est passé à 15.
En mai 2004, ils seront 25 Etats membres. En 2007, 27 pays… Bien
malin celui qui s’y retrouve dans le fonctionnement et la
structure de l’Union européenne. Une structure et
un fonctionnement qui pouvaient marcher pour six pays. Mais aujourd’hui?
Solution
Les chefs d’Etat et de gouvernement s’en sont
rendu compte, il y a déjà quelques années.
Et, en 2000, ils décident d’un traité qui doit
tout régler, tout simplifier. C’est le Traité de
Nice. Mais ce traité complique encore les choses. Les dirigeants
des Etats européens créent alors une Convention.
Le mot est fort. Dans l’histoire politique des Etats, une
convention aboutit à une constitution. En plus, cette convention
des Etats de l’Union européenne rappelle la convention
des Etats-Unis signée par les 13 premiers Etats des Etats-unis
d’Amérique en 1787. En mars 2003, la convention européenne
se met au travail. Elle a un an pour faire aboutir un nouveau projet
pour l’Europe. Cette convention regroupe 105 membres: représentants
des gouvernements, des parlements nationaux et européen,
de la Commission. Son président? Valéry Giscard d’Estaing,
ancien président de la République française,
et démocrate-chrétien. Un des vice-présidents
est Jean-Luc Dehaene, ancien Premier ministre belge.
Une convention
pour quoi faire?
Les missions de la Convention? D’abord, rassembler
en un texte les grands principes et les valeurs de l’Union
européenne.
Rien d’insurmontable. On y trouve les valeurs de liberté,
de démocratie, de solidarité, de tolérance,
des droits de l’homme... On y trouve aussi, bien entendu,
les valeurs du marché. L’autre mission de la convention
est autrement plus compliquée. Il s’agit de trouver
un fonctionnement plus efficace à l’Union européenne.
Il faut redéfinir le rôle des ministres des Etats
membres, des parlementaires européens, de la Commission...
Il faut aussi accorder à chaque pays un poids dans la décision
en tenant compte de sa population. Tout ça sans choquer
les grands pays de l’Union comme la Grande-Bretagne ou l’Espagne.
Mais il ne faut pas, non plus, nier les petits pays qui seront
nombreux après mai 2004. Ce n’est pas simple.
Egoïsmes
La preuve? La Convention propose de simplifier les
prises de décisions
au Conseil de ministres. Elle veut réduire le nombre de
Commissaires européens et modifier la répartition
des élus au parlement européen. Bref, il y a de quoi
bouleverser les accords et les marchandages passés entre
les pays membres. Fin mai, la Convention a présenté son
projet aux Etats membres de l’Union européenne. Beaucoup
ont protesté. Chaque Etat a peur de perdre ses avantages
acquis. La Convention est une toute grande idée, mais les
intérêts des uns et des autres risquent d’aboutir à de
tous petits changements.
Thierry Verhoeven
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