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Elections législatives
Femmes en politique: ça va de soi?

Joëlle Milquet, présidente du CDH est l'une des seules femmes
à la tête d'un parti (Photo: Belga) |
Le 18 mai dernier, les
listes proposées aux électeurs
devaient être composées d’autant de candidats
que de candidates. Et les deux sexes devaient être représentés
aux trois premières places de chaque liste. Mais quel a été l’impact
de ces nouvelles règles sur le résultat des récentes élections?
A la Chambre, 52 femmes et 98 hommes ont été élus.
Le nombre d’élues atteint ainsi 34,6 %. Ce chiffre était
seulement de 19,3% aux élections législatives précédentes,
le 13 juin 1999. Parmi les 62 élus francophones, 24 sont
des femmes, soit 38,7%. Cette proportion n’est que de 31,8%
du côté des élus néerlandophones. Les
circonscriptions les plus féminines sont celles du Hainaut
et d’Anvers.
Au Sénat, le nombre de femmes augmente de façon un
peu moins sensible par rapport aux dernières élections.
Dans cette assemblée, le pourcentage de femmes élues
passe de 30 à 37,5%. Avec toujours, une proportion un peu
plus grande au Sud du pays qu’au Nord. Petit rappel historique
qui peut mesurer le chemin parcouru: jusqu’à la fin
des années 1960, la représentation des femmes au
Parlement ne dépassait pas les 3%!
Des réglementations
efficaces
Lors des prochaines élections législatives,
normalement prévues pour 2007, une autre règle fera
son apparition. Les deux premières places de chaque liste
ne pourront plus être
occupées par des candidats d’un même sexe. Cette
année, de nombreux partis politiques ont déjà anticipé cette
obligation. Ainsi, pour l’élection à la Chambre,
cette alternance des sexes existait déjà dans près
de 7 listes sur 10. Ce chiffre était un peu moins important
pour le Sénat. Pour contre, les femmes n’apparaissaient
en tête de liste que dans 24,8% des cas à la Chambre
et dans 23,8% des cas au Sénat.
Dans le bon sens
Une chose est certaine. Suite aux nouvelles réglementations,
le nombre d’élues a sensiblement augmenté.
Néanmoins, malgré ces mesures, il reste un décalage
entre le pourcentage de candidatures et le nombre d’élues.
Une autre remarque est aussi à prendre en compte. Elle concerne
la défaite d’Ecolo et d’Agalev ainsi que la
stagnation du CD&V. En effet, ces partis mettent traditionnellement
les femmes en valeur.
Mais pour que l'égalité entre
les sexes continue à s’améliorer,
ce changement doit impérativement aussi se faire à l’intérieur
même des partis. A l’heure actuelle, trop de fonctions
importantes sont encore occupées par des hommes qui cumulent également
plusieurs fonctions. Les femmes restent trop souvent absentes des
instances dirigeantes des partis. Il reste du travail sur ce plan.
Poursuivre
le combat
Malgré tous ces efforts, les femmes sont encore
sous-représentées
en politique. Pourtant, elles représentent plus de la moitié de
la population. Cette sous-représentation des femmes est
un manquement de la démocratie. Un partage du pouvoir et
des responsabilités entre les hommes et les femmes est important
pour plusieurs raisons. Il permettra de prendre davantage en compte
les besoins des femmes dans les différentes politiques menées
par les dirigeants. Il contribuera ainsi à améliorer
la qualité de vie de l’ensemble de la population.
L’enjeu
de la parité ne peut se réduire à la
simple formule arithmétique de 50 % d’hommes et de
50 % de femmes siégeant dans les assemblées politiques.
La parité n’est pas une fin en soi. Certes, il s’agit
d’un principe démocratique. Mais c’est aussi
un moyen pour porter d’autres questions sur la place publique.
Et donc pour mener une politique plus égalitaire et pour
gérer la vie publique d’une autre manière…
Joëlle
Van Gasse
Pour en savoir plus:
http://www.amazone.be
http://www.votezlaparite.be
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