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Soudan
Une loi inhumaine
Le 17 mai, un tribunal de la ville de Nyala
dans l’Ouest
du Soudan a condamné une jeune fille de quatorze ans à une
peine de flagellation. La jeune fille devrait recevoir cent coups
de fouet. Et elle est enceinte de neuf mois. Amnesty International
lance une action en faveur de cette jeune fille.
La jeune fille
a été arrêtée par des
membres de la police chargés de faire respecter les “bonnes
mœurs”. Le tribunal pénal provincial de Nyala
l’a reconnue coupable d’adultère, parce qu’elle
n’était pas mariée et qu’elle est enceinte
de neuf mois. Un homme d’affaires de vingt-cinq ans avait
aussi été mis en cause dans cette affaire. Mais il
a été acquitté, faute de preuves. La jeune
fille a pu se faire défendre par un avocat. Elle a fait
appel de la décision du tribunal. Elle a argumenté en
disant qu’elle est enceinte et qu’elle n’est
donc pas physiquement apte à subir un tel châtiment.
L’avocat de la jeune fille a également fait valoir
que le tribunal n’avait pas tenu compte de l’âge
de la jeune fille.
Des peines cruelles
Au Soudan, l’adultère est considéré comme
une infraction pénale. Parmi les peines prévues par
le Code pénal au Soudan, on trouve la flagellation, l’amputation
et la lapidation. Ce code pénal se fonde en partie sur la
Charia. Les articles du code pénal soudanais qui punissent
l’adultère sont généralement appliqués.
Ainsi, en janvier 2002, Abok Alfa Akok avait été reconnue
coupable d’adultère. Elle avait été condamnée à être
exécutée par lapidation. Par contre, l’homme
accusé dans le cadre de la même affaire avait été mis
hors de cause. Finalement, la peine de mort a été commuée.
Abok Alfa Akok a reçu 75 coups de fouet. Son avocat n’a
pas pu s’y opposer parce que la peine a été appliquée
su le champ.
En novembre 2002, 17 femmes du village de Munawashi, à 80
km au nord de Nyala ont été condamnées à recevoir
100 coups de fouet chacune. Aucun avocat n’a pu s’y
opposer puisque, là aussi, la peine a été exécutée
sur le champ. La loi soudanaise prévoit pourtant que l’on
puisse établir si les condamnés sont aptes physiquement à subir
un tel châtiment.
Une situation dramatique
Au Soudan, les droits des femmes sont
systématiquement bafoués.
Ainsi, à Khartoum, les femmes ont vu leur liberté de
mouvement se réduire considérablement. Et le contexte
politique du Soudan n’arrange rien à l’affaire,
En effet, depuis des années, ce pays est ravagé par
une guerre civile. L’armée régulière
et diverses milices d’opposition s’affrontent pour
contrôler le pétrole.
Dans ce contexte de guerre civile,
les droits humains ne pèsent
pas lourd. Et les droits des femmes pèsent encore moins.
L’esclavage sexuel, le viol ou la grossesse forcée
sont apparemment très répandus. Le viol est considéré comme
une arme de guerre et utilisé par les deux camps qui s’affrontent.
Le but est d’humilier et de déshumaniser les civils
dans les zones de conflit. On signale notamment que des femmes
sont enlevées, alors qu’elles ramassaient du bois
ou allaient chercher de l‘eau. Elles sont ensuite réduites
en esclavage.
Faire respecter ses engagements
C’est dans ce contexte général
que s’inscrit
la condamnation de cette jeune fille de quatorze ans.
Mais dans le cadre de cette affaire, il y a un élément
en plus : l’âge de la femme condamnée. Or, le
Soudan, comme d’autres pays a signé la Convention
relative aux droits de l’enfant. Ce pays a aussi adhéré au
Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Amnesty
veut donc faire pression sur le gouvernement soudanais pour qu’il
respecte les engagements qu’il a pris en signant ces conventions.
Lydia
Magnoni
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