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Alpinisme
L'Everest vaincu depuis 50 ans
Un anniversaire n'est pas passé inaperçu
en cette fin du mois de mai. Celui de la première ascension
de l'Everest réalisé par Tenzing Norgay et Edmund
Hillary. Retour sur un exploit qui, 50 ans plus tard, fait toujours
rêver
les amoureux de la montagne.

Photo: Belga |
C'était le 29 mai 1953 sur le
coup de 11 heures 30. Le sherpa Tenzing Norgay et le Néo-Zélandais
Edmund Hillary réalisaient l'exploit de poser les pieds
sur le "toit
du monde": l'Everest, qui culmine aujourd'hui à 8850
mètres au-dessus du niveau de la mer. Les deux hommes faisaient
partie d'une expédition britannique, dirigée par
le colonel John Hunt. En voyant partir ses deux alpinistes, ce
dernier leur avait lancé cette phrase qui en disait long: "N'abandonnez
pas, mais revenez!".
Pas seulement un exploit sportif
Il faut dire qu'à l'époque,
l'enjeu était
de taille et dépassait le simple exploit sportif. Tour à tour
depuis le début des années 1920, Britanniques, Américains,
Suisses et Français avaient tenté de planter les
premiers leur drapeau en haut de l'Everest. Et cela, quitte à perdre
des hommes en cours de route... Les Britanniques tenaient particulièrement à cette
première historique. En effet, le "toit du monde" portait
le nom de l'un des leurs: Georges Everest. Celui-ci avait, en 1841, été le
premier à identifier le plus haut sommet de la planète
qu'il avait appelé "Pic XV". Quelques années
plus tard, l’appellation “Everest ” s'est imposée
sur les cartes géographiques. Pourtant au Tibet et au Népal,
les deux pays qui abritent l'Everest, le nom de cette montagne
a des allures plus poétiques. Ainsi, les Tibétains
la nomment Chomolungma, ce qui signifie "déesse mère
du monde". Et les Népalais parlent de Sagarmatha, qui
veut dire "déesse des vents".
Une zone où l'on
flirte avec la mort
Depuis 1953, pas moins de 1200 personnes ont
imité Norgay
et Hillary. Néanmoins, ce chiffre impressionnant ne doit
pas faire oublier l'extrême difficulté de l'exploit.
D'ailleurs, dans le même temps, 176 alpinistes y ont laissé la
vie. Et pour cause, une personne non acclimatée ne peut
pas survivre plus de quelques minutes à une altitude de
plus de 8000 mètres. Tout là-haut, les capacités
physiques et mentales de l'être humain ne sont même
plus de 30%.
Une difficulté importante: le froid qui peut
provoquer des engelures.
Mais surtout, le manque d'oxygène et la chute de la pression
atmosphérique. A cause de cela, les poumons ne peuvent plus
absorber correctement l'oxygène. Et cela peut rapidement
provoquer un oedème pulmonaire et donc la mort.
Des pentes
toujours plus fréquentées Malgré tout, de plus
en plus d’expéditions
se précipitent vers le sommet. Plus d'un tiers des ascensions
victorieuses ont été réalisées ces
trois dernières années. Certains jours de printemps,
lorsque la météo est favorable, les alpinistes se
bousculent dans cette contrée qui fait partie des plus hostiles
de la planète. Même si les expéditions doivent
payer 70 000 euros pour avoir le droit d'escalader ce "monstre".
En 2003, année du 50ème anniversaire de la première
ascension, il y avait foule sur les pentes de l'Everest. On y comptait
50 expéditions. Parmi celles-ci, une équipe franco-belge
dont certains membres ont atteint le sommet le 22 mai dernier.
Un danger guette désormais l'Everest: devenir un "must" pour
les plus riches, prêts à toutes les dépenses
pour arriver au but. Pourtant, là comme ailleurs, la montagne
exige courage et humilité. Edmund Hillary l’avait
compris. Lui qui refuse de se prendre pour un héros. Et
qui, à 83 ans, aide encore et toujours les Népalais
pour qui il a déjà fait construire des dizaines d’écoles
et d’hôpitaux. A jamais un grand monsieur, cet Hillary...
Anouck
Thibaut
Voir www.everest-2003.org
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