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Elections 18 mai
Comment forme-t-on un gouvernement?
Les élections législatives
ont eu lieu le 18 mai dernier. En fonction des résultats,
le nouveau gouvernement va être formé. En voici les
grandes étapes.

Photo: Jean-Luc Flémal
Plusieurs semaines avant les élections,
le gouvernement sortant entre dans une période dite “d’affaires
courantes”. Les ministres continuent à gérer
leur portefeuille et les dossiers déjà engagés.
Mais en principe, ils évitent d’ouvrir des dossiers
qui pourraient avoir des conséquences pour le futur gouvernement.
Ensuite, on entre dans la période des “affaires prudentes”.
Jusqu’au dernier jour avant la prestation de serment devant
le Roi du futur gouvernement, les anciens ministres restent en
place. Ils peuvent être appelés à agir en cas
d’urgence ou d’affaire grave, comme une catastrophe
importante ou une déclaration de guerre par exemple.
Un informateur
pour déblayer le terrain…

Elio Di Rupo, président du PS,
a été désigné comme informateur
(photo: Jean-Luc Flémal) |
Au lendemain des élections
et dès les résultats
définitifs connus et vérifiés, le Roi convoque
les représentants des partis qui ont gagné les élections.
Le souverain dispose de deux critères pour désigner
les vainqueurs. Soit le nombre de sièges obtenus au Parlement
par chaque parti. Soit le nombre de voix recueillies par eux. Cela
dépend surtout de l’écart qui existe entre
les différents partis. La Belgique étant un Etat
fédéral, elle est aussi composée de deux communautés
linguistiques. Le Roi doit donc tenir compte des résultats
dans les deux parties du pays.
Pour préserver l’équilibre
entre toutes les composantes du pays, le Roi va d’abord désigner
un informateur. Il s’agit d’un homme politique expérimenté et
influent qui va devoir consulter tous les présidents de
partis, même ceux qui sont considérés comme
perdants dans ces élections. Il va tâter le terrain
et essayer de voir quels partis pourraient éventuellement
former une coalition. Il va aussi consulter ce qu’on appelle
les forces vives du pays: les syndicats, les organisations patronales,
les grandes entreprises publiques et les représentants du
monde associatif et culturel. Bref, tous ceux qui peuvent lui donner
des informations sur la situation économique et sociale
du pays, mais aussi sur les sentiments de l’opinion publique.
Au
terme de ces consultations, l’informateur va établir
un rapport sur l’état du pays. Il va épingler
les priorités qui semblent se dégager et qu’il
faudrait suivre dans le programme du prochain gouvernement.
… et un formateur pour former un gouvernement

Guy Verhofstadt a été chargé de former le nouveau gouvernement
(photo: Jean-Luc Flémal) |
Le Roi désigne
alors un formateur. Généralement,
ce n’est pas la même personne que l’informateur.
Ainsi cette fois, Albert II a choisi Elio Di Rupo, président
du parti socialiste et francophone comme informateur. Et Guy Verhofstadt,
libéral et néerlandophone comme formateur. Le formateur
va lui aussi consulter beaucoup de monde, surtout les partis susceptibles
de former une coalition. Il va tenter de les mettre d’accord
sur les grandes lignes d’une déclaration gouvernementale.
Ce texte va servir de base au travail du gouvernement durant les
4 ans que va durer la législature.
En général,
le formateur parvient alors former un gouvernement sur papier.
En principe, ce gouvernement est d’accord
pour pratiquer une même politique et pour désigner
les personnalités qui occuperont les différents ministères.
Ce dernier point est très important parce que les ministres
de la Justice, des Finances, de la Santé ou des Affaires étrangères
ont beaucoup d’influence dans le gouvernement. Le Roi va
donc approuver la proposition du formateur et éventuellement
le désigner comme Premier Ministre. Il deviendra alors le
nouveau chef du gouvernement.
Thierry Vangulick
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