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Réfugiés afghans
Grève de la faim pour un peu d'humanité
Durant 22 jours en juillet et en août, 200 candidats
réfugiés politiques afghans ont fait la grève
de la faim à Bruxelles. Ils ont finalement obtenu un accord
qui vaut désormais pour tous les réfugiés.

200 réfugiés afghan ont occupé
l'église Sainte-Croix à Bruxelles
(Photo: Belga)
Le
24 juillet, plusieurs dizaines de réfugiés afghans
sont entrés dans l’église Sainte-Croix à Bruxelles.
Ils ont entamé une grève de la faim. Très
vite, ils ont été rejoints par d’autres Afghans
et soutenus par le voisinage ainsi que par plusieurs associations.
A ce moment, le nouveau gouvernement fédéral venait
tout juste d’être formé. Pour le nouveau ministre
de l’Intérieur, le libéral flamand Patrick
Dewael, c’est un début explosif.
Un pays encore instable
Qui étaient ces grévistes
de la faim et que voulaient-ils? Ils étaient tous des candidats
réfugiés et
leur demande d’asile avait été refusée
par la Belgique. Ils avaient reçu un ordre de quitter le
territoire et étaient donc menacés d’être
reconduits en Afghanistan. Or, ces candidats réfugiés
disent que leur vie est menacée s’ils retournent dans
leur pays d’origine. On peut facilement les croire…
En
effet, selon de nombreux rapports d’organisations internationales
et humanitaires, l’Afghanistan est encore totalement dans
le chaos. Certes, les troupes étrangères qui ont
fait tomber le régime des talibans sont toujours présentes.
Mais, en réalité, seule la capitale, Kaboul, est
relativement sécurisée. Le reste du pays est aux
mains de bandes armées et de groupes favorables aux talibans.
Et les droits de l’Homme sont loin d’être respectés.
Les femmes n’ont toujours strictement aucun droit. La vie
humaine ne vaut pas cher.
Dans ces conditions, il est difficile
de comprendre pourquoi la Belgique a refusé l’asile
aux réfugiés
afghans. Les grévistes de la faim veulent obtenir le statut
définitif de réfugié politique. Mais dès
le départ, le ministre de l’Intérieur et le
gouvernement ont refusé de les régulariser collectivement.
L’affaire a d’ailleurs provoqué des tensions
entre socialistes et libéraux au sein du gouvernement.
Un
accord valable pour tous
Finalement, le 14 août, un accord
a été trouvé grâce à l’intervention
du médiateur fédéral, Pierre-Yves Monette,
qui a pu faire avancer les négociations. Comme il ne dépendait
pas directement du ministre, les réfugiés ont eu
confiance en sa neutralité. Les réfugiés et
les responsables politiques se disent satisfaits de l’accord.
Les deux parties ont fait des concessions. Mais que dit l’accord?
Tout
d’abord, l’ordre de quitter le territoire est
suspendu jusqu’en juillet 2004, pour les familles avec enfants
scolarisés. Pour les personnes seules et les familles sans
enfants, la date est fixée au 1er mars 2004. A ce moment-là,
le Commissariat aux réfugiés tiendra compte de la
situation en Afghanistan avant de prendre sa décision d’autoriser
ou non ces réfugiés à rester en Belgique.
Un
accord valable pour tous les réfugiés
Ensuite, le
gouvernement accepte de réétudier chaque
cas individuellement. Par ailleurs, tous les réfugiés
qui avaient demandé l’asile avant janvier 2003 et
ne l’avaient pas obtenu, pourront travailler. Le texte de
l’accord précise aussi que les personnes qui ont demandé le
statut de réfugié et qui n’ont pas reçu
de réponse dans un délai de trois ou quatre ans pourront
automatiquement être régularisées. Sauf, bien
entendu, si le ministre estime qu’elles représentent
un danger pour l’ordre public.
Le plus important dans cette
affaire est que l’accord obtenu
par les Afghans est valable pour tous les candidats réfugiés
politiques. La grève de la faim des 200 Afghans aura donc
permis d’obtenir un peu plus d’humanité pour
tous…
Marc Vandermeir
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