| Le
coin de Roger
Canicule
Si vous pensiez que j’allais profiter des vacances
pour devenir original, vous vous êtes fourrés le doigt
dans l’œil. Ainsi, de quoi vais-je parler dans ce “Coin
de rentrée”? Du sujet brûlant qui a été au
centre de toutes les conversations ces dernières semaines:
la ca-ni-cule !
Pour ceux qui, comme moi, sont des amateurs de
dialogues sans intérêt
sur la pluie et le beau temps, cette quinzaine caniculaire a été du
pain bénit. Encore que, j’ai surtout observé que
les gens dans les files des supermarchés communiquaient à l’économie… Comme,
par exemple, ce monsieur accablé par la chaleur et qui avait
le visage dégoulinant. Avec un simple soupir adressé à la
dame de la file d’en face, il est parvenu à faire
passer le message suivant: “ Fait malade, hein madame? ”.
Du moins, c’est ce que j’ai cru comprendre…
Puis,
il y a les expressions plus imagées: “ on cuit ”, “ qué sauna ”, “ on
dormirait bien dans sa cave ”, “ y’a pas d’air ”.
Personnellement, j’ai toujours eu un faible pour cette façon
bien de chez nous de parler de la transpiration: “ Chaque
pwèy a s’goutte ” (chaque poil a sa goutte)
. Ce à quoi il faut répondre: “ èyèt
les fourtchus ‘n d’ont deûs ” (et les fourchus
en ont deux).
Pour alimenter ces conversations passionnantes, les
médias
s’en sont donné à cœur
joie en multipliant
les interviews des spécialistes du climat. Je ne savais
d’ailleurs pas combien ils étaient nombreux. Tour à tour,
ils ont donné des prévisions plus alarmantes les
unes que les autres. En écoutant les parlottes de supermarchés
(oui, j’y passe ma vie, sachez-le une fois pour toutes!),
j’ai remarqué que le pronostic suivant avait tout
particulièrement frappé les esprits. Dans un avenir
pas si lointain, la Côte d’Azur pourrait être
transformée en désert saharien et voir débarquer
des dromadaires. Et Vresse-sur-Semois pourrait connaître
des incendies de forêt à cause de son climat méditerranéen.
Les experts ne disent pas ce que deviendrait l’Afrique dans
ce scénario. Mais à mon avis, ce continent devrait
ressembler très fort à la surface du soleil.
Finalement,
ce qui est rassurant, c’est qu’on se pose
des questions. Et si l’été 2004 ressemble à l’été 2003,
on va peut-être même bien commencer à paniquer
pour de bon. J’entends déjà certains de mes
proches dire qu’ils vont modifier leurs habitudes. J’espère
que ce changement ne se limitera pas à acheter, en promo
chez Makro, une tonnelle pour la terrasse. Ou encore, à prendre
l’air conditionné en option lorsqu’ils changeront
de voiture. Ce serait un “clim ” contre l’Humanité …
Roger
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