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Larzac
Grande mobilisation des alter-mondialistes
Au début du mois d’août, plus de
200 000 personnes se sont réunies au beau milieu des champs,
sur le plateau du Larzac en France. Elles ont répondu à l’appel
de la Confédération paysanne de José Bové et
du mouvement ATTAC. Ce grand rassemblement avait pour but de trouver
des réponses à la mondialisation de l’économie.
José Bové attendait
100 000 personnes… Finalement,
elles ont été plus du double à s’y retrouver
durant trois jours. Leur but était de trouver des alternatives à la
mondialisation, principalement dans le domaine de l’agriculture.
Il s’agissait aussi de préparer une riposte au prochain
sommet de l’OMC qui se tiendra à Cancun, au Mexique,
en septembre.
Le plateau du Larzac n’avait d’ailleurs
pas été choisi
au hasard. Comme l’a rappelé José Bové,
c’est là que la contestation citoyenne a débuté en
Europe. Il y a 30 ans, le gouvernement français avait choisi
cette terre de bergers pour y établir un gigantesque camp
militaire. A l’époque, les paysans de la région
et les pacifistes s’étaient mobilisés pendant
des mois avant d’obtenir gain de cause. Depuis, ces terres
sont devenues un symbole de la résistance au pouvoir.
Tout
est lié
Trente ans plus tard, le mouvement citoyen ne s’est
pas essoufflé.
Durant trois jours, dans des forums ou sur les stands des associations,
les alter-mondialistes ont dénoncé ce qu’ils
considèrent comme des attaques contre les citoyens: la libéralisation des services publics, le démantèlement des droits
sociaux, la décentralisation, la répression policière,
les brevets sur les modifications génétiques animales
ou végétales, la surconsommation, l'intervention
américano-britannique en Irak, la politique israélienne
vis-à-vis des Palestiniens. Des thèmes qui, finalement,
dépassent de loin les problèmes de l’agriculture.
Mais pour les alter-mondialistes, tout est lié : l’économie
et l’environnement, la santé et le commerce, la paix
et la démocratie.
Contre l’AGCS
Un des principaux thèmes abordés
au Larzac était
le projet d'Accord Général sur le Commerce et les
Services (AGCS) qui sera au centre des discussions lors du prochain
sommet de Cancun. Cet accord prévoit de redéfinir
les règles du commerce qui devraient désormais s’appliquer à l’ensemble
des échanges commerciaux entre les pays, mais aussi les
règles d’organisation de ces pays. Exemple: le transport
des personnes et des marchandises. Comment et par qui sera-il organisé à l’avenir?
Par l’Etat ou uniquement par le secteur privé? Cette
grande réorganisation devrait concerner presque tous les
domaines de la vie. Les seuls services qui seraient exclus de l’AGCS
sont ceux qui n’entrent pas en concurrence avec le privé,
comme la justice, la police ou l’armée. Les adversaires
de l’AGCS considèrent ce projet comme une menace.
En effet, la privatisation de secteurs comme l’éducation,
la culture, la santé, la gestion de l'eau ou de l'environnement...
n’est pas sans danger. Les participants au rassemblement
de Larzac exigent une suspension de ces décisions. Ils demandent également
que les citoyens puissent réellement participer à l’élaboration
des décisions qui concernent leur futur.
Des agriculteurs
belges dans la foule
Quelques agriculteurs belges s’étaient
déplacés
jusqu’au plateau du Larzac. Ils voulaient témoigner
des problèmes de l’agriculture dans notre pays. Leur
but était aussi de découvrir comment ces problèmes étaient
vécus dans d’autres pays. Jean-François Bavay
participait pour la première fois à un tel rassemblement.
Il explique: “ Ce qui m’a vraiment frappé durant
ces trois jours, c’est que tous ces gens avait une véritable
envie de comprendre ce qu’on nous prépare pour l’avenir.
Et ce, aussi bien dans le domaine de l’alimentation, de la
santé ou des droits de l’Homme. J’ai rencontré des
gens inquiets, qui cherchent des solutions concrètes pour
ne pas subir les effets de la mondialisation sans réagir ”.
Thierry
Vangulick
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