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"L'affaire Kelly"
La fin de Tony Blair?

Le Premier ministre britannique, Tony Blair entre dans sa
résidence du 10, Downing Chair (Photo: Belga)
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En juillet, le scientifique britannique David Kelly
s’est suicidé. C’est lui qui avait permis à un
journaliste de révéler que le gouvernement britannique
a menti pour justifier la guerre en Irak.
Le 22 septembre 2002, le gouvernement britannique de Tony Blair
publiait un document sur les armes de destruction
massive en Irak.
Ce document contenait notamment l’information suivante: le
régime irakien est capable de lancer, en 45 minutes, des
missiles de longue portée, bourrés de produits chimiques
mortels. Ce rapport et surtout cette information étaient
présentés comme les résultats d’enquêtes
menées par les services secrets britanniques. Ils joueront
un rôle décisif dans la décision du gouvernement
britannique d’entrer en guerre en Irak aux côtés
des troupes américaines.
Un mensonge révélé par
la presse
Le 17 juillet 2003, le cadavre de David Kelly est découvert
non loin de chez lui. Cet homme était un scientifique très
respecté. Sa mort aurait un lien direct avec la guerre en
Irak…
En effet, après l’entrée en guerre
de la Grande-Bretagne en Irak, un reportage de la prestigieuse
chaîne publique
de radio BBC apportait une information étonnante. Selon
le journaliste Andrew Gilligan, le gouvernement britannique aurait
volontairement exagéré le danger des armes irakiennes.
En agissant ainsi, il voulait que l’opinion publique soutienne
plus largement l’entrée en guerre! Le reportage de
la BBC s’appuyait sur des informations très précises
qui ne pouvaient que provenir d’un scientifique de haut niveau,
connaissant parfaitement la situation en Irak.
Le journaliste a
d’abord refusé de donner le nom du
scientifique qui lui avait révélé cette information.
Mais le ministre de la Défense a avancé le nom de
David Kelly. Cet homme qui travaillait au ministère de la
Défense connaissait tout sur l’armement irakien. Kelly
a ensuite été convoqué par une commission
parlementaire et a admis être une des sources du journaliste.
Malheureusement, cet homme discret et honnête n’a pas
résisté à la pression psychologique due aux
accusations du gouvernement. Et il s’est donné la
mort.
Tony Blair perd toute crédibilité
Depuis la mort
de Kelly, la justice britannique a ouvert une enquête
qui été confiée au juge Brian Hutton. Ce juge
a même convoqué le Premier ministre Tony Blair pour
témoigner. Suite à l’affaire Kelly, on pense
que la carrière du Premier ministre britannique est finie.
Tony Blair devrait entraîner son gouvernement dans sa chute.
En effet, un sondage a indiqué que seuls 6% des Britanniques
avaient encore confiance dans leur gouvernement. L’opposition
conservatrice se voit déjà de retour au pouvoir.
L’enquête du juge Hutton devra établir les
responsabilités.
Car le fait d’avoir délibérément menti
pour justifier la guerre est terriblement grave. Pour le journaliste
de la BBC et pour beaucoup de spécialistes, c’est
Alistair Campbell qui a eu l’idée de rajouter la fameuse
phrase concernant les armes de destruction massive en Irak. Cet
homme est le bras droit de Tony Blair et son directeur de la communication.
Campbell est le bras droit de Blair. Cet ancien journaliste est
aussi un grand spécialiste dans l’art de manipuler
l’opinion. Il nie être l’auteur de la phrase.
Mais il a malgré tout démissionné fin août.
Finalement, peu importe de savoir qui exactement a ajouté cette
phrase. Le résultat est que le gouvernement de Tony Blair
a menti. Le Premier ministre a d’ailleurs aussi perdu toute
sa crédibilité d’homme d’Etat. Tout le
monde le présente désormais comme le “caniche” du
président américain Georges Bush…
Le bourbier
irakien
Entre-temps, en Irak, on n’a toujours pas trouvé d’armes
de destruction massive. La présence de tels armements apparaît
de plus en plus comme un terrible mensonge. Et ce mensonge a provoqué l’envoi
au combat de milliers de soldats britanniques et américains
ainsi que la mort de dizaines d’entre eux. Depuis, les attentats
et les attaques contre les forces occidentales se poursuivent.
Le 20 août, un camion piégé a explosé devant
les bâtiments de l’ONU à Bagdad, faisant une
vingtaine de mort, dont le représentant de l’ONU.
Puis, le 29 août, deux voitures piégées ont
explosé devant une mosquée, provoquant la mort d’au
moins 84 personnes. Les troupes américano-britanniques sont
prises dans un bourbier. C’est ce que tous les opposants à la
guerre avaient prédit…
Marc Vandermeir
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