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Libéria
Une impossible paix?
Depuis 14 ans, le Libéria est plongé dans
une guerre civile. Le 11 août dernier, le président
Charles Taylor a quitté le pays. Accusé de crimes
de guerre et de crimes contre l’humanité, il a été accueilli
au Nigeria, un pays voisin. Le Libéria va-t-il enfin retrouver
la paix? Rien n’est moins sûr…
Indépendant
depuis 1847, le Libéria a une histoire
particulière. Son nom signifie “ terre de liberté ”.
Et sa capitale, Monrovia, a été appelée ainsi
en l’honneur du président américain Monroe.
En 1822, des milliers d’esclaves affranchis quittent les
Etats-Unis pour venir se “ réinstaller ” en
Afrique. La Société américaine de colonisation,
une association philanthropique, est à l’origine de
ce “ retour ”. Ces esclaves libérés s’installent
dans l’ouest de l’Afrique, dans la région de
ce qui allait devenir le Libéria. Avec le soutien des Etats-Unis,
ils soumettent les populations locales, non sans violence. Un système
déséquilibré se met alors en place entre les
deux groupes. Cent ans plus tard, les premières grandes
entreprises américaines viennent s’installer au Libéria.
Depuis, les deux pays entretiennent toujours des liens particuliers…
Une
histoire agitée
Depuis une vingtaine d’années,
les coups d’Etat
se sont succédés au Libéria. En 1980, le président
Tolbert est assassiné. Samuel K. Doe, un militaire, prend
le pouvoir. Il mènera un régime autoritaire. En 1989,
un petit groupe de combattants formés en Libye pénètre
au Libéria. Il s’agit du NPFL qui va déclencher
cette guerre civile qui durera 14 ans. Charles Taylor fait partie
de ce groupe qui renversera le président Doe en 1990. Le
Libéria va alors connaître plusieurs tentatives d’accords
de paix, qui ont toutes échoué. Pourtant, en 1997,
Charles Taylor remporte les élections présidentielles.
Un
pouvoir contesté
Néanmoins, l’arrivée
au pouvoir de Charles Taylor ne fait
pas l’unanimité.
En 2000, l’ancien
rebelle doit combattre des guérillas, dont la plus importante
est le LURD. Durant des années, les combats se poursuivent.
Des milliers de civils sont massacrés ou contraints à l’exode.
Par
ailleurs, Charles Taylor est aussi accusé d’être
impliqué dans les conflits en Côte d’Ivoire, à la
fin de l’année dernière. En effet, le LURD
s’est organisé en Côte d’Ivoire avec,
probablement, l’accord des autorités ivoiriennes.
Il semble que Charles Taylor ait encouragé les rebelles
qui s’en sont pris au gouvernement ivoirien. De plus, Charles
Taylor a également été accusé d’avoir
encouragé la guerre en Sierra Leone. Il a d’ailleurs été inculpé par
la justice internationale pour crimes de guerre et crimes contre
l’humanité.
Le départ de Charles Taylor
En août dernier,
le président libérien a donc
quitté le pays pour se réfugier au Nigeria. Il avait
posé deux conditions à son départ: l’intervention
d’une force militaire internationale de paix et l’implication
des Etats-Unis. En effet, aujourd’hui encore, des entreprises
américaines exploitent les ressources du Libéria
pour fabriquer le caoutchouc nécessaire pour la fabrication
de pneus. En posant ces deux conditions, Charles Taylor s’était
donné un air de “ conciliateur ”. Il s’en
est donc allé tranquille, et riche de ses pillages.
Récemment,
la force d’intervention ouest africaine,
composée principalement de soldats nigérians, est
arrivée au Libéria. Sa dernière intervention,
en 1991, a laissé des souvenirs désagréables
aux habitants. Ceux-ci avaient subi des pillages et des massacres.
La paix semble d’ailleurs bien compromise. En effet, Moses
Blah, l’actuel président faisant fonction du Libéria,
est également issu du NPFL. Il est soutenu par les institutions
internationales. Mais les rebelles, divisés en deux factions
depuis mars, ont juré de s’opposer à ce nouveau
chef…
Colette Fort
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