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Violence conjugale
Faits divers
Photo:
Jean-Luc Flémal
Début août, l’actrice Marie Trintignant
est morte. Elle n’avait que 41 ans. Si sa mort a fait beaucoup
de bruit, ce n’est pas seulement parce qu’elle était
une actrice connue du grand public. C’est aussi parce qu’elle
est morte suite aux coups que son compagnon, Bertrand Cantat lui
a portés au visage…
Au moment de sa mort, Marie Trintignant tournait à Vilnius,
en Lituanie, un film sur la vie de l’écrivaine Colette.
C’est une soirée de fin de tournage. Marie Trintignant
et Bertrand Cantat ont pas mal bu. Suite à un sms de l’ancien
compagnon de Marie, une dispute violente éclate. Bertrand
frappe Marie au visage. Puis, il la met au lit avec une compresse
sur le front. Il ne se rend pas compte tout de suite que son état
est grave. Marie est déjà dans le coma quand il appelle
les secours. On l’opèrera sans succès. Les
coups ont provoqué des lésions cérébrales.
Marie Trintignant sera ramenée en France pour y mourir.
Elle est enterrée au Père-Lachaise, non loin de la
tombe de Colette.
Marie Trintignant était une actrice connue
depuis son plus jeune âge. Elle venait d’une famille
de cinéma.
Elle était la fille de l’acteur Jean-Louis Trintignant
et de la réalisatrice Nadine Trintignant. Son compagnon,
Bertrand Cantat, était lui aussi un personnage public. Il
est le chanteur du groupe Noir Désir. Si l’histoire
ne concernait pas deux personnages aussi connus, elle ne serait
qu’un simple fait divers. Un fait divers navrant qui laisse
un goût de gâchis. Mais cette histoire navrante nous
rappelle que la violence conjugale peut parfois être meurtrière.
Par sa mort, Marie Trintignant est un peu devenue le symbole de
cette violence conjugale qui tue.
Un phénomène de
société
La violence conjugale concerne tous les pays,
toutes les classes sociales, les cultures, les religions ou les
ethnies. Et il n’est
pas si rare qu’elle entraîne la mort. En effet, 25%
de tous les crimes de violence enregistrés concernent un
homme qui a agressé sa femme ou sa compagne. Et 90 % des
meurtres qui touchent les femmes sont commis par leur compagnon.
Ainsi, en France, près de 400 femmes meurent chaque année
sous les coups de leur conjoint.
Pour les femmes de 16 à 44 ans, la violence conjugale est
même la principale cause de décès et d'invalidité.
Elle tue plus que le cancer, les accidents de la route et la guerre,
selon des statistiques citées par un rapport du Conseil
de l'Europe. En Europe, selon les pays, de 20 à 50 % de
femmes sont victimes de violences conjugales ! Et chaque année,
des milliers de femmes et d'enfants quittent le domicile familial
en raison des abus dont ils sont victimes.
La violence conjugale est exercée à 99 % par des
hommes sur des femmes et en privé. En France, une femme
sur 10 qui vit en couple est victime de violences conjugales. Au
niveau international, c’est une femme sur 5 qui est victime
de violences conjugales. Pourtant, on parle assez peu de ces violences
qui se déroulent derrière les murs des domiciles
familiaux. En 1993, une enquête canadienne révélait
que seulement 14 % des cas de violence sont signalés à la
police.
Un scénario classique
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Tous
les jours, lactualité nous montre que la femme
nest pas encore légale de lhomme.
Cest pourquoi nous construisons un dossier
sur les différents aspects de linégalité homme-femme
et sur les actions, même modestes, qui favorisent
légalité.
Voir
le dossier
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Pourquoi les femmes acceptent-elles
de tels comportements? C’est
que la violence conjugale est un phénomène cyclique.
Il y a des périodes d'escalade, pendant lesquelles la femme
va tout faire pour maintenir l'équilibre. Mais elle n’empêchera
pas l’épisode violent d’arriver. A la suite
de l’épisode violent, la femme, en état de
choc se confie parfois à un proche ou à un professionnel
(médecin, travailleur social). Après la crise, le
conjoint violent regrette ce qu'il a fait et veut se faire pardonner
. Il minimise les faits, justifie son comportement par des facteurs
extérieurs et, promet de ne plus recommencer. La femme se
considère alors en partie responsable de ce qui vient de
se passer. C’est la "lune de miel" . La femme reprend
la vie commune, essaie d’oublier les scènes violentes
qu'elle a vécues. Mais, plus le cycle se répète,
plus les périodes de "lune de miel"sont rares.
Et la femme se laisse piéger parce qu’elle se sent
responsable de la violence du conjoint. Elle se sent incapable
de s'en sortir ou d'améliorer sa situation. Et elle reste,
parfois jusqu’à la mort…
Thomas Deraux
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