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Lofterie nationale
Je nai pas lhabitude de vous donner mon avis
sur des choses graves. Et pour cause. Je suis persuadé
que mon opinion a autant deffet sur le cours des choses
que le pet dune sardine sur les courants marins
Mais laffaire du droit de vote des étrangers,
cest trop. Je craque! Vous laurez compris, je
suis assez révolté par cette attitude de démocrates
du dimanche. Pour ne pas mettre un parti flamand en difficulté,
les partis du gouvernement ont préféré
reporter à demain ce quils auraient déjà
dû faire avant hier.
Le gouvernement semble navoir quun objectif:
rester au pouvoir le plus longtemps possible. Quimporte
les compromis,
pourvu que cette situation dure. Et surtout, quon ne
vienne pas gâcher ce doux plaisir de durer avec des
tracasseries comme le droit de vote des étrangers.
Cest vrai après tout, avec quoi ils viennent
ceux qui le réclament? Cest pourtant bien clair:
la Flandre profonde nen veut pas. Et si la Flandre profonde
nen veut pas, les libéraux du Nord disent " niet ".
Cest bien connu. Un parti majoritaire ne doit surtout
pas aller
à contre-courant des idées de la base.
Comme pour Star Academy et ces autres lofteries de bas étage,
cest laudimat électoral qui compte avant
tout.
Et pour le gouvernement, ce lamentable épisode du
droit de vote des étrangers ne semble pas suffisant.
Il est sur le point de faire la même chose avec la protection
de la minorité francophone en Flandre. La raison est
la même que pour le droit de vote: il ne faut pas fâcher
les libéraux flamands qui chassent sur les terres du
Vlaams Blok. Donc, on reporte la discussion au prochain gouvernement.
Comme cela, le parti dextrême droite flamand pourra
faire campagne contre le droit de vote et la reconnaissance
de la minorité francophone. Voilà comment on
fait progresser la démocratie en se cachant la tête
dans le sable!
Lorsque jétais jeune journaliste, javais
été sidéré
par réaction dun photographe à qui je
demandais de maccompagner pour un reportage. Il mavait
répondu aussi sec: " Désolé
fiston, mais si je taccompagne sur ce reportage, je
ne serai plus au bureau au cas où on aurait besoin
de moi pour autre reportage!" En sabritant derrière
un argument aussi incroyable, il passait des semaines sans
prendre la moindre photo.
Le gouvernement Verhostadt na-t-il pas un peu fonctionné
de la même manière: à force de décider
de décider plus tard, il ne décidera bientôt
plus rien.
Roger
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