Inégalités sociales
et santé
Mieux
vaut être riche et bien portant
La sagesse populaire le dit: mieux vaut être riche et
bien portant que pauvre et malade. Et c'est de plus en plus vrai.
De nombreux signes montrent que lécart entre les riches
et les pauvres se creuse au niveau de la santé.
Dans tous les pays de lUnion européenne, lespérance
de vie varie de cinq à dix ans entre les personnes
les plus pauvres et celles qui sont les plus favorisées.
Voici quelques exemples. Aux Pays-Bas, les Néerlandais qui
ne possèdent pas de diplôme du secondaire ont deux
fois plus de risques davoir une crise cardiaque que ceux qui
ont fait des études universitaires. En Suède, 31%
des ouvrières ont un état de santé moins bon
que la moyenne. Et en Belgique, près dune personne
dont le revenu mensuel est inférieur à 500 euros fume
tous les jours. Par contre, parmi les travailleurs qui gagnent plus
de 1000 euros par mois, ce chiffre nest plus que de un sur
cinq.
Tous inégaux à Bruxelles
Daprès une étude récente de l'Observatoire
de la santé de Bruxelles Capitale, les Bruxellois non plus
ne sont pas égaux devant la maladie, les accidents et la
mort. Dune manière générale, les populations
immigrées qui vivent dans la capitale ont un taux de mortalité
inférieur à celui des Belges.
Cette étude démontre aussi que les inégalités
en matière de santé se marquent dès avant la
naissance. Ainsi, les enfants dont la mère a au maximum un
diplôme du secondaire inférieur sont moins bien lotis
que ceux dont la mère à un diplôme plus élevé.
Ces bébés ont, en moyenne, 2,6 fois plus de risque
de décéder avant lâge dun an. Par
ailleurs, les hommes qui habitent les communes de la première
couronne de Bruxelles ont une espérance de vie de
8,4 ans inférieure à celles des hommes de la deuxième
couronne. Cette différence est de 2,7 ans pour les
femmes. Les maux dont souffrent les personnes les plus défavorisées
sont surtout le saturnisme
infantile, la tuberculose, les problèmes dentaires et l'obésité.
Un ménage bruxellois sur cinq déclare également
avoir des difficultés face au coût des soins de santé.
Dans de telles conditions, il nest pas étonnant que
la prévention soit aussi difficile. Pourtant cette
prévention est indispensable pour préserver la santé.
Or, les personnes défavorisées attendent souvent plus
que les autres, le dernier moment pour se faire soigner.
LEurope se manifeste
La Commission européenne a récemment proposé
une série de recommandations pour que les pays membres agissent
pour combattre ces inégalités inacceptables. Un projet
de deux ans coordonné par lInstitut flamand pour la
promotion de la Santé a ainsi fait une série de propositions.
Il a aussi observé des exemples de bonnes pratiques dans
les pays de lUnion. Ainsi, à Louvain, une association
fournit des soins de santé à un prix abordable aux
1 200 résidents dun quartier défavorisé.
Combattre la maladie passe aussi par la lutte contre la pauvreté!
Cest en résumé le message lancé récemment
par le directeur général de lOrganisation mondiale
de la santé (OMS). Cette organisation voudrait que les fruits
du développement socio-économique soient répartis
de manière plus juste entre les citoyens. Et ce partage passe
aussi par les soins de santé.
Ceux qui veulent réduire les inégalités de
santé essayent généralement d'améliorer
l'état de santé des pauvres. Ils n'essayent pas, heureusement,
d'abaisser le niveau de santé des riches. Mais à cause
de cela, lécart entre les différentes couches
de la population est très difficile à réduire...
Vincent Thomasson
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