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Slobodan Milosevic a présidé la Serbie
de 1989 à 1997 et la République fédérale
de Yougoslavie de 1997 à 2000. Le premier avril 2001, il
a été arrêté et emprisonné. Pourquoi?
Des crimes de guerre
Jusqu'en 1991, la Yougoslavie était composée de la
Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, de la Macédoine,
du Monténégro, de la Slovénie et de la Serbie.
Cette année-là, la Croatie et la Slovénie ont
décidé de quitter la Yougoslavie pour se diriger elles-mêmes.
Une guerre terrible a alors éclaté en Croatie, puis
en Bosnie. Ce conflit a été particulièrement
meurtrier.
Les milices ont tué, chassé et torturé les
personnes qui n'étaient pas de leur nationalité. Les
Croates ont agi ainsi avec les Serbes. Les Serbes ont fait la même
chose avec les Croates et les Bosniaques... Cette guerre s'est terminée
en 1995. Mais quatre ans plus tard, une autre guerre a éclaté
dans la province serbe du Kosovo. La population qui y vit est en
grande partie albanaise. Elle n'avait pas les mêmes droits
que les Serbes. Durant ce conflit, de nombreux Albanais ont été
chassés de chez eux, d'autres ont été tués.
Slobodan Milosevic a financé et soutenu la guerre en Croatie
et en Bosnie. Il est donc en partie responsable des crimes qui y
ont été organisés. Il a aussi une responsabilité
dans les crimes commis par les forces serbes au Kosovo puisqu'il
les a ordonnées en tant que chef du pays.
Un tribunal international
En 1993, les pays occidentaux se sentaient impuissants face à
la situation en ex-Yougoslavie. Les lois internationales existaient,
mais il n'y avait ni juge ni tribunal pour les faire respecter.
C'est pour cette raison que le tribunal pénal international
pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) fut créé.
Ce tribunal est situé à La Haye, aux Pays-Bas. Il
a le pouvoir de juger les crimes de guerre et les crimes contre
l'humanité commis en ex-Yougoslavie depuis 1991. Depuis sa
création, ce tribunal mène des enquêtes pour
essayer de déterminer les crimes qui ont effectivement été
commis et quels en sont les coupables. En 1999, le TPIY a demandé
l'arrestation de Slobodan Milosevic. Il estimait qu'il avait assez
de preuves pour le faire condamner.
Pour tous une même justice.
Le fait qu'une justice internationale se mette en place est évidemment
remarquable. Mais il faut qu'elle applique pour tous la même
justice. Et dans l'état actuel du TPIY, ce n'est pas le cas.
De nombreux problèmes se posent. Tout d'abord, le fait que
ce tribunal ait été créé par la volonté
des Nations Unies le rend forcément injuste.
En effet, ce tribunal pourra difficilement juger un dirigeant d'un
pays fondateur ou d'un pays allié. Et c'est le cas ici, le
TPIY juge l'ex-président serbe. Or on sait que les Croates
et les Bosniaques ont également commis des crimes. Par ailleurs,
les enquêtes ont même montré que l'OTAN
avait aussi commis des crimes. Cependant, les responsables de cette
organisation ne seront pas jugés ou en tout cas pas avec
la même sévérité.
Une justice au-dessus de tous les pays
Ensuite, dans le cas du Kosovo, Milosevic est accusé de
génocide.
Pourtant l'enquête n'a pas pu prouver que le nombre d'Albanais
tués était de 350 000, comme on le pensait au départ.
Actuellement, on a comptabilisé moins de 3000 morts.
Il faudra encore du temps avant que ne soit créée
une justice au-dessus de tous les pays. Le TPIY doit donc poursuivre
son travail en essayant de devenir plus indépendant et plus
juste. Et si Milosevic doit être jugé, tous les autres
criminels de guerre aussi, quelle que soit leur nationalité.
Anne Hérion
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