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Elections aux Pays-Bas
La
mauvaise fortune de Pim !
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Photo: Belga
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Cest un véritable raz-de-marée
qui a touché les Pays bas lors des élections législatives
le 15 mai dernier. La liste Pim Fortuyn a fait une entrée
fracassante au parlement néerlandais. Ce parti devient dailleurs
le deuxième du pays. Une victoire quil doit à
son chef, assassiné quelques jours avant les élections.
Le 6 mai, un militant écologiste abattait Pym
Fortuny sur le parking dune station radio. Ce crime a profondément
choqué le pays tout entier, mais aussi tous les démocrates
du monde. Aux Pays-Bas, Pim Fortuyn était inconnu de la plupart
des Hollandais, il y a quelques mois encore. Mais il était
rapidement devenu une véritable vedette.
Leader populiste
vec son charisme,
son look de play-boy et ses discours simplistes mais efficaces,
Pim Fortuyn était parvenu à conquérir 40 %
des jeunes de 18 à 30 ans. Ces derniers jugent leurs précédents
gouvernements incapables de sattaquer à des dossiers
importants comme limmigration, la criminalité ou la
drogue. Les électeurs de Pim Fortuyn ont aussi été
choqués par les révélations sur le rôle
complice des casques bleus néerlandais à Srebrenica.
Ils auraient laissé des milices serbes massacrer des musulmans
bosniaques. Enfin, ces jeunes sont surtout énervés
par limage de leur pays où le cannabis est en vente
libre dans les Coffee shops. Par ailleurs, les Pays-Bas sont critiqués
par la communauté internationale pour son manque de sévérité
envers la criminalité.
Un parti populiste
ans un tel climat, les déclarations de Fortuyn font
mouche. Un exemple: " Je ne veux plus un seul
réfugié, les Pays-Bas en sont pleins ! Lislam
rural est une culture arriérée. " Pim Fortuyn
est parvenu à séduire de plus en plus de Hollandais.
Lors des dernières élections municipales, il sest
présenté sur la liste du parti " Leefbaar
Nederlands ". Il a remporté 17 sièges
sur 45 à Rotterdam. A cause de ses propos racistes, il est
exclu de cette formation politique. Il décide alors de former
sa propre liste et devient, en quelques mois, une véritable
vedette. Son discours populiste
est très proche des idées de lextrême
droite qui monte un peu partout en Europe. Il refuse pourtant dêtre
comparé à Jörg Haider ou Jean-Marie Le Pen. Cependant,
les idées quil défend font penser à des
discours trop souvent entendus dans les années 1930 et qui
ont conduit à la deuxième guerre mondiale.
Une coalition difficile à former
im Fortuyn, aurait sans doute obtenu un beau score aux élections
législatives du 15 mai. Mais son assassinat a poussé
beaucoup de gens à voter symboliquement pour lui. Ces électeurs
ont voulu montrer leur rejet de la politique traditionnelle. Avec
15 % des voix, sa liste est donc quasi incontournable pour former
le prochain gouvernement. Mais sans Pim Fortuyn, sa formation perd
beaucoup de sa crédibilité.
Le CDA, qui est le parti le plus important du pays, aura bien du
mal à mettre sur pied une coalition.
Pourtant cette coalition devra être suffisamment solide pour
affronter les défis qui attendent les Pays-Bas.
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Tour dhorizon inquiétant

En Europe, dautres pays connaissent également une
montée inquiétante de lextrême droite
ou des partis populistes. En France, Jean-Marie Le Pen est parvenu
à se qualifier pour le second tour des élections présidentielles.
En Italie, Silvio Berlusconi a formé son gouvernement avec
Gian Franco Fini, le chef de lAlliance Nationale, et Umberto
Bossi, le chef de la Ligue du Nord. Ces deux partis ne cachent pas
leurs idées racistes et leur programme anti-social. En Autriche,
le leader du FPO Jörg Haider, a réussi une percée
spectaculaire aux élections législatives de 1999.
Ce parti raciste, xénophobe et anti-européen a été
fondé par danciens Nazis, xénophobe et anti-européen.
Il compte aujourdhui plusieurs ministres au gouvernement.
Le Danemark est un autre pays qui vit une montée de lextrême
droite. Le Parti du peuple danois a lui aussi gagné des voix
et des sièges au parlement. Finissons cet inquiétant
tour dhorizon avec la Belgique. Le Vlaams Blok est devenu
le troisième parti en Flandre et le premier à Anvers.
Partout en Europe, le message est clair: la démocratie va
devoir se battre et rencontrer les vrais problèmes des gens
si elle veut survivre...

Carte: Jeremy Blampain
Thierry Vangulick
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