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Vêtements propres
Les
marques laissent des marques
Maï Lin est une jeune asiatique. Pour
elle, les loisirs, ça ne veut rien dire; elle ne sait pas
ce que cest que de dépenser son argent de poche en
" soffrant une folie " ! Sa famille
compte une douzaine de personnes, frères, surs, grand-père,
grandmère, la petite fille de sa sur aînée,
et ses parents. Pour nourrir toutes ces bouches, chaque jour est
un nouveau défi
n Chine, comme dans la plupart des pays dAsie,
mais aussi en Amérique latine ou en Europe de lEst,
chaque membre de la famille travaille comme il peut et rapporte
chaque jour ce quil peut. Malgré les aides humanitaires
et les ONG, malgré les campagnes de sensibilisation ou les
pressions, les enfants brossent les cours bien malgré eux,
tout simplement pour trouver à manger. Dans les usines dinvestisseurs
étrangers, des jeunes femmes, comme Maï Lin, travaillent
14 h par jour 7 jours sur 7. Elles nont quun jour de
congé par mois. Elles voient très peu leur famille.
Elles sentassent dans des chambres surpeuplées. Elles
mangent rapidement à latelier. Tout cela pour un salaire de
1,80 ¤ par jour, soit 50 ¤ par mois. Alors quil
faudrait au moins 110 pour se nourrir, se vêtir, payer les
transports, et prendre un peu soin de soi
Vous imaginez bien
que dans ces conditions, les travailleurs nont pas trop le
droit de sorganiser en syndicats libres ; et quand bien
même la liberté syndicale existe, la répression
létouffe.
Mai Lin travaille à la fabrication des ballons
de foot.
La campagne vêtements propres
aïa Lin est la figure
de proue de la campagne " vêtements propres ",
que 43
organisations francophones relancent à loccasion
de la Coupe du Monde de Football.
Dautres campagnes existent en Europe et dans le monde. Ainsi,
la Marche Mondiale contre lexploitation des enfants sappuie
sur un réseau dun millier de syndicats et ONG.
Objectif de toutes ces organisations ? Faire respecter les
droits des travailleurs dans lindustrie du vêtement
et des équipements de sport, en montrant aux consommateurs
quils peuvent influencer les pratiques de ces entreprises.
Maïa Lin symbolise à elle seule les milliers de (très
jeunes) travailleurs des pays sous-développés où
la main duvre est si bon marché. Les chiffres
daffaires annuels de ces marques (Nice, Adidas, Reebok,
)
sont énormes (10,576 milliards pour Nike en 2000 !).
Lors de la Coupe du Monde de Football, les 32 meilleures équipes
nationales se rencontrent. Nos Diables Rouges y portent fièrement
des maillots et des chaussures Nike et, nous leur souhaitons tous
denvoyer au fond des filets adverses un maximum de ballons
Adidas ! Cette Coupe du Monde génère des centaines
de millions deuros en sponsoring et en publicité, avant,
pendant et après les matches (Nike sponsorise, notamment,
Manchester United pour 14.380.000 euros, mais aussi, et entre autres,
Tiger Woods pour près de 25 millions,
).
Le monde du foot pourrait pourtant exiger que des sponsors tels
que Nike ou Adidas respectent davantage les ouvriers quils
emploient. Comment ? En rappelant, par exemple, à la
FIFA quelle a signé en 1996 un code de bonne
conduite. Ce code exige que ses sponsors respectent les droits fondamentaux
des travailleurs (liberté syndicale, droit de négociation
collective, pas de travail forcé, pas de travail des enfants,
pas de discrimination, et salaire minimum vital). En écrivant
à la FIFA, insistez pour quelle mette tout en uvre
pour le faire respecter (un exemple de lettre est disponible sur
le site " vêtements propres ") !
Catherine Tellier
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