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Italie
Impasse
italienne
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Des milliers d'Italiens sont descendus dans
la rue pour protester contre la politique de Berlusconi. (Photo:
Belga)
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Le 16 avril dernier, plus de deux millions
dItaliens ont manifesté dans les rues et presque la
moitié du pays a refusé de travailler. Les Italiens
sont en colère contre le gouvernement de Silvio Berlusconi
qui veut modifier la loi du travail sans consulter les syndicats.
es avions, les trains, les écoles, les banques,
les usines
, tout tournait au ralenti ce 16 avril. Depuis vingt
ans, lItalie navait plus connu un tel phénomène.
Cette grève générale de huit heures a été
provoquée par la réforme des lois du travail mise
en place par le gouvernement de Silvio Berlusconi il y a quelques
mois.
Une loi en chasse une autre
epuis le 14 mai 2001, Silvio Berlusconi préside le gouvernement
italien. Cet homme est le plus riche dItalie. Il contrôle
près de 145 sociétés. Ces sociétés
regroupent des activités très différentes comme
la construction, la publicité, la télévision,
la presse
Depuis quil est le chef du gouvernement, Berlusconi
na pas cessé de prendre des décisions qui favorisaient
ses propres intérêts. Par exemple, il a fait voter
une loi qui protège les chefs dentreprise qui, comme
lui, auraient caché une partie de leur argent pour payer
moins dimpôts. Berlusconi ne fonctionne pas comme un
chef dEtat qui doit défendre tous ses citoyens, sans
exception. Il agit plutôt comme un chef dentreprise
qui se débarrasse de ses éléments les plus
faibles.
La réforme en cause
e gouvernement de Berlusconi a donc décidé de réformer
la loi du travail et notamment son article
18. Celui-ci existe depuis 1970. Il concerne le licenciement dun
travailleur sans raison valable. Cela signifie quun travailleur
renvoyé sans motif par son employeur peut se plaindre auprès
des tribunaux. Jusquà présent, si les tribunaux
donnent raison au travailleur, lentreprise est obligée
de le réengager. Cet article 18 est surtout efficace parce
quil fait réfléchir les patrons avant de se
débarrasser dun ouvrier sans raison valable. Mais aujourdhui,
Berlusconi voudrait que lentreprise fautive doive seulement
donner de largent au travailleur au lieu de le réengager.
La fin du dialogue
e 1993 à 2001, le gouvernement italien et les syndicats
avaient travaillé main dans la main. Une rencontre entre
le gouvernement, les syndicats et les entreprises avait dailleurs
lieu tous les deux ans. A cette occasion, ils discutaient ensemble
des mesures à prendre au niveau du travail. Durant ces huit
années, le gouvernement na donc jamais pris de décisions
dans ce domaine sans laccord des syndicats.
Berlusconi, lui, a décidé quil prenait désormais
seul ce genre de décisions et quil navait plus
besoin de lavis des syndicats. Cest la raison pour laquelle
la modification de larticle 18 a provoqué tant de colère.
Car les travailleurs savent que ce nest que le début
dune longue réforme pour les rendre plus faibles face
aux entreprises toutes puissantes.
Persiste et signe
u lendemain de la grève générale du 16 avril,
Berlusconi a annoncé quil continuerait ses réformes
malgré tout. Pourtant, certains grands chefs dentreprises
ont déclaré que la réforme de larticle
18 ne valait pas la peine de risquer un conflit aussi important.
Ils se souviennent quen 1994, Berlusconi avait dû démissionner
de son poste de chef du gouvernement. En effet, à lépoque
déjà, il nétait pas parvenu à
sentendre avec les syndicats. Aujourdhui ni Berlusconi,
ni les syndicats ne sont prêts à accepter les propositions
de lautre camp. Dans les mois qui viennent, lItalie
risque donc de connaître dautres grèves et dautres
manifestations
Anne Hérion
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