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Expédition
Deux
Belges qui perdent le nord
Le mois dernier, les Belges Alain Hubert et
Dixie Dansercoer ont dû abandonner leur incroyable expédition
dans l'Arctique. La faute, en partie, à un hiver particulièrement
doux.
e pari dAlain Hubert et de Dixie Dansercoer était
un peu fou. Les deux aventuriers voulaient traverser l'Arctique
de la Russie au Canada en passant par le Pôle Nord. Pour cela,
ils devaient parcourir près de 2400 km à ski, en tirant
un traîneau rempli d'une bonne centaine de kilos de nourriture
et de matériel. Ce projet était une grande première.
En effet, ce genre d'expédition polaire se fait habituellement
dans l'autre sens et en ligne droite, donc sur une distance beaucoup
plus courte.
Alain Hubert et Dixie Dansercoer n'en étaient
pas à leur première aventure dans le grand froid.
Comme à chaque fois, leur motivation était d'abord
sportive. Au-delà de cette volonté de se surpasser,
les deux hommes avaient aussi d'autres missions. Ils devaient faire
des mesures pour aider certaines recherches scientifiques sur la
glace, l'eau et l'atmosphère polaire. Les deux Belges voulaient
aussi profiter de l'occasion pour faire découvrir cette région
peu connue et attirer l'attention sur les conséquences du
réchauffement du climat.
Un traîneau qui devient bateau ou cerf-volant
'Arctique est la région la plus au Nord de la planète.
Contrairement à l'Antarctique qui est situé au Sud
du globe, l'Arctique n'est pas un continent composé de terres.
Cette région est formée de glace dont une partie seulement
ne fond jamais. Autour de cette banquise "éternelle",
se trouvent des glaces qui fondent durant les périodes les
moins froides de l'année. Ces glaces qui fondent bougent
et se déplacent en fonction du vent, des courants marins
ou des marées. A cause de cela, il arrive souvent que ces
glaces se cognent, se chevauchent ou forment des crevasses. La banquise
n'est donc pas une immense étendue parfaitement plane comme
on pourrait l'imaginer!
Alain Hubert et Dixie Dansercoer ont d'ailleurs pu le constater.
Et c'est ce parcours accidenté
qui a fait échouer leur expédition. En effet, à
cause des crevasses, des eaux libres et des hummocks,
les deux aventuriers n'ont pas pu avancer aussi vite que prévu.
Ils ont même parfois dû transformer leurs traîneaux
en une espèce de bateau en les attachant avec leurs skis.
Ainsi, ils pouvaient avancer sur les eaux libres de glace. Par contre,
les deux Belges n'ont pas pu assez souvent se servir d'une autre
géniale invention. Il s'agit de grandes voiles qui, avec
la force du vent, peuvent les tracter sur la glace et donc leur
permettre d'avancer beaucoup plus rapidement. Mais pour utiliser
ce système, il faut de grandes étendues, sans obstacles.
Un hiver particulièrement "chaud"
a banquise de l'Arctique est particulièrement accidentée
cette année parce que l'hiver a été moins froid
que d'habitude. La glace a donc davantage tendance à fondre
et à bouger. La principale raison de ce phénomène
est probablement le réchauffement climatique.
Alors qu'ils avaient déjà pris beaucoup de retard,
Alain Hubert et Dixie Dansercoer ont décidé d'arrêter
leur aventure après une cinquantaine de jours d'expédition.
Un problème bien particulier les a décidés
à abandonner. D'ici le milieu du mois de mai, les avions
ou les hélicoptères qui chaque hiver récupèrent
les membres d'expéditions polaires ne pourront plus intervenir.
Simplement parce quaprès cette date, la glace ne sera
plus assez importante pour permettre aux engins d'atterrir. D'ailleurs,
au moment où nous écrivons ces lignes, les deux explorateurs
belges n'avaient toujours pas pu être récupérés...
Anouck Thibaut
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