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8 mars
Femmes
iraniennes en exil
Le 8 mars était la journée internationale des
femmes. L'occasion était toute trouvée pour dresser
le portrait de Marjane Satrapi et de Sorour Kasmaï. Ces deux
femmes iraniennes qui ont fui leur pays se sont installées
en Europe. Le mois dernier, elles étaient présentes
à la Foire du Livre de Bruxelles pour présenter leurs
ouvrages: une bande dessinée pour Marjane Satrapi et un roman
Sorour Kasmaï.

Le combat pour les droits des femmes est un combat
d'aujourd'hui, partout dans le monde (Photo: Belga)
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orour Kasmaï a 17 ans lorsqu'elle prend la décision
de quitter l'Iran. Elle passe clandestinement
la frontière par les montagnes avant de traverser une partie
de l'Asie et de l'Europe à cheval, à pied, en voiture,
en bus...
Finalement, elle arrive à Paris trois mois plus
tard. Marjane Satrapi, quant à elle, nest encore quune
adolescente quand ses parents décident de l'envoyer en vivre
en Autriche. Ils pensent quelle ferait mieux de quitter l'Iran.
Au-delà de leur nationalité et de leur exil, Sorour
Kasmaï et Marjane Satrapi ont plusieurs points communs. Tout
d'abord, elles ont grandi dans une famille d'intellectuels et donc
de privilégier dans la société iranienne. Le
français était d'ailleurs une des langues parlées
chez elles.
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Un pays marqué par la révolution
nsuite, les deux femmes ont plus ou moins quitté l'Iran
à la même période, c'est-à-dire au début
des années 1980. A cette époque, ce pays vient de
connaître la révolution, qui a été appelée
plus tard la "révolution islamique".
En 1979, le shah d'Iran est chassé du pays qui devient
alors une "république islamique". Sorour Kasmaï explique
le déroulement de ces événements: "Au début,
cette révolution n'était pas tragique.
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Les Iraniens avaient d'ailleurs placé beaucoup d'espoir dans
cette révolution. C'était une sorte de rêve
collectif. Mais peu à peu, les événements ont
pris une tournure beaucoup plus dramatique."
En effet, des libertés sont supprimées, le port du
foulard devient obligatoire pour les femmes, les manifestations
sont réprimées,
les opposants au régime sont arrêtés
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Une culture aux multiples couches
ans ses bandes dessinées Persopolis 1 et Persopolis
2, Marjane Satrapi raconte avec beaucoup d'humour et de tendresse
la manière dont elle a vécu ces événements
alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Grâce à
la publication de ces ouvrages, elle est d'ailleurs devenue l'auteur
des premières bandes dessinées iraniennes.
Marjane Satrapi explique une partie de son secret: "Pour toucher
les gens, il faut suivre l'histoire d'individus plutôt que
de parler d'un peuple, ce qui est forcément beaucoup plus
abstrait. Le fait de raconter des anecdotes, permet aux lecteurs
de s'identifier aux personnages. Cela donne aussi la possibilité
de souligner les ressemblances entre les individus de différents
peuples." Quant à Sorour Kasmaï, elle a choisi le roman
pour s'exprimer.
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"Le cimetière de verre" est une sorte de conte aux aspects
très noirs qui reprend une série de mythes et de légendes
qui font partie de l'histoire iranienne.
Enfin, Marjane Satrapi et Sourour Kasmaï possèdent
un dernier point commun. Malgré le fait qu'elles ont fui
l'Iran, elles restent très attachées à la culture
et à l'histoire de leur pays d'origine.
Sourour Kasmaï parle d'ailleurs fort bien de cette culture
qui est très présente dans son roman: "La culture
iranienne est composée de multiples couches superposées.
En effet, durant des centaines d'années, notre pays a été
envahi par ses voisins et a donc subi de nombreuses influences.
A cause de cela, il est très difficile d'être iranien
aujourd'hui. Car il faut sans cesse vivre avec toute cette histoire
qui est comme un fardeau sur nos épaules".
Anouck Thibaut
"Persepolis 1" et "Persepolis 2", deux bandes dessinées
de Marjane Satrapi, édition L'Association
"Le cimetière de verre", un roman de Sorour
Kasmaï, édition Actes Sud
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