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Centre fermé d'Everberg
La
lutte contre la délinquance renforcée
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Le centre fermé d'Everberg pourra
bientôt accueillir 24 délinquants francophone
(Photo: Belga)
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Le centre fermé dEverberg pourra bientôt
accueillir 24 mineurs délinquants francophones, soit 14 de
plus quauparavant. Cest le résultat de la polémique
causée par la libération anticipée de trois
mineurs délinquants au milieu du mois de septembre.
Le centre fermé dEverberg a été créé
en février 2002 sous
limpulsion du Premier ministre, Guy Verhofstadt (VLD).
Il voulait proposer une réponse forte à la délinquance
des jeunes. Depuis, Everberg accueille des garçons mineurs
de plus de 14 ans ayant commis une infraction grave. Sils
étaient majeurs, ces adolescents risqueraient une peine de
5 à 10 ans de prison. Les délinquants y sont envoyés
par les juges de la jeunesse pour une période de maximum
2 mois et 5 jours. Ce sont ces magistrats qui décident également
de les arrêter ou de les libérer.
Avant denvoyer un jeune au centre fermé dEverberg,
le juge doit vérifier sil ny a pas dautres
places de disponibles dans les sections fermées des Institutions
publiques de protection de la jeunesse (IPPJ). En Communauté
française, les IPPJ offrent 50 places. Quatre places durgence
sont réservées aux jeunes meurtriers et auteurs dabus
sexuels. En Flandre, on compte 60 places dans les IPPJ. Ce sont
les Communautés qui gèrent ces centres. Elles ont
la responsabilité déduquer ces mineurs. Des
éducateurs dépendant des Communautés encadrent
les jeunes au sein du centre fermé dEverberg.
Questions de culture?
Cette subite augmentation de 14 places pour les délinquants
francophones à Everberg est laboutissement dune
crise politique majeure. Une de plus au sujet de ce centre. Voici
le rappel des faits
Le 18 septembre dernier, une juge de la jeunesse bruxelloise a
libéré trois jeunes délinquants arrêtés
la veille après une série de braquages de pharmacie.
La raison de ces libérations: il ny avait plus de place
à Everberg pour eux. Le ministre de la Justice, Marc Verwilghen
(VLD), a directement critiqué la ministre francophone de
la protection de la Jeunesse, Nicole Maréchal (Ecolo). Il
lui reprochait dutiliser seulement 10 des 25 places disponibles
à Everberg pour les délinquants francophones. En effet,
lUnion des magistrats et des substituts de jeunesse a trouvé
que les jeunes ne devaient être envoyés en prison quen
dernier recours. Lutilisation des seules 10 places
était donc raisonnable.
Afin daugmenter la capacité daccueil des délinquants,
la ministre Maréchal a proposé de réduire la
durée du séjour dans les IPPJ. La limitation de 15
jours (au lieu de 75) dans laile fermée de Braine-le-Château
devrait assurer 200 à 240 places supplémentaires par
an.
Guégerre politique
La polémique
sur la libération des trois jeunes a rapidement pris des
accents communautaires et politiques. Le ministre de la Justice
a notamment reproché à la Communauté française
son laxisme
par rapport à la délinquance. Marc Verwilghen a déclaré:
" Si javais commis ne fût-ce quun
dixième de ses erreurs, on aurait exigé ma démission
depuis longtemps. La Wallonie est naïve dans son approche
de la criminalité juvénile. " Le président
du VLD a même promis une crise gouvernementale.
Par ailleurs, on reproche également à Nicole Maréchal
de navoir jamais voulu régler le problème des
places fermées pour des raisons idéologiques. Les
Ecolos sont venus au secours de leur ministre. Ainsi, Evelyne Huytebroeck,
la secrétaire fédérale dEcolo, a plaidé:
" Les mesures denfermement sont parfois nécessaires.
Mais elles ne sont utiles et efficaces que si elles saccompagnent
dun travail éducatif qui permettra au jeune de réintégrer
la vie sociale. Il y a plusieurs réponses à la violence.
Les travaux dintérêt général en
sont une aussi." Ecolo a également dénoncé
des manuvres pré-électorales des libéraux
flamands jouant sur les thèmes de la violence et de la délinquance.
Pain bénit pour lextrême droite
Comme lécrivait Michelle Lamensch dans Le Soir :
" Leffet de cette nouvelle brouille est désastreux.
Elle donne des institutions francophones une image dirresponsabilité.
Plus grave, elle remplit daise lextrême droite
"
La création des 14 nouvelles places à Everberg
ne devrait pas prendre beaucoup de temps. Fin septembre, le ministre-président
de la Communauté française, Hervé Hasquin,
demandait 15 jours à trois semaines de patience. Par ailleurs,
Hervé Hasquin a remarqué quil est très
difficile dévaluer le nombre de places nécessaires.
Il y a des pics de criminalité et puis des périodes
plus calmes.
Vincent Thomasson
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