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Amérique du Sud
LArgentine senfonce
dans la crise
La brouille entre lArgentine et les institutions
financières internationales ne se résout pas. Le FMI
refuse de soulager les finances du pays et demande plus de
rigueur. Pendant ce temps, la population sappauvrit.
Entre lArgentine et le FMI, cest le dialogue
de sourds. LArgentine attend un geste. Un geste important
comme celui dont le Brésil a bénéficié.
Il a reçu 35 milliards de dollars. Mais lArgentine
attend toujours. Fin août, le FMI a accepté de reporter
dun an le paiement de 2,6 milliards de dollars que doit lui
faire lArgentine. Mais cela ne résout pas le problème
du remboursement de la dette extérieure par lArgentine.
Pour le FMI, le gouvernement d'Eduardo Duhalde est trop optimiste
dans ses prévisions budgétaires pour lannée
2003.
Ces prévisions montrent aussi la faiblesse et le manque
de rigueur du gouvernement.
Une population de plus en plus pauvre
La situation économique de lArgentine est catastrophique.
Daprès les estimations, en 2002, le PIB
du pays sud-américain devrait baisser denviron 13%.
La crise a des effets terribles sur cette population de 37 millions
dhabitants. On estime que toutes les quatre secondes, un Argentin
passe sous le seuil de la pauvreté. Fin août, le pourcentage
de pauvres était estimé à 56% de la population
totale du pays. On pense que ce chiffre pourrait atteindre 65% fin
2002.
Cette situation a de nombreuses conséquences. Le troc
réapparaît. La délinquance explose et les manifestations
de chômeurs se multiplient. Aux cris de désespoir,
lÉtat argentin répond par une répression
de plus en plus dure. Ainsi, depuis le départ de Fernando
de la Rua en décembre 2001, 35 manifestants sont morts et
des centaines dautres ont été blessés
ou arrêtés. Les escadrons
de la mort ont aussi réapparu. La population craint
de plus en plus le retour de la dictature.
Quel avenir?
Pourtant, la crise ne sest pas abattue comme la foudre sur
lArgentine. Les premiers signes de la récession ont
été enregistrés en 1998. Poussés par
le FMI, les gouvernements de Carlos Menem (conservateur) et de Fernando
de la Rua (centriste) se sont appliqués à diminuer
les dépenses publiques. Malgré tout, la situation
na pas cessé de saggraver et des " solutions
" très sévères ont été appliquées.
Les salaires ont été gelés et les dépôts
bancaires des épargnants ont été confisqués.
Le peso qui est la monnaie nationale, a été brutalement
dévalué.
Les bonnes vieilles recettes du FMI
Les résultats des "bonnes vieilles recettes" du
FMI ne se sont pas fait attendre. LArgentine sest appauvrie
par rapport au reste du monde. Les importations sont devenues de
plus en plus chères et la consommation intérieure
a chuté. Le seul secteur qui bénéficie de cette
politique est celui des exportations. LArgentine devrait terminer
lannée avec un solde positif de la balance
des opérations courantes de quelque 12 milliards
de dollars. Cet argent servira essentiellement
à rembourser
la dette extérieure. Il ira aussi dans les caisses des nombreuses
multinationales étrangères présentes en Argentine.
La population, elle, devra se contenter des fruits amers de la misère
et de la désillusion
Olivier Brouet
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