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USA-IRAK
Poker
menteur!
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George W. Bush, en compagnie du secrétaire
général des Nations Unies. Des hommes qui ne
sont pas toujours d'accord
(Photo: Belga)
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La partie de bras de fer entre les Etats-Unis et
lIrak se complique, mais ses enjeux se précisent. Saddam
Hussein accepte le retour des inspecteurs de lONU sans conditions.
George W Bush reste pourtant sur ses positions. Il place ses exigences
très haut. Ni lIrak et ni lopinion mondiale,
ni même lopinion américaine ne pourront accepter
cette politique interventionniste.
Bush sentête. Il fait le forcing sur les Nations Unies,
sur les parlementaires américains et sur les alliés
habituels des USA. Saddam Hussein est pour lui lincarnation
du mal absolu. Bref, Bush veut sa guerre à tout prix.
Psychologie texane
Georges W Bush est un texan. Comme tout le monde le sait, il aime
les chapeaux Stetson et les bottes de cow-boy à talon biseauté.
Ainsi que Philippe Labro lécrivait dans le numéro
de mai 1984 de Géo, les Texans ont une vision particulière
du monde et même de leur propre pays. "Built in Texas
by Texans"est une devise
de cet Etat américain. Elle peut se traduire par : " nous
nous suffisons à nous-mêmes. " Il y a là
une forme de simplicité, de certitude et aussi darrogance.
Mais la mentalité des Texans est comme ça; à
prendre ou à laisser! De même, lorsque lorgueil
est blessé, la réaction dautodéfense
est du style ; " Mettez les chariots en cercle, on
nous attaque ". Lorgueil, lorgueil revient
toujours ainsi que la fierté dêtre texan. On
est Texan avant dêtre américain. Certains Texans
estiment quils représentent lAmérique
dans ce quelle a de mieux, de plus vigoureux, de plus indépendant
et de moins européanisé. Seule, debout et tête
haute. Historiquement, le Texas est dailleurs lun des
derniers Etats qui a rejoint " LUnion ".
Son gouvernement était à part. Il considérait
quil navait besoin de personne. Il estimait même
quen réalité, il faisait une grande faveur aux
futurs USA en les rejoignant !
Cest dans cette culture particulière que G.W. Bush
a vécu et a bâti, avec sa famille, une fortune dans
le pétrole dont le Texas regorge.
Cet éclairage particulier peut, dans une certaine mesure,
expliquer lattitude du président des Etats-Unis.
La guerre du pétrole ?
Les USA consomment un quart du pétrole mondial. La Russie
se retrouve deuxième producteur au monde juste derrière
lArabie Saoudite. Les USA et la Russie vont donc trouver des
accords commerciaux et des compromis politiques. Une conférence
a dailleurs eu lieu début octobre à
Houston
au Texas. Des projets doléoducs
sont à létude pour acheminer le pétrole
russe vers les Etats-Unis. " La Russie est appelée
à jouer un rôle central dans la sécurisation
de lénergie ", a déclaré le
secrétaire américain à lénergie,
Spencer Abraham, lors dune visite à Moscou au mois
de juillet. Les grosses sociétés pétrolières
russes, comme Lukoil, sont manifestement à la recherche de
marchés à lexportation. Elles cherchent des
débouchés pour acheminer lor noir vers les pays
acheteurs. Pour concrétiser leurs projets, les pétroliers
russes doivent moderniser leurs installations. Ils doivent surtout
trouver de nouvelles voies pour acheminer le brut. Ils ont donc
besoin daccords avec les Américains.
Diversifier lapprovisionnement
Bien quils soient parmi les tout gros producteurs de pétrole,
les Etats-Unis ont des besoins en énergie toujours plus grands.
Ils doivent donc multiplier les sources dapprovisionnement
pour garantir leurs besoins de consommation. A partir de là,
toutes les stratégies sont bonnes. Depuis la crise de 1970,
les Américains ont essayé de réduire leur dépendance
vis-à-vis des pays du Moyen-Orient. Avant 2001, lIrak
était encore son cinquième fournisseur de brut.
Actuellement, il nest plus que onzième sur cette échelle.
De ce fait, une attaque de Bush sur lIrak naurait que
très peu deffets sur son approvisionnement en pétrole.
De même, une guerre au Moyen-orient naurait à
moyen terme que très peu deffet sur lapprovisionnement
des USA. Bush croit quil na rien à perdre dans
une guerre contre lIrak. Au contraire, cela lui permettrait
de redistribuer les cartes au Moyen-Orient en faveur de lAmérique.
Sur le plan international, la situation de Bush nest pas si
confortable. Il voudrait soumettre lONU mais des accords viennent
dêtre pris entre le chef des inspecteurs de lONU,
Hans Blix, et les Irakiens pour un retour sans conditions des inspecteurs
du Conseil de sécurité. Georges Bush sait quactuellement,
il ne peut pas compter sur la majorité obligatoire des cinq
membres permanents du conseil de sécurité de lONU
pour autoriser la guerre en Irak.
Il na même pour le moment pas le soutien des membres
du Congrès américains. Décidément le
Texas nest pas toute la planète !
Nicolas Simon
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