EDITION DE NOVEMBRE 2003/ Agenda et Culture

Exposition
Histoire de la folie


Photo: Abbaye de Brogne

De tout temps, les malades mentaux ou plus simplement les “fous” ont fait peur. Très tôt dans l’Histoire, les hommes ont tenté de soigner ou de libérer les “esprits dérangés” de leurs contemporains. C’est le thème de l’exposition présentée à l’Abbaye St Gérard de Brogne, sous le titre “La tête à l’envers, histoire de la folie”.

Le fil conducteur de cette exposition originale est le fil de l’Histoire. La “petite”, celle des gens. Et la “ grande ”, celle que l’on retrouve dans les livres. Le parcours historique de l'exposition retrace l’évolution de la perception des troubles psychiques, mais aussi des moyens mis en œuvre pour tenter de guérir ces troubles.

De la trépanation…

L’exposition présente ainsi une série d’instruments destinés à la trépanation. Les plus anciens proviennent d’Iran. Ils datent de 1000 ans AV-JC. A l'époque, on soignait les malades mentaux en les opérant. Les médecins ou les religieux voulaient extraire du crâne de ces malades le “ mauvais esprit ”. Ils pensaient libérer ces malades de l'hypertension au niveau du cerveau.

Les Grecs seraient les premiers à avoir eu cette idée. Pour eux, les fous avaient des humeurs différentes de celles des personnes normales. La “ bile noire ” était responsable du malaise de ces fous.

Plus tard, au Moyen Age, on a accusé les fous de tous les maux. Le Moyen-âge était une période de grand obscurantisme. Les fous étaient considérés comme diaboliques. Ils étaient mis dans le même sac que les sorcières et ont été brûlés sur les bûchers.

Heureusement, la situation change à la Renaissance. Erasme, Vésale et d’autres intellectuels de l’époque ont alors l’idée que la folie est simplement une maladie psychologique. Les remèdes n’en sont pas moins sommaires et aléatoires. On utilise des herbes sauvages, des potions et des moyens mécaniques comme la camisole, les menottes, les chaînes… On prend aussi l’habitude d’enfermer les fous lorsqu’ils dérangent! Et on teste sur eux divers procédés cliniques plus incroyables les uns que les autres.


Photo: Abbaye de Brogne

 

… à l’arrivée des médicaments

A la fin du 18e siècle, enfin, le médecin français Pinel affirme qu’il faut libérer les déments de leurs chaînes et donc employer des thérapies plus réfléchies. Ce ne sera pas encore l’idéal. Mais le corps médical prendra le temps d’analyser et d’étudier les réactions, les comportements, et les résultats des traitements. Enfin, au début des années 1950, des médicaments plus sérieux apparaissent: les neuroleptiques. Ce sera un as important pour le traitement de ces maladies.

Mais l'exposition “La tête à l’envers, histoire de la folie” ne se limite pas à cet intéressant aperçu historique. En effet, l’exposition nous permet aussi de réfléchir sur la nature de la folie. Ainsi, un artiste comme Vincent Van Gogh était-il fou? En effet, combien de précurseurs comme lui ont été ridiculisés par leurs contemporains. Parfois même, ils étaient pourchassés et punis pour leur “ folie ”…

La frontière entre la folie et la raison est-elle si nette? Et où doit-on la situer? Ne sommes-nous pas tous, un peu fous à certains moments de notre existence?

Catherine Tellier

 


La tête à l’envers, histoire de la folie
jusqu’au 26 octobre 2003
Abbaye St Gérard de Brogne à St Gérard
Du mardi au vendredi, de 13h30 à 18h00
Les autres jours de 10 à 18h00
Info: 071/79 70 70 ou www.brogne.be

 

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