Exposition
Histoire de la folie

Photo: Abbaye de Brogne |
De tout temps, les malades mentaux ou plus simplement
les “fous” ont
fait peur. Très tôt dans l’Histoire, les hommes
ont tenté de soigner ou de libérer les “esprits
dérangés” de leurs contemporains. C’est
le thème de l’exposition présentée à l’Abbaye
St Gérard de Brogne, sous le titre “La tête à l’envers,
histoire de la folie”.
Le fil conducteur de cette exposition
originale est le fil de l’Histoire.
La “petite”, celle des gens. Et la “ grande ”,
celle que l’on retrouve dans les livres. Le parcours historique
de l'exposition retrace l’évolution de la perception des troubles psychiques, mais aussi des moyens mis en œuvre
pour tenter de guérir ces troubles.
De la trépanation…
L’exposition présente
ainsi une série d’instruments
destinés à la trépanation. Les plus anciens
proviennent d’Iran. Ils datent de 1000 ans AV-JC. A l'époque,
on soignait les malades mentaux en les opérant. Les médecins
ou les religieux voulaient extraire du crâne de ces malades
le “ mauvais esprit ”. Ils pensaient libérer
ces malades de l'hypertension au niveau du cerveau.
Les Grecs seraient
les premiers à avoir eu cette idée. Pour eux, les
fous avaient des humeurs différentes de celles des personnes
normales. La “ bile noire ” était responsable
du malaise de ces fous.
Plus tard, au Moyen Age, on a accusé les
fous de tous les maux. Le Moyen-âge était une période
de grand obscurantisme. Les fous étaient considérés
comme diaboliques. Ils étaient mis dans le même sac
que les sorcières et ont été brûlés
sur les bûchers.
Heureusement, la situation change à la
Renaissance. Erasme, Vésale et d’autres intellectuels
de l’époque
ont alors l’idée que la folie est simplement une maladie
psychologique. Les remèdes n’en sont pas moins sommaires
et aléatoires. On utilise des herbes sauvages, des potions
et des moyens mécaniques comme la camisole, les menottes,
les chaînes… On prend aussi l’habitude d’enfermer
les fous lorsqu’ils dérangent! Et on teste sur eux
divers procédés cliniques plus incroyables les uns
que les autres.

Photo: Abbaye de Brogne |
… à l’arrivée des médicaments
A
la fin du 18e siècle, enfin, le médecin français
Pinel affirme qu’il faut libérer les déments
de leurs chaînes et donc employer des thérapies plus
réfléchies. Ce ne sera pas encore l’idéal.
Mais le corps médical prendra le temps d’analyser
et d’étudier les réactions, les comportements,
et les résultats des traitements. Enfin, au début
des années 1950, des médicaments plus sérieux
apparaissent: les neuroleptiques. Ce sera un as important pour
le traitement de
ces maladies.
Mais l'exposition “La tête à l’envers,
histoire de la folie” ne se limite pas à cet intéressant
aperçu historique. En effet, l’exposition nous permet
aussi de réfléchir sur la nature de la folie. Ainsi,
un artiste comme Vincent Van Gogh était-il fou? En effet,
combien de précurseurs comme lui ont été ridiculisés
par leurs contemporains. Parfois même, ils étaient
pourchassés
et punis pour leur “ folie ”…
La frontière
entre la folie et la raison est-elle si nette? Et où doit-on
la situer? Ne sommes-nous pas tous, un peu fous à certains
moments de notre existence?
Catherine Tellier
“
La tête à l’envers, histoire de la folie”
jusqu’au 26 octobre 2003
Abbaye St Gérard de Brogne à St Gérard
Du mardi au vendredi, de 13h30 à 18h00
Les autres jours de 10 à 18h00
Info: 071/79 70 70 ou www.brogne.be
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