EDITION DE NOVEMBRE 2003/ Agenda et Culture

LECTURE
Et si on racontait … une histoire de l'immigation en Belgique

Dans le numéro de juin de L’Essentiel, nous vous annoncions la parution de Et si on racontait… une histoire de l’immigration en Belgique, de Marco Martinello et Andrea Rea.

Voici maintenant une fiche de lecture de ce manuel destiné aux élèves de la fin du secondaire et élaboré à l’initiative du Ministre-Président du Gouvernement de la Communauté française.

L

e manuel retrace l’histoire de l’immigration en Belgique au cours des 50 dernières années.

Les mouvements de population ont toujours existé. En 1830, lors de la création de la Belgique, les industries sont nombreuses. A l’époque, les migrations se font surtout à l’intérieur du pays. Ainsi, de nombreux Flamands quittent la Flandre pour venir travailler en Wallonie.

Après la Première Guerre mondiale, les entreprises belges sont obligées de faire appel à de la main-d’œuvre étrangère. Celle-ci vient au départ des pays proches. Entre 1920 et 1930, 170 000 étrangers arrivent en Belgique. Mais avec la crise économique des années 30, le gouvernement veut limiter l’entrée des étrangers.



La brochure peut être obtenue gratuitement, sur demande écrite à

Démocratie ou Barbarie C.A.E. Boulevard Pachéco 19, bte 0 étage 2/3
bureau 654
1010 Bruxelles.

Tél : 02/210 69 00
Fax :
02/210 69 03


Besoin de main-d’œuvre dans l’après-guerre

A

près la Seconde Guerre mondiale, les industries ont besoin de charbon pour fonctionner.

Mais il n’y a pas assez de main-d’œuvre. Le gouvernement fait donc, de nouveau, appel aux travailleurs étrangers. En juin 1946, la Belgique et l’Italie signent un accord: l’Italie envoie 50 000 travailleurs italiens dans les mines belges.

Le 8 août 1956, au Bois du Cazier à Marcinelle, un incendie fait 262 morts. Parmi les victimes, 136 sont des Italiens. L’Italie suspend alors l’émigration vers la Belgique.


La Belgique conclut alors de nouvelles conventions avec l’Espagne (en 1956), la Grèce (1957), le Maroc (1964), la Turquie (1964), la Tunisie (1969), l’Algérie (1970) et la Yougoslavie (1970).

Mais l’industrie du charbon est en crise. Les travailleurs immigrés sont employés dans d’autres secteurs comme la métallurgie, la chimie, la construction et les transports.

A la fin des années 60, c’est la crise économique. Le chômage augmente. Le gouvernement refuse de nouveaux permis de travail.

 


L’immigration de 1974 à nos jours

E

n 1974, le gouvernement décide de stopper l’immigration de travailleurs étrangers.

Les immigrés qui arrivent en Belgique après 1974 sont des ressortissants des pays membres de l’Union européenne ou des travailleurs très qualifiés.

Mais aussi des demandeurs d’asile et des travailleurs illégaux.

Dans les années 80 et surtout 90, le nombre de demandeurs d’asile a fortement augmenté.

Les étrangers qui n’obtiennent pas le statut de réfugié doivent quitter la Belgique.




Certains choisissent malgré tout de rester chez nous. Ils deviennent des "sans papiers" ou des travailleurs illégaux.

Tout au long des années 90, les autorités ont régularisé chaque année "au compte-goutte" quelques centaines de "sans-papiers".

En 1998, une jeune demandeuse d’asile originaire du Nigéria, Sémira Adamu, meurt alors que la gendarmerie l’expulse du pays. Le 22 décembre 1999, le gouvernement belge lance une grande campagne de régularisation des "sans-papiers".

Aujourd’hui, cette procédure n’est toujours pas terminée.


Le "problème immigré"

T

out au long de l’histoire, il y a chaque fois eu des tensions avec les immigrés en cas de crise dans le pays. Un exemple.

Dès 1974, à cause du chômage, les relations entre les Belges et les immigrés sont tendues, surtout dans certains quartiers de Bruxelles.

 

On dit que les Marocains ou les Turcs, qui sont les derniers venus ne s’intègrent pas.

On disait aussi cela des Polonais dans l’entre-deux-guerres, des Italiens, des Espagnols et des Grecs dans les années 60...

Et si l’intégration ne demandait finalement qu’un peu de temps ?

Claudia Golin

 

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