EDITION DE NOVEMBRE 2003/ Agenda et Culture

ROMAN
Nuit d’encre pour Farah ou l’histoire d’une vie brisée
N

uit d’encre pour Farah est le premier roman de Malika Madi. Cette écrivaine d’origine algérienne est née dans la région du centre.

Son premier ouvrage est loin d’être une histoire heureuse. Il raconte la vie d’une famille algérienne immigrée installée en Belgique et qui compte trois filles. Latifa (24 ans) est l’aînée et la plus belle des soeurs. Lila (22 ans) est la plus turbulente. Et enfin, Farah (17 ans) est la plus studieuse.

La mère s’occupe de l’éducation de ses deux filles plus âgées. Elle veut qu’elles deviennent de " bonnes " épouses. Elle les forme donc au ménage. Farah, elle, n’est pas concernée par cette forme d’éducation.

Elle peut continuer à étudier. Elle termine ses études secondaires et rêve d’entrer à l’université.




Nuit d’encre pour Farah de Malika Madi, éditions du Cerisier, 2001, 207 pages

Elle est heureuse et reste à l’écart des conflits qui éclatent entre ses sœurs et ses parents. Car ces derniers ont décidé d’aller marier Latifa et Lila en Algérie.

Mais une nuit, les deux sœurs aînées s’enfuient parce qu’elles s’opposent à ces mariages forcés. La honte s’abat alors sur les parents. Puisque le mariage est prévu, ils vont emmener Farah en Algérie pour la marier. Pour la jeune femme, tout s’écroule.

Voilà le résumé de la première partie du roman de Malika Madi. La suite se déroule en Algérie où Farah est forcée de commencer une autre vie. En Afrique du nord, sa situation est complètement différente de celle qu’elle connaissait en Belgique. Elle vit sans famille, sans amis, sans livres, sans eau courante, sans ambition.

Nuit d’encre pour Farah est aussi un livre sur la difficulté de concilier deux cultures. D’une part, les parents sont attachés à leurs traditions.

Et d’autre part, les filles sont partagées entre leurs origines arabes et la culture belge dans laquelle elles ont grandi. Ce roman nous fait réfléchir.

Ainsi, combien de générations de jeunes femmes seront encore sacrifiées au nom des traditions? Combien de temps devra-t-on attendre encore pour que les femmes aient enfin la liberté de choisir elles-mêmes leur destin?

Isabelle Albasini

 

 

EXPOSITIONS/Musée


FOLKLORE


A NOTER


LECTURE


TV/FILM


HOMMAGE A


Les photos et illustrations sont la propriété exclusive de leurs auteurs
© Tous droits réservés
.