Bois, c’est du belge


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Le 1er avril 2006 |


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Une histoire belge. Une multinationale de la bière fait un milliard d’euros
de bénéfices en 2005. Quelques grandes familles bien belges sont
les principaux actionnaires de l’entreprise. Le quartier général
de la multinationale est en Belgique. Et pourtant cette multinationale supprime,
en quelques mois, plus de 400 emplois dans notre pays. Elle délocalise.
Une histoire belge ? Non ! Une histoire de la mondialisation.


Inbev a produit 20 milliards de litres de bière en 2005 - Photo : Flémal

Pils Stella ou Jupiler, blanche de Hoegarden, Leffe blonde, scotch CTS ou
gueuze Belle Vue,… Voilà de quoi profiter du printemps à une terrasse
de bistrot. En dégustant avec modération une de ces bières,
pourquoi ne pas parler de la multinationale qui fait cette boisson bien de chez
nous ? Une conversation de bistrot qui, à défaut de refaire le
monde, au moins en parlerait. Cette multinationale, parlons-en, c’est Inbev.

Histoire belge

Inbev est une entreprise belgo-brésilienne depuis 2004. Avant cette date,
c’était un groupe belge. Interbrew, né aussi d’une
fusion en 1987. Une fusion entre la brasserie Piedboeuf et le groupe Stella Artois.
Fusion après fusion, Inbev est aujourd’hui le n° 1 de la bière
en Belgique et dans le monde. 20 milliards de litres produits en 2005. Plus de
200 marques de bière vendues dans 120 pays du monde. Ses bénéfices
ne se portent pas mal non plus : 1 milliard d’euros en 2005. En plus, pour
la Belgique, Inbev n’est pas une multinationale comme les autres. Les principaux
actionnaires sont des grandes familles belges liées à l’histoire
de la brasserie. Un ancien Premier ministre, Jean-Luc Dehaene, est lui aussi
actionnaire. Malgré tout cela, Inbev licencie, en quelques mois, plus
de 400 de ses 2 400 travailleurs en Belgique.

En octobre, Inbev annonce une première vague de licenciements : 45 personnes à Louvain,
la ville historique de Stella Artois. En décembre, 2e vague de licenciements :
230 emplois dans ses 4 usines de production du pays. Fin février, 3e vague :
150 emplois supprimés à Jupille, la ville de la Jupiler. C’est
la goutte qui fait déborder le vase. Les syndicats et des hommes politiques
dénoncent les licenciements. Les syndicats européens ont organisé une
manifestation européenne fin du mois dernier. Le ministre de l’économie
et de l’emploi en Wallonie, Jean-Claude Marcourt, a déclaré dans
la presse : « La démarche d’Inbev est strictement capitaliste
et la motivation purement financière. » Les mots sont lâchés :
capitalisme et finance. Voilà, semble-t-il, ce qui fait tourner le monde.

Histoire du monde

Du côté d’Inbev, les licenciements sont les simples conséquences
des restructurations, des réorganisations de l’entreprise. Des réorganisations
qui ont une logique : diminuer au maximum les coûts. Pour diminuer au maximum
les coûts, on regroupe. Si cela ne suffit pas, on délocalise. C’est
ce qu’Inbev fait. Cent cinquante emplois sont supprimés à Jupille
parce que des services comptables et administratifs vont être transférés
en Hongrie et en République tchèque. Deux pays qui viennent d’entrer
dans l’Union européenne. Ce n’est pas nouveau.

Depuis plusieurs années, beaucoup de délocalisations se font à l’intérieur
des frontières de l’Union. C’est pourquoi, notre ministre
de l’emploi en appelle à l’Union européenne et aux
Etats membres. Jean-Claude Marcourt demande une loi européenne sur les
délocalisations à l’intérieur de l’Union. Citons
encore le ministre : « Les Etats membres de l’Union doivent décider
s’ils veulent continuer à faire de l’Europe un champ de bataille économique
sans foi et avec peu de lois ou s’ils veulent créer une communauté politique
capable de jouer un rôle efficace dans la mondialisation. »

Thierry Verhoeven

Le texte complet de Jean-Claude Marcourt est une Carte blanche du journal
Le Soir, on peut le consulter sur le site du Ministre : http://marcourt.wallonie.be/


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